Le chef des FL donnant lecture de sa « lettre ouverte » au président Sleiman hier à Meerab. Photo Aldo Ayyoub
Le président Sleiman avait exhorté toutes les parties à prendre part à la séance du dialogue prévue le 7 janvier prochain au palais de Baabda. Il avait réclamé des « alternatives » à ceux qui ont l’intention de s’absenter à cette réunion.
Souhaitant que 2013 soit « une année de paix, de stabilité et de dialogue vrai et fraternel entre Libanais, loin du langage fondé sur les tueries et le meurtre », M. Geagea s’adresse en ces termes au chef de l’État : « Nous sommes aujourd’hui très affligés de ne pouvoir répondre à vos appels charitables à se mettre à la table de dialogue. Ce qui nous empêche de satisfaire cette demande, c’est précisément la partie avec laquelle Votre Excellence nous demande de nous asseoir. Non seulement celle-ci vide le dialogue de son sens, mais elle cherche aussi à vider physiquement la table de dialogue. »
« Ainsi, après vingt-cinq assassinats, explosions et tentatives d’attentats, la table de dialogue a failli perdre tous les représentants du 14 Mars. Qui est donc censé dialoguer avec qui ? » s’interroge-t-il.
Et de poursuivre : « Monsieur le Président, le 14 Mars a toujours réclamé un dialogue sérieux et constructif fondé sur ce qui a été convenu précédemment, un dialogue qui se tient sans que le revolver ne soit posé sur la table face au 14 Mars, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui. »
« Notre rejet de ce genre de dialogue, et non pas du dialogue en général, trouve sa source dans nos convictions nationales et n’est dirigé que contre la partie qui se dissimule derrière la table de dialogue pour se livrer au terrorisme et au chantage sécuritaire et politique, et pour imposer l’équation selon laquelle l’alternative aux armes illégales c’est le chaos », ajoute le leader des FL.
« Monsieur le Président, poursuit M. Geagea, nous ne sommes pas d’accord avec vous lorsque vous dites que le dialogue a rencontré le succès entre 2008 et 2010 (...). En vérité, ce n’est pas le dialogue tenu à Doha ou entre 2008 et 2010 qui est à l’origine du niveau acceptable de stabilité qu’a connu le Liban à cette période. C’est plutôt le fait qu’en raison du recours aux armes le 7 mai (2008), le 8 Mars avait réussi à arracher son objectif d’étape, à savoir le tiers de blocage au sein du gouvernement. Telle est la véritable équation chez la partie adverse : ou bien vous me donnez ce que je désire, ou bien vous n’aurez pas de stabilité. Quant au dialogue, il n’est là que pour dissimuler cette équation. »
« La déclaration de Baabda, que vous avez considérée comme un fruit important du dialogue, est la traduction et le reflet de ce en quoi nous croyons, vous-mêmes et nous, en tant que 14 Mars. Mais pas les autres parties participant à la table de dialogue. Notre discours politique est quotidiennement imprégné de la teneur de cette déclaration. En revanche, nous la voyons recevoir coup après coup de la part de la partie adverse. »
Et M. Geagea de rappeler que le Hezbollah, principal concerné par l’ordre du jour du dialogue, portant sur la stratégie défensive et donc le devenir de son arsenal, s’est refusé jusqu’ici de faire des propositions écrites à ce sujet. « Au lieu de cela, il pose son révolver sur la table et répète à longueur de journée que ses armes ne sont pas à l’ordre du jour de la discussion. »
« Partant de là, nous réaffirmons notre engagement total pour un dialogue national vrai, mais, dans le même temps, nous rejetons l’intimidation, le chantage et la participation à une partie de mensonge politique qui n’est que perte de temps », lance le leader des FL, avant d’ajouter : « N’est-il pas honteux de voir que l’escroquerie se poursuit et qu’on continue de se moquer de l’opinion publique en cherchant à lui faire croire qu’il est nécessaire de tenir ces réunions absurdes à l’ombre desquelles l’un des partenaires assassine l’autre ? »
Et puis, « est-il permis que nous allions à la table de dialogue lorsque les inculpés dans les affaires d’assassinats relèvent de la partie qui nous fait face à cette table et que personne dans les institutions officielles de l’État n’ose arrêter ou simplement interroger ? »
D’autre part, M. Geagea rejette la comparaison établie par le chef de l’État entre le refus actuel du 14 Mars de participer au dialogue et celui du 8 Mars, fin 2010, sous le prétexte du dossier dit des « faux témoins ».
« Cette comparaison est injuste pour les centaines de “vrais témoins” tombés depuis la tentative d’assassinat de Marwan Hamadé jusqu’au meurtre de Wissam el-Hassan », souligne le leader des FL. « Les assassinats de personnalités du 14 Mars sont une réalité tangible, tout le contraire du dossier des faux témoins, comme le montreront les développements ultérieurs », souligne-t-il.
Quant à la demande présidentielle au 14 Mars d’une « alternative » au dialogue, M. Geagea y voit une « égalisation entre la victime et le bourreau ». « La vraie alternative, c’est la Constitution et les lois », affirme-t-il, « et non point de nouvelles tentatives de couvrir le chaos, les tueries et l’instabilité dont nous menace la partie adverse ».
« L’alternative, c’est aussi la démission du gouvernement en place », poursuit M. Geagea, critiquant les « tentatives d’intimidation » du 8 Mars au sujet du « vide » gouvernemental.
M. Geagea conclut en proclamant « la disposition du 14 Mars à rompre son boycottage et à se rendre au Parlement lorsque son président le convoquera en séance plénière pour adopter un nouveau projet de loi électorale ».


Avec le Dialogue tout s'arrangera. Armes à l'Armée, vivre ensemble dans le même pays, vivre à part dans le même pays, Cantons, Fédération, Confédération... il y a tant de solutions.. MAIS... SANS DIALOGUE... on détruit le Pays !
13 h 45, le 28 décembre 2012