Ce que nous constatons souvent en ce temps de rythmes rapides, c’est que l’enfant vit un désordre communicatif avant et après l’avènement de mots et des phrases dites.
Ce brouillard est souvent constaté lorsque :
- on l’observe moins souvent en face à face afin de remarquer ses expressions et d’évaluer les dispositions à nous écouter attentivement ou à diriger son regard ailleurs ;
- l’adulte monologue, sans prendre la peine de se demander s’il reçoit correctement les niveaux de réception et de perception auditive – le débit abondant du message ;
- l’on se soucie peu s’il comprend réellement de longues phrases, à plusieurs verbes, à un rythme rapide et avec des demandes variées ;
- on tend à considérer les capacités d’échanges de l’enfant avec l’adulte comme étant liées exclusivement au langage exprimé.
- on se pose rarement des questions sur ses temps de silences et les attitudes qui en résultent.
Il est nécessaire de noter que communiquer est intimement lié à observer, entamer, établir et puis construire des liens fondamentaux, basés sur les besoins mentaux, émotionnels et physiques de l’enfant afin de lui permettre de dégager l’élan qui développera un contact essentiellement verbal avec l’adulte .
Reconnaissons son besoin de nous voir regarder sa peur, son embarras, ses difficultés , sa douleur et son coincement sans lui poser ces questions auxquelles il ne peut répondre.
Il veut savoir qu’on l’aime en répondant et agissant directement à la source de son besoin avec une sensibilité pédagogique.
Sachant aujourd’hui qu’il devient difficile pour nombre de personnes de se regarder entre adultes avant même de se parler, de communiquer au lieu de monologuer et de se comprendre, faute de temps qu’on n’a pas ou qu’on évite de prendre pour nous-mêmes et pour nos enfants.

