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À La Une - Conflit

Syrie : Moscou appelle à des négociations, l'opposition refuse

Le Front jihadiste al-Nosra évoque pour la première fois son ambition d'instaurer une gouvernance islamique dans la Syrie de l'après-Assad.

Un combattant rebelle syrien, le 28 décembre, à Alep. REUTERS/Muzaffar Salman

La Russie, seule grande puissance aux relations étroites avec le régime syrien, a pressé vendredi le président Bachar el-Assad de dialoguer avec l'opposition en vue de résoudre le conflit et multiplie les contacts avec tous les acteurs de ce dossier.


"Nous avons activement incité, comme nous le faisons depuis des mois, le régime syrien à faire le maximum pour concrétiser ses intentions de dialoguer avec l'opposition", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse.
M. Lavrov répondait à une question sur sa rencontre la veille à Moscou avec une délégation syrienne dirigée par un vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad.


Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que Moscou refusait toujours de soutenir les appels de certains pays à la démission de M. Assad, réaffirmant que cette question revenait au peuple syrien.
La Russie, de facto l'un des derniers soutiens du régime de Damas auquel elle vend des armes, multiplie les contacts ces derniers jours à propos du dossier syrien.


Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a indiqué pour sa part que Moscou avait envoyé une invitation au chef de la Coalition de l'opposition syrienne, Moaz el-Khatib, afin de participer à des négociations en vue d'un règlement du conflit. Mais M. Khatib, a fermement rejeté cette initiative réclamant des excuses de la Russie pour sa position par rapport au conflit.


"Nous avons dit clairement que nous n'irions pas à Moscou (...)", a-t-il déclaré à la chaîne satellitaire al-Jazira basée au Qatar. "Et nous voulons maintenant des excuses de Sergueï Lavrov qui dit tout le temps que les peuples doivent choisir leur avenir sans ingérence étrangère, or, la Russie s'ingère et fait comme si tous les massacres dont le peuple syrien a été victime n'était qu'une ballade de santé", a-t-il poursuivi en évoquant "tous les crimes commis avec des armes russes et des missiles Scud". 

 

 

Moscou "a réalisé depuis longtemps qu'Assad n'avait pas d'avenir"

La Russie a bloqué jusqu'ici avec la Chine tous les projets de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant le président syrien et ouvrant la porte à des sanctions voire au recours à la force.


Moscou se défend cependant de soutenir le régime en place et déclare défendre le droit international et craindre le chaos et le terrorisme. "Avec tout le respect dû à la communauté internationale, c'est au peuple syrien de décider" de l'avenir de M. Assad, a souligné M. Lavrov.
Le président russe, Vladimir Poutine, avait lui aussi insisté sur cet aspect la semaine dernière, tout en se défendant de vouloir maintenir "à tout prix" le régime du président Assad.


Aux yeux de l'analyste russe Alexeï Malachenko, du Centre Carnegie de Moscou, "la Russie a réalisé depuis longtemps qu'Assad n'avait pas d'avenir".


Après la visite vendredi à Moscou du chef de la diplomatie égyptienne, Mohammed Amr, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, est attendu samedi dans la capitale russe.

 

(Eclairage : Assad s’appuie sur une jeune garde jusqu’au-boutiste)

 

 

Une gouvernance islamique
Parallèlement, le Front jihadiste al-Nosra a évoqué pour la première fois son ambition d'instaurer une gouvernance islamique dans la Syrie de l'après-Assad, dans un enregistrement sonore mis en ligne.
Ce groupe a revendiqué des centaines d'attaques et plusieurs dizaines d'attentats suicide qui ont ensanglanté le pays et a été inscrit par Washington sur sa liste des organisations terroristes.

 

(Pour mémoire: Mieux armés et plus disciplinés, les jihadistes montent en puissance à Alep)

 

Sur le terrain, l'aviation syrienne menait vendredi des raids au-dessus de la province de Damas, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Bombardements et combats ont également repris dans la banlieue, à Daraya (sud-ouest), dont l'armée tente de reprendre le contrôle total depuis plusieurs semaines, Yalda (sud) et Douma (nord-est), ainsi que sur une position militaire entre Erbine et Harasta (nord-est), selon la même source.

