Jean-François Copé entouré hier soir de ses proches collaborateurs. Mehdi Fedouach/AFP
Sitôt l’annonce faite au siège de l’UMP, rue de Vaugirard à Paris, dans le XVe arrondissement, par M. Gélard, les partisans de Jean-François Copé ont scandé « Copé président » et « On a gagné ».
« C’est un moment très important de l’histoire de notre famille politique », a déclaré le vainqueur lors d’un bref point de presse au siège de l’UMP, « la droite décomplexée est de retour ». Il a en outre dit avoir une pensée pour Nicolas Sarkozy, auquel il a redit sa fidélité, et Jacques Chirac. M. Copé a précisé avoir téléphoné à François Fillon et l’a invité à le « rejoindre ». Il a dit n’éprouver ni « amertume » ni « rancœur ». « Nos adversaires sont la gauche », a-t-il affirmé. « Je serai attentif à ouvrir très grands mes bras », a-t-il ajouté par la suite devant des journalistes.
L’élection avait viré hier au bras de fer entre les deux camps qui, en l’absence de proclamation officielle, avaient revendiqué chacun la victoire sur fond d’accusations réciproques de fraude, malgré les appels au calme. Dans les locaux de l’UMP, les journalistes ont assisté toute la journée à la valse ininterrompue des soutiens de l’un et l’autre candidats (Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Luc Chatel, Eric Ciotti, Nadine Morano, Christian Estrosi, Thierry Mariani, Franck Riester...), guettant la moindre déclaration alimentant la guerre psychologique entre les deux camps.
Dans ce climat, les appels au calme se sont multipliés. L’ex-Premier ministre Alain Juppé, resté neutre dans le duel, a dénoncé une situation « lamentable » et le risque d’ « éclatement » du parti. « Je lance vraiment un cri d’alarme, c’est l’existence même de l’UMP qui est en cause aujourd’hui, alors il faut arrêter cette confrontation », a-t-il insisté.
Devant ce spectacle, les adversaires de l’UMP à droite ne pouvaient que se réjouir. « C’est un scénario qui ne nous est pas désagréable », a dit sous forme de litote Louis Aliot (Front national). « Il y aura certainement des lignes qui vont bouger dans les jours ou les semaines qui viennent. On a un boulevard devant nous », a estimé le député Philippe Vigier, un porte-parole du parti centriste UDI.
Les responsables du Parti socialiste n’ont cessé d’ironiser sur cette « guerre des chefs » qui tourne au « mauvais vaudeville » et « n’honore pas la démocratie ».
Comme la veille, où il avait été le premier à se déclarer gagnant, Jean-François Copé a de nouveau revendiqué hier matin la victoire, assurant attendre « sereinement » le verdict de la Cocoe. Mais il s’est montré plus accusateur, parlant de « bourrages d’urnes », de « fraudes importantes », dans les bureaux tenus par « les amis » de son rival François Fillon. Il a demandé que ne soient « pas comptabilisés » les résultats des bureaux contestés des Alpes-Maritimes. « À cette heure, notre décompte confirme (mon) avance », a écrit de son côté dans la matinée François Fillon, en demandant d’attendre avec « sang-froid » les résultats.
Face à ces déchirements, il y a au moins une personne pour qui cet imbroglio constitue une très bonne nouvelle, c’est l’ex-président Nicolas Sarkozy, toujours adulé des militants UMP. Personne ne sait rien de ses intentions réelles mais ce résultat serré lui laisse une grande marge de manœuvre.
(Source : AFP)


Un grand parti comme l'UMP méritait mieux. Triste . Nazira.A.Sabbagha
04 h 47, le 20 novembre 2012