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Nos lecteurs ont la parole

Malgré tout, l’espoir

Par Élie ZIADÉ
C’est triste. Que dire d’autre en regardant les images de l’attentat du 19 octobre ? Que dire d’autre quand nous sommes émigrés pour nos études, notre travail, et que la flamme de l’espoir allumée en nous s’éteint à la vue de la rue libanaise se battre ? Que dire d’autre en entendant nos proches dire : « Heureusement, tu n’es pas là », « J’en ai marre, je veux quitter » ?... C’est triste de se savoir condamné à l’exil parce que l’on veut mener une vie décente dans un pays étranger au sien ? C’est triste de perdre son identité parce qu’on ne se reconnaît en personne dans cette foule, cette foule en colère, cette foule qui s’exprime comme des barbares. C’est triste de voir comment un petit groupe peut transformer une manifestation de paix et de deuil en une bataille rangée avec les forces de l’ordre, ces forces présentes pour leur sécurité, la sécurité de leur pays, notre pays, le Liban. C’est triste de réaliser qu’un seul homme, qu’une seule phrase peuvent déclencher une férocité de cette intensité. C’est triste de voir comment le peuple libanais s’est uni et solidarisé pendant juste quatre heures, avant de savoir qu’une personnalité libanaise était visée. C’est triste de voir comment les divisions politiques et confessionnelles réapparaissent tout d’un coup pour accuser l’autre.
Mais peut-on changer les choses ? Faut-il encore espérer ? Avoir un Liban en paix, sans bombes, sans pneus brûlés, sans armes, sans miliciens dans les rues, un Liban où hommes et femmes se sentent en sécurité sur ses 10 452 kilomètres carrés, un Liban sans ingérence étrangère, de ses voisins ou autres, un Liban libre, souverain, indépendant, un Liban parfait ? Ce Liban ne serait-il qu’un rêve, un souvenir ? Est-ce que le Liban ne peut qu’être occupé par une force étrangère pour survivre ? Est-ce que le Libanais lambda est obligé de s’exiler dans le Golfe, en Europe, en Amérique ou en Afrique pour pouvoir vivre en tant qu’être humain ? Est-ce normal que les Libanais expatriés ne se sentent plus libanais ? Est-ce normal de refuser de se considérer libanais, d’être dégoûté du Liban, de vouloir, quand on est jeune, à tout prix quitter le pays ? Et puis, après tout, le Liban est-il un pays normal ?
Malgré tout, je veux garder espoir, je vais continuer à me battre pour revenir dans mon pays. Et je demande à tous les Libanais, au Liban et à l’étranger, de garder espoir pour que cette flamme se ravive et nous permette tous ensemble de construire notre Liban.

Élie ZIADÉ
Un Libanais en France
C’est triste. Que dire d’autre en regardant les images de l’attentat du 19 octobre ? Que dire d’autre quand nous sommes émigrés pour nos études, notre travail, et que la flamme de l’espoir allumée en nous s’éteint à la vue de la rue libanaise se battre ? Que dire d’autre en entendant nos proches dire : « Heureusement, tu n’es pas là », « J’en ai marre, je veux quitter » ?... C’est triste de se savoir condamné à l’exil parce que l’on veut mener une vie décente dans un pays étranger au sien ? C’est triste de perdre son identité parce qu’on ne se reconnaît en personne dans cette foule, cette foule en colère, cette foule qui s’exprime comme des barbares. C’est triste de voir comment un petit groupe peut transformer une manifestation de paix et de deuil en une bataille rangée avec les...
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