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Culture

« Pot-pourri » de Fadi Azar, avec rimes et raison

À la demande de ses amis, Fadi Azar, un ingénieur civil de Beyrouth, a publié un recueil de poèmes, de fantaisies rimées, qu’il a intitulé « Pot-Pourri »*.

C’est la simplicité de ce recueil qui fait sa beauté. Il n’était pas censé voir le jour, confie son auteur. Ce recueil n’avait pas été conçu comme un ouvrage d’un seul tenant, une «œuvre» à proprement parler. Il s’agit plutôt de commentaires, de notes, de réflexions, de leçons, de déclarations d’amitié ou d’amour, de conseils et de sagesses écrits au fil des jours. C’est un genre en soi. Et dans cette claire rivière, il y a de très beaux cailloux bien ronds, bien polis, multicolores et... de temps à autre des pépites. En voici une des plus précieuses et, à tout prendre, des plus authentiques. Le texte est intitulé
Crucifixion :
«J’assistais à une exposition de tableaux/ Il y avait de beaux et de moins beaux/ Mais en regardant au fond de la salle/ J’en vois un représentant le Christ sur la Croix!/ Je me suis rappelé qu’on était le vendredi saint/ Je m’avance donc en entamant une prière/ Et en m’approchant, je suis traversé par un frisson/ En remarquant la main qui clouait/ Celle du Christ sur la Croix/ Et qui ressemblait étrangement à la mienne!/ Pris par une angoisse certaine/ Je baisse les yeux vers ma main tremblante/ Et pensant qu’avec mes péchés à moi/ J’avais participé à la crucifixion /Je lève les yeux pour demander pardon/ Et je voix la main du Christ qui se referme/ Sur la main du bourreau avec amour et clémence!/ Je me dis avec soulagement:/ “Elle est grande Sa Miséricorde”/ Mais soudain une voix derrière moi s’élève:/ Il est grand ce peintre/ Et il a pu faire parvenir le message/ Je me retourne tout à coup/ Mais j’étais seul dans la galerie!/ Je reviens vers la peinture/ Et je vois le Christ me regardant dans les yeux/ En souriant il me dit: “Le grand peintre/ C’est toi, qui a pu voir à travers/ Et au-delà de la toile!”/ Je ferme donc les yeux pour finir/ Ma petite prière, et une ombre/ Me montre une étiquette sur laquelle je lis:/ “Vendu..... Par Judas!”/ Et quand j’ouvre les yeux, la toile n’est plus là/ Le mur était vide et nu!/ Alors je tombe à genoux,/ mais je sens une main me relever/ Par l’épaule en disant:/ “Monsieur, c’est l’heure de fermeture!”/ Je sors l’esprit tourmenté, mais d’aventure/ J’étais tout envoûté de bonheur!/ Je sentais que la toile était dans mon cœur!»
Le poème est daté du 6 avril 2012, date effective du vendredi saint, cette année. Pour les amis des rimes.

*Signature demain jeudi 1er novembre à 18h, stand Virgin.
C’est la simplicité de ce recueil qui fait sa beauté. Il n’était pas censé voir le jour, confie son auteur. Ce recueil n’avait pas été conçu comme un ouvrage d’un seul tenant, une «œuvre» à proprement parler. Il s’agit plutôt de commentaires, de notes, de réflexions, de leçons, de déclarations d’amitié ou d’amour, de conseils et de sagesses écrits au fil des jours. C’est un genre en soi. Et dans cette claire rivière, il y a de très beaux cailloux bien ronds, bien polis, multicolores et... de temps à autre des pépites. En voici une des plus précieuses et, à tout prendre, des plus authentiques. Le texte est intitulé Crucifixion :«J’assistais à une exposition de tableaux/ Il y avait de beaux et de moins beaux/ Mais en regardant au fond de la salle/ J’en vois un représentant le Christ sur la...
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