Une vue générale de la séance d’ouverture, hier à Doha. Al-Watan Doha/Karim Jaafar/AFP
Dans l’immense Centre national de convention du Qatar, très ostensiblement aménagé par ce pays – champion des émissions de gaz à effet de serre par habitant – pour respecter l’environnement (congrès sans papiers, gobelets recyclables, mesures d’économie d’eau...), s’est ouverte hier la 18e conférence des Nations unies sur le changement climatique. Après des rapports alarmants parus la semaine dernière sur des pronostics d’aggravation du réchauffement dans les décennies à venir, quelque 190 pays devront discuter dans quel cadre ils devront continuer à... discuter des moyens de lutter contre le changement climatique.
Au menu, la prorogation de l’actuel protocole de Kyoto (seul cadre juridique existant bien que non ratifié par certains des très grands pollueurs) et le débat autour d’un nouvel accord qui, s’il est adopté en 2015, rassemblera cette fois tous les pollueurs autour des efforts pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Le financement d’un fonds pour aider les pays les plus vulnérables à faire face aux nécessités de l’adaptation (l’objectif est de 100 milliards de dollars d’ici à 2020) devra également alimenter les débats dans les jours à venir.
Ce qu’on retient de cette première journée, c’est un nouvel appel à l’urgence de l’action par les Nations unies, et une plaidoirie de l’Union européenne pour lancer au plus vite des négociations sur un accord contraignant pour les pays émetteurs. Les négociations n’en sont qu’à leurs débuts, mais le sommet de Doha tiendra-t-il ses promesses au niveau des objectifs à atteindre ?
(Pour mémoire : Des rapports alarmants précèdent le sommet de Doha sur les changements climatiques)
Hier a eu lieu la séance d’ouverture marquée par les discours de la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le climat (UNFCCC) Christina Figueres, et du président du COP, Abdallah ben Hamad al-Atiyah. Les deux responsables ont également tenu leur première conférence de presse, au cours de laquelle Mme Figueres a réitéré la nécessité de l’urgence de l’action. « Il n’y a aucune raison pour laquelle le sommet de Doha sera moins important que d’autres », a-t-elle dit. « Le processus politique est plus rapide qu’il ne l’a jamais été, a-t-elle ajouté. Mais le piège se referme sur nous encore plus rapidement. Doha doit tenir ses promesses et nous proposer une solution à long terme qui permettrait aux gouvernements d’atteindre les objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés. »
Au cours de cette conférence de presse, le responsable qatari a été interrogé plusieurs fois sur les objectifs chiffrés que son pays pourrait annoncer au cours de ce sommet, mais a esquivé les questions préférant insister sur les projets qu’entreprend le Qatar pour réduire ses émissions, notamment son projet de captage de carbone (stocker le gaz carbonique sous terre) dans son plus grand gisement. À une question portant sur le triste record détenu par le pays hôte du sommet, celui du plus grand émetteur de gaz à effet de serre par tête, il a dit « ne pas croire en ces calculs par habitant, destinés à gâcher la réputation des petits pays alors que les plus grands polluent tellement plus ». Il a souligné, à cet effet, que le Qatar, en tant que pays producteur de gaz naturel, contribue à réduire les émissions chez d’autres.
(Lire aussi : Le Qatar doit faire ses preuves dans la lutte contre le réchauffement)
« Action, ambition et équité »
Pour leur part, les ONG ont commencé à faire entendre leur voix. Les nombreuses organisations qui évoluent dans le groupe connu sous le nom de « Climate Action Network » (CAN) ont tenu une conférence de presse appelant les pays négociateurs à faire preuve d’« action, d’ambition et d’équité », afin de faire de ce sommet « un tournant dans l’histoire des négociations mondiales sur le climat ».
Dans toutes ces interventions, un seul fil conducteur : pousser les pays les plus polluants à prendre des engagements plus fermes pour réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre.
Au menu, la prorogation de l’actuel protocole de Kyoto (seul cadre juridique existant bien que non ratifié par certains des très grands pollueurs) et le débat autour d’un nouvel accord qui,...


Incertain pour qui?
05 h 45, le 27 novembre 2012