Le président russe Vladimir Poutine (g.), le président du Conseil européen Herman Van Rompuy (c.) et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Photo François Lenoir/Reuters
Sur la Syrie, sujet considéré comme le plus urgent, aucune avancée n’a été annoncée. Mais M. Poutine a insisté sur la nécessité d’éviter que « le chaos » s’installe en Syrie, qui « n’est pas loin des frontières » russes. Il a également précisé que la Russie était « intéressée » par l’instauration d’un régime démocratique en Syrie et qu’il n’était pas « l’avocat » du régime de Bachar el-Assad.
Sur les droits de l’homme, M. Van Rompuy a évoqué les « préoccupations liées aux libertés des activités de la société civile » en Russie et l’affaire de l’avocat Sergueï Magnitski, objet de tensions entre Moscou et Washington. Mais M. Poutine s’est également montré offensif sur le sujet, exprimant ses « inquiétudes » quant à « la violation scandaleuse des droits des habitants russophones » de certains pays européens, qu’il n’a pas cités. Par ailleurs, dans la matinée, quatre militantes du mouvement Femen, seins nus, avaient été interpellées par des policiers belges alors qu’elles tentaient de manifester devant le Conseil européen. « Poutine, va en enfer ! Démocratie, démocratie ! » a hurlé l’une d’elles avant d’être emmenée sans ménagement.
Également, deux dossiers bilatéraux ont donné l’occasion de passes d’arme entre les deux parties au cours de la conférence de presse. M. Poutine a de nouveau regretté l’apparente lenteur avec laquelle l’UE avançait sur l’exemption des visas pour ses concitoyens. « Les questions techniques sont résolues et il ne s’agit plus que d’une question de volonté politique de la part de nos collègues en Europe », a-t-il affirmé. « Chaque année les touristes russes dépensent plus de 18 milliards d’euros dans l’Union européenne. Vous conviendrez qu’il s’agit de chiffres considérables », a-t-il souligné. Mais le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lui a répondu fermement que l’heure n’avait pas encore sonné alors que l’UE a lié l’exemption de l’obligation de visa à la situation des droits de l’homme et de la sécurité. M. Barroso a défendu le système actuel de délivrance des visas, qui « marche ». « En 2011, l’UE a octroyé 5 265 millions de visas à des ressortissants russes. Sur la période 2009-2011, l’augmentation est de 62 % », a-t-il souligné.
Sur l’énergie aussi, M. Poutine n’a pas caché une certaine exaspération liée en partie à l’enquête ouverte par Bruxelles sur le géant Gazprom pour entrave à la concurrence. Il a dénoncé, comme « inacceptables », certaines réglementations prises par l’UE, qui sont « considérées comme une confiscation des intérêts russes ». « Les règles de l’UE doivent être respectées par tous » et « ne sont pas discriminatoires », a répliqué M. Barroso, en précisant que leur objectif était de prévenir l’abus de position dominante sur ce marché de plus en plus libéralisé. Les questions énergétiques revêtent une grande importance pour la Russie, qui fournit 29 % de la consommation de gaz et de pétrole des pays européens.
Mais malgré leurs divergences, l’UE et la Russie sont dans l’obligation de trouver des terrains d’entente car « nos économies sont étroitement liées : 45 % des exportations de la Russie vont vers l’UE tandis que 35 % de ses importations viennent de l’UE », a insisté M. Van Rompuy. L’idéal serait d’évoluer, à l’avenir, d’ « une interdépendance par nécessité à une interdépendance par choix », a souhaité M. Barroso.
(Source : AFP)


"Minable", ce Nain POUTINIEN !
09 h 04, le 22 décembre 2012