C’est à celui qui mordra moins la poussière que reviendra l’honneur de gouverner l’Égypte, la Tunisie et la Libye. L’automne (en emporte le vent) arrive, et avec lui la pagaille créative de Sister Condie, appliquée à la règle par l’hilarante Clinton. Que tout cela était propre, beau, émouvant. Mais le printemps est une saison que je n’aime pas. Il est porteur de pollen et je suis allergique au pollen... Toute l’opinion (pignon sur rue) arabe, assoiffée de démocratie occidentale, avait la larme à l’œil alors que le sayyed, plus arrogant que jamais, continuait à parader avec l’arme reçue à l’œil de Téhéran. Le président Obama, en bon papa, se réjouissait de ces mamours distribués par-ci par-là, au crépuscule de son mandat. Un mandat jusque-là mi-figure, mi-... pépin. Il finira sur les rotules, si cela continue.
Et nous dans tout ça? On ne compte pas? demandai-je à un politicien mi-chevrier mi-chevronné. Vous n’avez rien à voir, circulez, me rabroua-t-il d’une voix chevrotante, en braquant sur moi sa chevrotine. On vous concocte une nouvelle loi électorale à... notre mesure. On vous prive d’électricité pour que vous ne puissiez pas voir les horreurs à la télévision. On vous interdit de fumer pour vous faire avaler nos couleuvres. On relève les prix des denrées alimentaires pour vous obliger à suivre des régimes drastiques. On vous assassine pour vous apprendre à vivre. On augmente nos cachets au lieu de nous imposer de nouvelles taxes. On déconnecte votre Internet et on brouille vos portables afin de ne pas vous distraire à envoyer des sms, ou msg stupides. On vous twitterise les neurones et vous add les méninges pour vous empêcher de penser. On pense pour vous. Et avec tout cela, vous n’êtes pas contents... Non mais quel culot! Allez penser. On pense pour vous. Et avec tout cela, vous n’êtes pas contents... Non mais quel culot! Allez brûler des pneus! Cassez du Mikati! Sinon, taisez-vous et allez au coin. Il a bien raison, ce monsieur, car nous, les pignons publics, sommes incapables de réagir face aux grotesques gesticulations de nos chers élus zélés et de leurs protecteurs. Et nous irons dans sept mois les réélire comme des naïfs parce que ce sont des gens «bien», comme dit la Enzo dans sa fameuse chanson. Après sept ans de meurtres prémédités, de verbalisme stérile, de chienlit organisée, de vol à main armée, de kidnapping tribal, nous avons été tellement sonnés par les frères d’à côté (et de toutes parts) que nous sommes devenus les... ding dingues dong de la farce.
Nahi LAHOUD

