Le ténor Naji Youssef.
De cette formation dirigée par un Libanais (Bassam Saba), et enrichie d’un ténor libanais (Naji Youssef) et d’une soprano libanaise (Ghada Ghanem), le critique du New York Times dit : « Une performance marquante que celle du flûtiste et oudiste libanais Bassam Saba et duNew York Arabic Orhestra. Un melting-pot cimenté par l’esprit de la musique et un courant épique et enivrant, qui ne manquait pas de transcendance. Cet orchestre est composé de musiciens professionnels de différents backgrounds jouant d’instruments orientaux (oud, kanoun, nay et derbaké) et occidentaux (cordes et vent). Sous la direction de Saba, ils ont exploré à fond les sonorités de leur culture et ont été à l’affiche de lieux aussi prestigieux que le Carnegie Hall et le Lincoln Center. Ils viennent de se produire à Detroit, dans le cadre du 9e Gala au profit de l’Arab American National Museum, qui est affilié à la Smithsonian Institution. Ils ont séduit le public par leur interprétation d’œuvres des grands de la chanson et de la musique arabes, éternellement chéris du Golfe à l’océan : d’Oum Koulsoum aux frères Rahbani, en passant par Farid el-Atrache et Philémon Wehbé. Sans oublier, toutefois, la créativité contemporaine, présente par deux pièces signées Bassam Saba : Nirvana (en lever de rideau) et Summer of 71 qui ouvrait la deuxième partie du concert. »
L’orchestre a su garder vivante la flamme de ces chansons entrées dans le répertoire traditionnel, en restituant à l’intention du public contemporain leur éclat d’antan. Grâce notamment au talent à multiples facettes de Bassam Saba et à sa capacité d’avoir engrangé les connaissances musicales de son patrimoine et celles de l’Occident. Il y a aussi l’apport opératique de Ghada Ghanem et de Naji Youssef. Trois parcours animés d’un sang neuf.
Bassam Saba
Pour Bassam Saba, ce fut d’abord des études de oud et de violon au Conservatoire national libanais, suivies à l’âge de 17 ans d’un départ pour la France et de l’obtention d’un diplôme de flûtiste au Conservatoire des Gobelins. De là, il s’envole pour Moscou (Institut pédagogique de musique Gnessin). Puis, retour à Beyrouth pour se produire avec la diva Feyrouz, Marcel Khalifé et Ziad Rahbani. Fort de ce bagage, il débarque à New York en 1991 et, avant de cofonder le New York Arabic Orchestra, il fait partie de formations musicales accompagnant des célébrités telles que Yo Yo Ma, Simon Shaheen, Paul Simon, Alicia Keys, Sting, Santana, Herbie Hancock, Sonny Fortune and Quincy Jones.
Ghada Ghanem
La soprano Ghada Ghanem est, elle aussi, issue du Conservatoire national libanais qu’elle avait fréquenté tout en faisant des études de droit (à la demande de ses parents), à l’Université Saint-Joseph. Sa passion pour l’opéra, elle l’a doit à son professeur de chant, Badiaa Haddad, qui l’a poussée dans cette direction. Et son étoile n’a fait que monter et s’imposer partout.
Naji Youssef
Né au Liban-Nord, Naji Youssef a fait partie, dès son jeune âge, des chorales d’église. En émigrant aux États-Unis, en 1988, il est devenu une figure notoire de l’univers musical tissé par des artistes américains d’origine arabe. Il a participé à plusieurs festivals de cette veine et collaboré à des projets montés notamment par les compositeurs Simon Shaheen (d’origine palestinienne) et Philip Glass (américain). Sa voix claire et puissante a des intonations de ce que l’on appelle le « style jabali » (résonnance folklorique), à la manière de Wadih el- Safi.
D’où qu’elle jaillisse, la musique libanaise « creuse le ciel ».


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir