Un montage photo montre Silvio Berlusconi et Mario Monti arrivant à la réunion du Parti populaire européen à Bruxelles. Éric Vidal/Reuters
« Le PPE a présenté la candidature de Monti à la tête du futur gouvernement italien. Il l’a fait en présence d’Angela Merkel et devant Silvio Berlusconi, de manière explicite et sans aucune courtoisie diplomatique », a cependant constaté Antonio Polito, du quotidien Il Corriere della Sera. Au cours de la réunion du PPE, le Cavaliere a été accueilli froidement par ses ex-homologues, dont aucun ne s’est approché pour le saluer. « À l’exception du Premier ministre hongrois Viktor Orban (et déjà cela devrait faire réfléchir), personne n’a été indulgent envers Berlusconi », note perfidement Massimo Giannini dans La Repubblica, qui titre en une : « L’Europe vote Monti. » « Nous sommes aux limites de l’ingérence », estime l’éditorialiste, rejoint en cela par M. Polito : « L’ingérence est évidente (...). »
Giacomo Marramao, professeur de philosophie politique à l’université Rome III, refuse pour sa part de voir « dans l’intervention du PPE une ingérence illégitime dans les affaires intérieures italiennes ». « Cela me paraît absolument légitime qu’un parti européen donne son opinion sur les choix politiques nationaux : cela me paraît inévitable et même un pas en avant. Au bout du compte, ce sont de toute façon les électeurs qui décideront », explique-t-il. « Cela signifie aussi que l’UE réagit en tant qu’entité politique et pas seulement économique », se réjouit-il.
Quel avenir peut donc encore avoir, à 76 ans, M. Berlusconi ? Pour M. Marramao, « Berlusconi appartient désormais au passé, mais il peut encore être un facteur de perturbation ». Quant à M. Giannini, il estime que le magnat « se doit de rester en politique, pour défendre son casier judiciaire et son empire médiatique, mais il ne sait pas dans quel rôle et avec qui ».
De son côté, M. Monti refuse de spéculer sur son avenir politique. « Je ne pense pas que ce soit possible ou opportun actuellement pour moi d’aborder ce sujet, qui concerne les électeurs italiens et leurs choix », a-t-il déclaré hier. Pour sa part, le Parti démocrate, principal parti de centre gauche en Italie et en tête des intentions de vote aux législatives anticipées attendues en février 2013, a rejeté l’idée que Mario Monti se présente à un second mandat de président du Conseil. « Il serait illogique et dans un sens moralement contestable que le “Professore” entre dans la course face à la principale force politique qui l’a soutenu dans ses efforts de réforme », a déclaré Massimo D’Alema, ancien chef de gouvernement et influent homme d’État de centre-gauche, au Corriere della Sera. « J’ai une grande estime pour lui et j’espère qu’il (ne se représentera) pas », a-t-il ajouté.
Silvio Berlusconi s’est dit prêt à se retirer de la campagne en vue des législatives anticipées, si Mario Monti accepte de prendre la tête d’une coalition de centre-droit. Une proposition qu’il a réitérée à Bruxelles lors de la réunion du Parti populaire européen.
(Source : agences)

