La réunion des trois présidents est exceptionnelle car le Rwanda et l’Ouganda sont accusés par la RDC et les Nations unies de soutenir activement les rebelles, ce que Kampala et Kigali démentent. Le Rwanda avait très vite pris acte de la chute de Goma et demandé au gouvernement congolais de négocier avec les rebelles. Mais mardi encore, Kinshasa qualifiait le M23 de « forces fictives mises en place par le Rwanda pour dissimuler ses activités criminelles en RDC ».
Selon leur communiqué commun, « les présidents Museveni et Kagame ont dit clairement, que même s’il existe des revendications légitimes de la part du groupe mutin connu sous le nom de M23, ils ne peuvent accepter l’extension de cette guerre ou l’idée d’un renversement du gouvernement légitime de la RDC ou d’un affaiblissement de son autorité ». Ils ont annoncé qu’un « plan » était en train d’être transmis au M23 et que Kinshasa prenait « l’engagement de rechercher promptement les causes des désordres et d’y remédier du mieux qu’il peut ».
Leur déclaration intervient alors que la rébellion menace d’étendre son offensive jusqu’à Kinshasa, distante de plus de 2 000 kilomètres de Goma. En fin de journée, le M23 a annoncé « contrôler » la localité de Saké, où l’armée dispose d’une base, à une vingtaine de kilomètres de Goma. « Nous n’allons pas nous arrêter à Goma, nous irons jusqu’à Bukavu, Kisangani et Kinshasa », avait assuré hier matin le porte-parole militaire du Mouvement du 23 mars (M23), le colonel Vianney Kazarama. « M. Kabila doit quitter le pouvoir parce qu’il n’a pas remporté les élections de l’année dernière », a-t-il lancé, en allusion aux accusations de fraude portées par l’opposition contre Joseph Kabila, réélu en novembre 2011.
Mardi soir, le Conseil de sécurité avait voté à l’unanimité une résolution appelant à des sanctions contre deux chefs du M23, Innocent Kaina et Baudouin Ngaruye, et demandant aux pays étrangers de mettre fin à leur soutien aux rebelles.
Cependant, à Goma, la situation semblait calme et les habitants avaient repris leurs activités. Des rebelles stationnaient aux carrefours et d’autres patrouillaient sur les principales artères.
(Source : AFP)

