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Lifestyle - Société

Une délicieuse résurrection du féminisme...

De jeunes Anglaises reprennent le combat, armées du web et d’humour.
Une nouvelle génération de femmes, jeunes, irrévérencieuses, pleines d’humour et accros aux réseaux sociaux reprennent le flambeau féministe au Royaume-Uni avec un succès grandissant, suscitant l’étonnement de leurs aînées qui croyaient leur cause oubliée. Trois projets féministes ont ainsi vu le jour en 2012 : un site Internet où des femmes témoignent d’expériences sexistes, une campagne contre la publication de photos de playmates dans le tabloïd The Sun et un blog qui fait la satire de la représentation des femmes dans les médias. Ces initiatives ont reçu un accueil enthousiaste, avec plusieurs dizaines de milliers de supporters.
Après une soirée arrosée à brocarder les magazines féminins, Rhiannon Coslett, 25 ans, et sa colocataire Holly Baxter, 23 ans, se sont lancées dans le blog Vagenda. « On l’a fait à l’origine pour nos potes et on ne pensait pas que ça allait décoller », raconte Rhiannon. Leur premier billet, intitulé « Photos de femmes prises de remords après un rapport sexuel », fait un tabac. Neuf mois plus tard, Vagenda compte 30 000 lecteurs quotidiens, Rhiannon et Holly ont abandonné leur travail pour se consacrer à leur blog et elles ont décroché un contrat pour écrire un livre.
Dans la même veine, un demi-millier de personnes se sont réunies mi-novembre dans un théâtre londonien pour une soirée placée sous le signe de l’humour, à l’occasion du 42e anniversaire de la « Page 3 », la page du Sun consacrée à la photo d’une jeune femme posant seins nus. À l’initiative de cette soirée, la campagne « No More Page 3 » et le site Internet The Everyday Sexism Project, qui compile les cas de discrimination et harcèlement. Plus de 57 000 personnes ont signé la pétition « No More Page 3 », tandis que 13 000 personnes suivent le compte Twitter de Everyday Sexism. En 42 ans, le Sun a publié 26 241 poitrines. « C’est plus vraiment de l’info ! » a lancé l’humoriste Viv Groskop lors de la soirée « No More Page 3 ».

Réjouissance
Pour les jeunes féministes, les médias sociaux créent un espace où les femmes se sentent en confiance pour partager des points de vue qui pourraient être moqués ailleurs. « Les femmes sont soulagées de pouvoir parler de ces choses et d’être prises au sérieux », estime la fondatrice du Everyday Sexism Project, Laura Bates, 26 ans. Le site accueille aussi des anecdotes qui trahissent l’ancrage du sexisme dans les mentalités. Une mère raconte ainsi que « ma fillette m’a demandé si elle pouvait devenir un garçon afin d’aller dans l’espace ».
Le renouveau du mouvement féministe, sous une nouvelle forme, réjouit des militantes qui défendent la cause des femmes depuis de nombreuses années déjà. « C’est fantastique de voir comment ces communautés en ligne ont insufflé de l’oxygène dans des batailles qu’on pensait dépassées », estime Natasha Walter, 45 ans, auteure d’un pamphlet contre le sexisme, Living Dolls : The Return of Sexism.
En dépit d’avancées majeures au XXe siècle, les femmes britanniques restent sous-représentées en politique et dans les affaires. Elles représentent 22 % des députés et gagnent en moyenne 10 % de moins que les hommes. Et les féministes doivent toujours faire face à des réactions hostiles : au lancement du Everyday Sexism Project, Laura Bates a reçu des menaces l’obligeant à contacter la police. Des hommes rejoignent cependant le combat, constate, optimiste, Lucy Anne Holmes, 36 ans, cofondatrice de « No More Page 3 ». Quand « No More Page 3 » a organisé en novembre une manifestation devant les locaux du groupe News International (NI), qui possède le Sun, la police a été appelée à la rescousse par NI. Mais à peine arrivés... des policiers ont signé la pétition.

(Source : AFP)
Une nouvelle génération de femmes, jeunes, irrévérencieuses, pleines d’humour et accros aux réseaux sociaux reprennent le flambeau féministe au Royaume-Uni avec un succès grandissant, suscitant l’étonnement de leurs aînées qui croyaient leur cause oubliée. Trois projets féministes ont ainsi vu le jour en 2012 : un site Internet où des femmes témoignent d’expériences sexistes, une campagne contre la publication de photos de playmates dans le tabloïd The Sun et un blog qui fait la satire de la représentation des femmes dans les médias. Ces initiatives ont reçu un accueil enthousiaste, avec plusieurs dizaines de milliers de supporters.Après une soirée arrosée à brocarder les magazines féminins, Rhiannon Coslett, 25 ans, et sa colocataire Holly Baxter, 23 ans, se sont lancées dans le blog Vagenda. « On l’a...
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