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Économie - Indicateurs

Le gouvernement français surprend avec une prévision optimiste de croissance

La « confiance » de Moscovici confortée par le redressement de la consommation des ménages.

Le ministre de l’Économie Pierre Moscovici a surpris hier en annonçant espérer une croissance « légèrement positive » au 3e trimestre, une vision jugée trop optimiste par les économistes alors que l’Insee prévoit un nouveau trimestre de stagnation économique.
« Je suis confiant sur la croissance française, raisonnablement », a expliqué M. Moscovici, interrogé par BFM TV et RMC.
« Je pense que nous pourrions avoir au troisième trimestre, je l’espère, une croissance très légèrement positive », a-t-il poursuivi, insistant : « Il y a un environnement qui montre que, “oui”, ce pays a des ressources. »
Ces déclarations ont d’autant plus surpris que l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour les deux derniers trimestres et l’année en cours.
L’Insee doit publier le 15 novembre sa première estimation officielle pour la période courant entre juillet et septembre. Mais, en attendant, il prévoit une croissance nulle au troisième trimestre (contre 0,1 % auparavant) et au quatrième trimestre (contre 0,2 %) après déjà trois trimestres à zéro.
Pour l’année 2012, l’Insee attend désormais une hausse du produit intérieur brut de 0,2 % (contre +0,4 % en juin), soit un peu en deçà des +0,3 % escomptés par le gouvernement pour ramener le déficit public de la France à 4,5 % du PIB fin décembre.
L’optimisme de M. Moscovici peut être conforté par le redressement de la consommation des ménages, un moteur de la croissance française, qui a progressé légèrement de 0,1 % en septembre et de 0,2 % sur le troisième trimestre, selon les chiffres de l’Insee publiés hier. Mais pour certains économistes, si septembre est resté en demi-teinte concluant un troisième trimestre médiocre, c’est au mois d’octobre, donc au quatrième trimestre, que les indicateurs pourraient chuter.
Côté entreprises, la présidente du Medef Laurence Parisot s’était alarmée mi-octobre « d’un décrochage extrêmement violent » de l’économie de l’Hexagone.
« Ce mois de septembre a été dans les entreprises françaises comme un mois d’août, c’est-à-dire que le téléphone n’a pas sonné, que le carnet de commandes ne s’est pas rempli », avait-elle affirmé.
Parmi les indicateurs les plus emblématiques, le nombre de chômeurs a connu en septembre sa plus forte progression depuis avril 2009, (3,057 millions de personnes). Le moral des ménages continue d’être en berne en octobre et le moral des industriels français a plongé en octobre à son niveau le plus bas depuis l’été 2009.
Malgré tout, M. Moscovici s’est dit « confiant », voyant des signes positifs dans « la détente des taux sur les marchés européens » due à la réorientation de l’industrie européenne, dans « la croissance américaine ou britannique qui reprend », ou encore « la production manufacturière (...) qui a repris au mois de juillet ».
« La méthode Coué continue », estime Marc Touati, du cabinet Acdefi. Il observe un « décalage » entre les indicateurs avancés de l’Insee puis son calcul de la croissance.
« On se rend bien compte qu’il ne faut pas employer le mot “récession”, pourtant, la récession est là : on a un chômage de récession mais on n’a pas un PIB de récession », remarque l’économiste, évoquant une stratégie de communication du ministre.
Plus tempéré, Éric Heyer, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), releve certes nombre d’indicateurs au rouge, mais également « des signaux qui ne sont pas négatifs », comme le recul des prix à la consommation en septembre (à -0,3 % contre +0,7 % en août).
Pour autant, son organisme table davantage sur une croissance en recul de 0,1 % au troisième trimestre. « Il n’y a aucun moteur de croissance qui est allumé à l’heure actuelle », explique-t-il. Mais au-delà, il rappelle que même si le chiffre de +0,1 % était avéré, « ce ne serait pas suffisant ». Car, assure-t-il, en France, le chiffre de référence devrait être de 0,4 % de croissance trimestrielle. « C’est à partir de 0,4 % qu’on crée suffisamment d’emplois pour faire baisser le chômage » et donc relancer vraiment l’économie.
(Source : AFP)
Le ministre de l’Économie Pierre Moscovici a surpris hier en annonçant espérer une croissance « légèrement positive » au 3e trimestre, une vision jugée trop optimiste par les économistes alors que l’Insee prévoit un nouveau trimestre de stagnation économique.« Je suis confiant sur la croissance française, raisonnablement », a expliqué M. Moscovici, interrogé par BFM TV et RMC.« Je pense que nous pourrions avoir au troisième trimestre, je l’espère, une croissance très légèrement positive », a-t-il poursuivi, insistant : « Il y a un environnement qui montre que, “oui”, ce pays a des ressources. »Ces déclarations ont d’autant plus surpris que l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour les deux derniers...
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