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Nos lecteurs ont la parole

La main sur ma gorge

Michèle MALEK
La semaine passée, après la messe, je suis allée chez mon dentiste, à 19h30. La clinique se trouve à Badaro. La séance était longue et difficile, mais je m’y étais préparée vu que le tout était savamment planifié à l’avance.
Je sors de chez mon dentiste à 21h45, la bouche tordue par deux anesthésies. Je m’engouffre avec peine dans la voiture. Je mets le moteur en marche et entrouvre la vitre afin de mieux respirer. Et là, un bras se glisse comme une couleuvre, à travers la fenêtre, et une main chaude et douce se met à me caresser la gorge. Je ne réagis pas instantanément, vu que l’idée que ce soit un inconnu qui puisse faire une chose pareille, à une heure pareille, dans une rue noire, ne m’avait pas effleuré l’esprit. Je pensais, tout bêtement, que c’était mon dentiste qui m’avait suivie, comme il me l’avait dit à la porte de sa clinique et qui voulait me jouer un de ses fameux tours, comme il aime souvent à me taquiner.
Cependant, la caresse persistait et aucun mot n’accompagnait le geste. Ce n’est qu’au bout de 20 secondes que la chaleur, la taille de la main de «mon dentiste» ainsi que son mutisme me mirent la puce à l’oreille. Et lentement, très lentement, je détournais la tête. À ce moment, je crus que je basculais dans un film d’horreur. Un inconnu pâle, hâve, les yeux creux mais brillants d’une lueur aveuglante me fixait tout en continuant à me caresser la gorge; sa deuxième main était occupée à se masturber frénétiquement. Je hurlai et arrachai la main de ma gorge, mais mon agresseur était trop heureux de ce moment passé «avec moi». Il ne s’attendait pas à tomber sur une victime aussi «consentante», ne pouvant lire, lui non plus, dans mes pensées. Je hurlai de plus belle, mais le pervers était trop excité pour lâcher sa proie. Il resta là planté devant moi continuant consciencieusement son travail. C’est alors que je me mis à appeler mon dentiste par son prénom en essayant de le joindre sur mon portable. Or, ce dernier, qui ouvrait au même moment la portière de sa voiture, fonça vers la mienne, alerté par mes cris. L’homme avait, évidemment, disparu dans le noir. Je tremblais comme une feuille, n’arrivant pas à proférer une seule parole.
Je ne relaterai pas les nuits blanches qui suivirent, la sensation de la main sur ma gorge, omniprésente toute la journée. Mille et une suppositions traversent, depuis, mon esprit. Et si ce n’était qu’un pervers, qu’est-ce qui l’aurait empêché de m’étrangler ou de me trancher la gorge? Rien. Il en avait largement le temps puisque j’étais restée immobile, ne réagissant pas à l’agression. Ou, si ce même scénario s’était passé avec une adolescente? Comment s’en serait-elle sortie? Badaro (ou tout autre secteur de la capitale) se serait-il transformé en ce fameux quartier à Paris, dit de «branleurs», ou en un «no mans land» sombre, aux mille dangers?
La semaine qui suivit fut très dure. Je travaille avec des enfants depuis 32 ans. J’essaie de leur donner ce qu’on nous a volé depuis 35 ans, c’est-à-dire la joie de vivre, le bonheur et surtout l’amour à travers des cours de théâtre, de danse et de français. Or, avec la sensation de cette main sur la gorge, cela ne fut pas chose aisée.
Ce soir, je m’adresse surtout à toutes mes amies de classe, d’enfance, d’adolescence, mères de famille ou célibataires, à mes élèves, mes comédiennes, mes collègues... de grâce, faites attention le soir, dans le noir, en rentrant chez vous en voiture. La ville est infestée de voyous, de sinistrés, de déplacés, de malades, de vils et de mesquins. Le bateau chavire et le pays va à la dérive. Ne vous laissez pas emporter par le courant, ne serait-ce que pour nos enfants.

Michèle MALEK
La semaine passée, après la messe, je suis allée chez mon dentiste, à 19h30. La clinique se trouve à Badaro. La séance était longue et difficile, mais je m’y étais préparée vu que le tout était savamment planifié à l’avance. Je sors de chez mon dentiste à 21h45, la bouche tordue par deux anesthésies. Je m’engouffre avec peine dans la voiture. Je mets le moteur en marche et entrouvre la vitre afin de mieux respirer. Et là, un bras se glisse comme une couleuvre, à travers la fenêtre, et une main chaude et douce se met à me caresser la gorge. Je ne réagis pas instantanément, vu que l’idée que ce soit un inconnu qui puisse faire une chose pareille, à une heure pareille, dans une rue noire, ne m’avait pas effleuré l’esprit. Je pensais, tout bêtement, que c’était mon dentiste qui m’avait suivie, comme...
commentaires (3)

Décidemment, les hommes ne veulent voir et croire que ce qui les arrange...merci Michèle d avoir dévoilé cet horrible incident au grand public, comme tu le dis si bien, une jeune fille, une adolescente aurait été traumatisée à vie... Ces pervers ont surtout besoin d être soignés , encore faut-il que nos chers lecteurs mâles admettent que ces histoires existent ...résultat....un pervers se promène dans les rues de Badaro à la recherche d'une nouvelle proie, et en parallèle le cri de détresse d'une jeune femme est mis en question... Etant donné qu'aucune autorité ne va bouger et prendre un incident (qu'ils vont juger banal)au sérieux, c'est à nous les femmes de réagir et de commencer par diffuser ta lettre à toutes nos amies . Aussi dur que ça a dû l'être pour toi de partager, merci Michèle !!!

Tabet Ama

00 h 59, le 28 novembre 2012

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Commentaires (3)

  • Décidemment, les hommes ne veulent voir et croire que ce qui les arrange...merci Michèle d avoir dévoilé cet horrible incident au grand public, comme tu le dis si bien, une jeune fille, une adolescente aurait été traumatisée à vie... Ces pervers ont surtout besoin d être soignés , encore faut-il que nos chers lecteurs mâles admettent que ces histoires existent ...résultat....un pervers se promène dans les rues de Badaro à la recherche d'une nouvelle proie, et en parallèle le cri de détresse d'une jeune femme est mis en question... Etant donné qu'aucune autorité ne va bouger et prendre un incident (qu'ils vont juger banal)au sérieux, c'est à nous les femmes de réagir et de commencer par diffuser ta lettre à toutes nos amies . Aussi dur que ça a dû l'être pour toi de partager, merci Michèle !!!

    Tabet Ama

    00 h 59, le 28 novembre 2012

  • Votre histoire ne tient pas debout. Du moins, je ne vois pas une dame, se faisant peloter et ne rien dire... Pq le dentiste vous aurait il suivi pour vous peloter la gorge? ( vous avez trop d'imagination ou fantasmes?) Bref, le fait de demander à vos amis de ne pas se faire caresser la gorge ou toute autre partie du corps!!...Pas de souci, je ne crois pas qu'elles auraient laissé, même, le vent les caresser... Vous voyez trop de films à l'eau de rose, en pensant à des princes charmants ou amoureux qui vous suivraient? .. :)

    Jean-Pierre EL KHOURY

    06 h 39, le 27 novembre 2012

  • Je comprends votre horreur et des gens de cette espece se doivent d'etre arretes. Cependant vous devez faire attention comment vous presentez les choses car vous laissez des sous entendus qui peuvent vous nuire comme a votre dentiste.

    Pierre Hadjigeorgiou

    04 h 39, le 27 novembre 2012

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