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Économie - Liban

Salaires : grève suivie dans le secteur public libanais, menace d’escalade

La fonction publique ainsi que la quasi-totalité des écoles ont observé hier un jour de grève, répondant ainsi à l’appel du comité de coordination syndicale. Le Premier ministre Nagib Mikati a indiqué pour la énième fois que si le gouvernement était sensible au cri lancé par les syndicats, il ne pouvait en aucune manière mettre en danger la stabilité financière et monétaire du pays tant que les moyens de financement n’ont pas été assurés.


Le président du comité de coordination syndicale, Hanna Gharib, a menacé hier de paralyser le secteur public si le gouvernement ne trouve pas les moyens de financer la hausse de l’échelle des salaires.
« Il s’agit d’un énorme scandale, une atteinte au prestige de l’État. Le gouvernement se ligue avec le patronat contre les fonctionnaires », a déclaré M. Gharib à lorientlejour.com hier matin.


« Pourquoi le gouvernement trouve-t-il les moyens de financer la corruption et la contrebande, et non l’échelle des salaires du secteur public ? » a poursuivi le syndicaliste. « Nous allons paralyser pour longtemps le secteur public si nos revendications ne sont pas satisfaites, nous allons sûrement vers des mesures d’escalade, a-t-il ajouté. Nous ne voulons pas que le gouvernement impose de nouvelles taxes aux pauvres, mais qu’il trouve des sources de financement auprès des riches et des entreprises qui enregistrent de grands profits. »


Le secteur public et les écoles privées ont observé hier un jour de grève après un énième échec du gouvernement à trouver les moyens de financer la hausse de l’échelle des salaires. Du Koura au Metn, en passant par Baabda, Aley, Tripoli et Bint Jbeil, les administrations publiques et les écoles ont fermé leurs portes en signe de protestation contre les tergiversations du gouvernement quant au financement de la grille des salaires.


Le Premier ministre Nagib Mikati a indiqué hier que le dossier de rééchelonnement de l’échelle des salaires ne pouvait être résolu en ayant recours à la rue et aux mouvements de protestation. « Il faut entamer un véritable dialogue entre les différents acteurs sociaux afin d’aboutir à des solutions qui ne remettent pas en cause la stabilité économique du pays », a-t-il ainsi réitéré, en insistant sur l’importance de trouver les fonds nécessaires à cette hausse en préservant d’une part les acquis des salariés et d’autre part l’équilibre monétaire et financier. Revenant sur la réunion du Conseil des ministres qui a eu lieu mercredi, M. Mikati a souligné que les dirigeants s’étaient penchés sur plusieurs indicateurs économiques et qu’il ne fallait pas prendre de décisions hâtives concernant la hausse des salaires et qu’il est essentiel de garder ce dossier loin des conflits politiques. « Nous allons nous pencher sur les moyens de financer cette hausse à une date ultérieure », a-t-il indiqué.

 

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