Sécurité renforcée à l’hôtel Hyatt de Mexico pour la réunion du G20. Edgard Garrido/Reuters
Sauf accord au Congrès américain d’ici à la fin de l’année, 600 milliards de dollars de réductions de dépenses publiques et de hausses d’impôts prendront effet au 1er janvier, menaçant de faire dérailler la reprise de l’économie américaine. Mais l’approche de l’élection présidentielle, demain, empêche toute avancée sur le sujet. « Les Américains eux-mêmes reconnaissent que c’est un problème », a indiqué un responsable du G20 qui n’a pas souhaité être identifié. « L’administration américaine dit qu’elle ne veut pas aller dans le mur, mais en même temps elle ne peut pas dire comment elle va procéder car tout est gelé avant l’élection. »
Des baisses d’impôts mises en œuvre par l’administration Bush expirent au 1er janvier, au même moment où prendront effet des réductions de dépenses qui avaient été programmées précisément pour pousser les législateurs à conclure un accord budgétaire de long terme. « Il reste que les États-Unis ne respectent pas leurs engagements actuels (de réduction des déficits) et n’ont pas de plan de consolidation budgétaire crédible », remarque un responsable européen. Le Congrès américain devra aussi bientôt s’atteler à relever le plafond de la dette fédérale pour éviter un défaut.
Le consensus initial des membres du G20 autour de la nécessité d’une action urgente pour empêcher une nouvelle dépression a fait place à des divergences sur les priorités à suivre, entre par exemple engager de nouvelles dépenses de relance pour stimuler la croissance ou mener des politiques d’austérité pour réduire la dette.
José Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques, a souhaité samedi que le G20 adresse un message aux États-Unis pour leur demander de régler rapidement la question budgétaire, tout en se disant optimiste. « Je persiste à croire qu’on n’en arrivera pas là », a-t-il dit avant la réunion qui a officiellement débuté hier dans la capitale mexicaine.
Les responsables du G20 s’inquiètent aussi des difficultés budgétaires du Japon et reconnaissent que l’engagement pris par plusieurs pays de diviser par deux leurs déficits budgétaires d’ici à 2013 paraît maintenant hors de portée. Américains et Européens devraient se voir reprocher de traîner les pieds pour faire appliquer les accords dits de Bâle III sur la régulation financière, présentés comme une réponse à la crise financière de 2007-2009.
Mais la Russie, qui assumera la présidence tournante du G20 après la réunion de Mexico, s’en tiendra probablement à des discussions techniques sur Bâle III, selon une source informée. La réticence de l’Espagne à demander une aide extérieure pour redresser ses finances publiques entretient par ailleurs les inquiétudes sur la crise de la dette dans la zone euro. Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rojoy, n’exclut pas de recourir à une aide financière, mais ne se précipitera pas sauf détérioration soudaine des conditions de marché, a estimé une source gouvernementale.
(Source : Reuters)


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