Les Palestiniens célébraient jeudi par milliers leur nouveau statut d'Etat observateur à l'ONU, une stature internationale qu'ils devraient acquérir en soirée. SAIF DAHLAH/AFP
A travers la Cisjordanie et la bande de Gaza, les Palestiniens célébraient jeudi par milliers le nouveau statut d'Etat observateur à l'ONU que la Palestine devait acquérir dans la soirée, promesse pour certains "d'une vie meilleure" et d'un "véritable Etat palestinien", pour d'autres.
Sur la place Yasser Arafat de Ramallah, les drapeaux palestiniens flottent paresseusement au vent. Une fanfare entonne l'hymne palestinien, mais l'enthousiasme tarde à se faire sentir.
Ghanem Rouzayqat, venu de Hébron (sud) espère : "Avec le nouveau statut de la Palestine à l'ONU, on va enfin compter dans la communauté internationale". "Ce statut n'a que du bon. Nous allons pouvoir saisir la Cour pénale internationale (CPI) et montrer au reste du monde ce qu'Israël nous fait subir", se félicite ce jeune dentiste.
Cinquante kilomètres plus au nord, à Naplouse, environ 7.000 personnes ont afflué vers la place principale, ornée pour l'occasion de portraits de M. Abbas et du défunt leader Yasser Arafat.
"Notre succès à l'ONU va être un nouveau coup dur pour Israël, après ses déboires avec la résistance à Gaza. Et notre peuple en est très heureux", lance Sobhi Abdallah, 52 ans, en référence à la récente opération israélienne dans l'enclave palestinienne.
A Ramallah, un millier de Palestiniens avait accouru à la mi-journée sur la place Arafat. Un vendeur de téléphones portables a flairé la bonne affaire et installé un stand au milieu de la foule.
Ce statut "nous apportera une vie meilleure parce que nous allons à l'ONU unis", se ravit Dana Brawich, 15 ans, entre deux bouchées de barre chocolatée.
Khaled Mechaal, chef du Hamas en exil, a en effet apporté son soutien à la démarche de Mahmoud Abbas, qui dirige l'Autorité palestinienne, entraînant le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh.
Le keffieh autour du cou, Ihab Yassine voit surtout dans ce nouveau statut d'"Etat observateur" une chance pour ses enfants, Tala, 8 ans, et Kamel, 6 ans. "A terme, nous serons un vrai Etat, c'est important pour les générations futures", lance M. Yassine.
Le projet de résolution "émet l'espoir que le Conseil de sécurité considérera de manière favorable" la candidature de la Palestine comme membre à part entière, déposée en septembre 2011 par M. Abbas mais bloquée, faute du nombre de voix nécessaire et de la menace de veto américain.
La date n'a pas été choisie au hasard. En ce même jour de novembre il y a 65 ans, l'ONU adoptait le plan de partition de la Palestine mandataire en un Etat juif et un Etat arabe.
Xavier Abou Eid, un porte-parole du département de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), représentante des Palestiniens, promet: "65 ans après, nous sommes de retour aux Nations unies. Mais cette fois, nous y resterons".
"Israël évoque des représailles contre nous, mais moi, je suis fonctionnaire et il est déjà arrivé que nos salaires ne soient pas versés pendant un an. Et regardez, nous sommes toujours là!", clame Ihab Yassine.
Dans la bande de Gaza gouvernée par le Hamas, des milliers de Palestiniens participaient à un défilé unitaire, du siège du Conseil législatif au bâtiment de l'ONU. Certains brandissaient des portraits de Mahmoud Abbas, scène rare dans l'enclave, qui échappe depuis 2007 à son autorité, et de Yasser Arafat, symbole de l'unité perdue et retrouvée à la faveur de la démarche à l'ONU.
D'ailleurs, à Naplouse, s'il se dit en faveur du nouveau statut aux Nations unies, Assad Abou Sabea estime qu'il "devrait être suivi par la réconciliation nationale. Sinon, ce sera un coup d'épée dans l'eau".
Sur la place Yasser Arafat de Ramallah, les drapeaux palestiniens flottent paresseusement au vent. Une fanfare entonne l'hymne palestinien, mais l'enthousiasme tarde à se faire sentir.Ghanem Rouzayqat, venu de Hébron (sud) espère : "Avec le nouveau statut de la Palestine à l'ONU, on va enfin compter dans la communauté internationale". "Ce statut n'a que du bon. Nous allons pouvoir saisir la Cour pénale internationale (CPI) et montrer au reste du monde ce qu'Israël nous fait subir", se félicite ce jeune dentiste.
Cinquante kilomètres plus au...


