Le Queens a également subi des dégâts à cause de Sandy, obligeant les électeurs à voter dans des tentes. Lucas Jackson/Reuters
Une fois le bureau de vote improvisé ouvert, un bénévole présente ses excuses à la foule qui s’impatiente. « Excusez-nous pour l’état des locaux, mais il y a deux jours, ils étaient sous 60 cm d’eau. » Agim, originaire du Nigeria, qui s’apprête à voter pour Obama, insiste sur l’importance de voter en dépit de Sandy. « J’ai vécu dans un pays où votre vote ne compte pas », explique-t-il.
John Margolis, un banquier de 46 ans qui pense voter Mitt Romney, vient de découvrir que la machine électronique qu’il devait utiliser ne fonctionne pas. Un bénévole lui demande de rejoindre une autre file d’attente pour voter avec du papier. Mais la ligne est trop longue. John préfère rentrer chez lui et revenir plus tard. « Je suis à 100 % derrière Romney. Disons que je l’étais jusqu’à la semaine dernière », dit-il. Mais il a été impressionné par la réponse du gouvernement Obama à la tempête Sandy. « La semaine a été très longue à Hoboken, dit-il. Nous n’avons retrouvé l’électricité qu’hier. »
Le nord du New Jersey a été très durement frappé par Sandy. Des centaines de milliers de personnes y sont restées sans électricité hier, et donc souvent sans chauffage, alors que les températures deviennent négatives la nuit. Les déplacés ont exceptionnellement été autorisés à voter par courriel ou fax.
À New York, où des dizaines de milliers de personnes sont toujours sans électricité, et où les déplacés peuvent voter n’importe où, une soixantaine de bureaux de vote ont également dû être déplacés à la dernière minute. À Staten Island, certains électeurs ont attendu dans le noir dès 6h00, avant de voter dans une tente, lumière fournie par des générateurs.
Dans les rockaways (Queens), toujours sans courant, le vote a parfois démarré en retard, en raison d’un défaut de générateurs. Certaines machines ne marchaient pas. « Et il n’y avait même pas de stylo », s’indigne une électrice. « C’était le bordel », ajoute une autre.
Et les opérations de vote prennent souvent beaucoup de temps. Dans le quartier de Lower East Side à Manhattan, un bureau a été déplacé dans le gymnase d’une école sur East Houston Street. Dès 6h00, de longues lignes se forment dans ce quartier d’immigrants. Sur place des traducteurs chinois, haïtien et espagnol sont là pour aider les électeurs qui maîtriseraient mal l’anglais. Alfonso Moreno, un Mexicain de 51 ans venu voter avec sa femme Maribel. Le couple, qui a quatre enfants, vit toujours sans chauffage ni eau chaude, huit jours après Sandy. « Nous sommes congelés. Mais nous voulions voter, c’est important », explique Alfonso, qui votera Obama avant de partir travailler dans son restaurant.
Lisa Ellison, chômeuse de 40 ans évacuée avant Sandy, est furieuse. « Je n’ai rien su du changement jusqu’à la dernière minute , dit-elle. Je n’ai rien reçu chez moi. Heureusement que les voisins étaient là ! » Elle veut voter « pour un changement » dans le pays. « Nous avons besoin d’avancer », explique-t-elle. Ivette Mercedes coordonne les opérations de vote avec une équipe de 14 personnes. Selon elle, le changement de lieu n’est pas un grand problème. « C’est juste de l’autre côté de la rue par rapport à l’ancien bureau de vote. Cela ne va pas empêcher les gens de venir. »
(Source : AFP)

