Les 110 ministres de l’Intérieur ayant pris part à l’assemblée générale des Etats membres d’Interpol à Rome. Photo Andreas Solano
Charbel
Prenant la parole lors de la réunion, le ministre Charbel a salué les échanges fructueux sur les moyens de prévenir et de combattre les crimes, tout en insistant sur l’importance de renforcer la coopération entre les États membres d’Interpol. Conscient, avec ses homologues, de la montée générale de la criminalité, il a souligné le progrès de la police au Liban, depuis son adhésion à la Convention de l’ONU contre la criminalité transnationale organisée, ainsi que les protocoles respectifs de lutte contre le trafic des êtres humains, et contre l’immigration illégale, annexés à la Convention. Le ministre Charbel a fait remarquer dans ce cadre que l’édification des sociétés sûres, capables de résister à la violence criminelle, ne passe pas seulement par les mesures préventives, mais par un mécanisme garant d’une justice sociale qui respecte la dignité du citoyen et l’incite à se conformer à une certaine moralité. Par ailleurs, Marwan Charbel a fait remarquer que la lutte contre la criminalité au Liban n’a point été affectée par les troubles régionaux, face auxquels le Liban maintient sa neutralité positive, tout en veillant sur sa stabilité interne.
Une violence grandissante
Dans sa déclaration finale d’ailleurs, l’assemblée générale des États membres d’Interpol a fait remarquer que la criminalité n’a pas baissé, quand bien même « les conflits interétatiques se sont réduits au cours des dernières décennies ». Plus encore, les États réunis ont communiqué » leur grande inquiétude face à la montée de la criminalité et l’élargissement de son domaine, suite aux développements politiques, démographiques, économiques, techniques, sociaux et culturels. « De nouvelles difficultés, parfois sans précédent, apparaissent de plus en plus », ajoute le communiqué. Insistant sur « le droit de chaque État et sa responsabilité dans le maintien de la sécurité aux frontières », il a également reconnu « la menace extrêmement grave qui pèse sur les autorités locales et régionales, entretenue par la multiplication des gangs et le renforcement des réseaux criminels ». Le communiqué s’est attardé en outre sur « la violence criminelle dans les endroits à forte densité démographique et qui porte atteinte surtout à la vie des jeunes et leur avenir : non seulement ils sont des victimes potentielles de crimes, mais ils risquent d’y être entraînés ». À cela s’ajoute le terrorisme, « face auquel une méthodologie minutieusement coordonnée doit être établie ». À l’heure actuelle en effet, « les crimes ne sont plus une menace immédiate aux individus, mais aux institutions et au développement même des États ».