 

Des rebelles ont en outre pris le contrôle vendredi du champ pétrolier d'Al-Tanak, dans la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, selon l'OSDH.
Les combats ont fait des victimes, morts et blessés, du côté des forces du régime et trois morts parmi les rebelles, précise l'ONG. Le champ d'Al-Tanak est géré par "la compagnie de l'Euphrate pour le pétrole".

 

Plusieurs brigades rebelles ont par ailleurs lancé une attaque contre la base de Wadi Deif, dans la province d'Idleb (nord-ouest), la dernière place-forte militaire encore aux mains de l'armée dans cette région, ont rapporté des rebelles et une ONG syrienne.

 

"L'aviation mène des raids aux abords de Wadi Deif tandis que de violents combats se poursuivent au sol, faisant deux morts parmi les rebelles", a indiqué l'OSDH.
"A cause de son importance stratégique, les rebelles ont depuis longtemps l'intention de prendre Wadi Deif quelles que soient les pertes qu'ils auront à essuyer", a précisé l'ONG basée au Royaume-Uni et s'appuyant sur un vaste réseau de militants et de médecins..

Des rebelles sur le terrain ont affirmé que le Front jihadiste Al-Nosra menait l'offensive, qu'il a baptisée "Edifice fortifié".

 

(Reportage : Le marché noir des voitures, du carburant et des cigarettes)

 

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire violemment réprimée qui s'est transformée en conflit armé. En 21 mois, les violences ont fait plus de 45.000 morts, selon l'OSDH.

Parallèlement, des milliers de personnes ont défilé vendredi, jour traditionnel de mobilisation, s'en prenant à M. Brahimi, accusé de "délivrer un certificat d'innocence au meurtrier" Bachar el-Assad, selon des vidéos mises en ligne par des militants. Si M. Brahimi a appelé jeudi à Damas à former un gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs, il ne s'est pas prononcé sur le sort du président syrien, provoquant la colère des manifestants dont certains ont brandi à son adresse un "carton rouge", synonyme d'expulsion sur un terrain de football.

 

Lire aussi :

Sleiman tance sévèrement l’ambassadeur de Syrie

 

Commentaire :

La psychologie des foules du printemps arabe, l'article de Sami Mahroum

La Russie, seule grande puissance aux relations étroites avec le régime syrien, a pressé vendredi le président Bachar el-Assad de dialoguer avec l'opposition en vue de résoudre le conflit et multiplie les contacts avec tous les acteurs de ce dossier.
"Nous avons activement incité, comme nous le faisons depuis des mois, le régime syrien à faire le maximum pour concrétiser ses intentions de dialoguer avec l'opposition", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse.M. Lavrov répondait à une question sur sa rencontre la veille à Moscou avec une délégation syrienne dirigée par un vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad.
Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que Moscou refusait toujours de soutenir les appels de certains pays à...
commentaires (2)

Son allié syrien est en train d'agoniser et cherche maintenant à dialoguer avec l'opposition,son maitre iranien est en train de suffoquer économiquement et cherche maintenant à dialoguer avec l'ONU;dans peu de temps le hezb sera plus enclin au dialogue,la culture du crime et du mensonge ne comprend que le rapport de force.

Dimitri Al Quandalaft

19 h 11, le 28 décembre 2012

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Commentaires (2)

  • Son allié syrien est en train d'agoniser et cherche maintenant à dialoguer avec l'opposition,son maitre iranien est en train de suffoquer économiquement et cherche maintenant à dialoguer avec l'ONU;dans peu de temps le hezb sera plus enclin au dialogue,la culture du crime et du mensonge ne comprend que le rapport de force.

    Dimitri Al Quandalaft

    19 h 11, le 28 décembre 2012

  • Ils sont encore là ? Il faut un changement pour le dialogue !

    SAKR LEBNAN

    13 h 58, le 28 décembre 2012

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