Environ un millier de rebelles, descendus de collines, ont traversé hier après-midi Sake, située à une trentaine de km à l’ouest de Goma, pour se diriger vers leurs positions initiales plus au nord, ont constaté des journalistes sur place. Ils devaient a priori contourner Goma, la capitale de la riche province minière du Nord-Kivu, dont le retrait devait intervenir dans la foulée. Les dirigeants du M23 se sont engagés à quitter cette zone et Goma au plus tard ce matin, mais hier, en début d’après-midi, le général Sultani Makenga, responsable militaire de la rébellion, a accusé la Mission de l’ONU dans le pays (Monusco) de bloquer le processus. Le retrait de Goma « était prévu demain (aujourd’hui samedi) mais la Monusco (...) est en train de bloquer la récupération de notre logistique. On attend que ce problème soit résolu pour se retirer », a déclaré le général Makenga, sans préciser la nature des effets logistiques mais soulignant que si le contentieux avec la Monusco n’était pas réglé, le départ de Goma pourrait à nouveau être retardé. « Le M23 a essayé d’entrer à l’aéroport ce matin, la Monusco s’y est opposée, » a répondu le porte-parole de la Monusco, Manodje Mounoubai. « L’aéroport a toujours été sous notre contrôle et nous allons le tenir jusqu’à son transfert » à une force tripartite – armée, Monusco et M23 – qui doit prochainement le gérer, selon une décision des États voisins de la région des Grands Lacs, a-t-il ajouté.
Un responsable d’un mécanisme conjoint de vérification, composé de plusieurs pays régionaux, a confirmé l’information, précisant que la Monusco s’est opposée aux rebelles parce qu’ils voulaient emporter des effets militaires abandonnés par les Forces armées de la RDC à la chute de Goma. Quelques centaines de policiers congolais sont, eux, arrivés hier de Bukavu au port de Goma en prévision du repli des rebelles. Leur mission est de « sécuriser la ville après le retrait des rebelles du M23 », a déclaré le porte-parole de la mission de l’ONU. Mais ils ne devraient pas être déployés avant aujourd’hui. La venue à Goma des chefs d’état-major des pays des Grands Lacs, prévue hier afin de constater le repli des rebelles, a été quant à elle de facto repoussée à une date ultérieure.
Le M23, composé des mutins qui combattent l’armée régulière de RDC dans le Nord-Kivu depuis avril, disposerait d’environ 1 500 hommes, selon une source occidentale. Aux termes d’une médiation des pays des Grands Lacs, M. Kabila s’est engagé à examiner les revendications du M23 en échange de leur retrait militaire. Kinshasa et l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda, qui démentent, de soutenir la mutinerie. Principal donateur au Rwanda après les États-Unis, le Royaume-Uni a annoncé geler 25,9 millions d’euros de son aide au développement à Kigali, précisément en raison de ses « inquiétudes » quant au soutien présumé rwandais au M23. Kigali a estimé que ce gel « faisait du mal au Rwanda sans aider en rien la RDC ».
(Source : AFP)

