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Agenda - Hommage À Antoine Chammah

À tout à l’heure, jeddo Antoine

Un an déjà et honnêtement, jeddo Antoine, tu ne me manques pas. Bon bien sûr, ta présence parmi nous, ultrachaleureuse et réconfortante, tes sifflements pour annoncer ton arrivée dans une pièce, tes poursuites de celui « qui n’a pas fait la bise à son “djeddo” Antoine ! » bien sûr, tout ça, tu le sais sûrement, on en crève d’envie.
Mais à simplement observer autour de nous, on réalise qu’en fait tu n’es parti nulle part. Tu es resté là, davantage présent dans notre quotidien, transformant toujours plus nos vies. Parce que pas un moment ne passe sans que quelque chose ne nous ramène à toi.
Il suffit en fait d’attarder brièvement son regard sur tes dix-huit petits et arrière-petits-enfants pour réaliser qu’une partie de toi s’est greffée en chacun d’eux. À travers notre approche positive de voir le monde et de croire en un avenir toujours meilleur, ton optimisme exemplaire continue à nous marquer. À travers notre souci de respecter notre prochain, nous gardons vivant le souvenir de ton humilité et de ta modestie, qui nous sert de boussole pour rester dans un droit chemin.
Nous sommes fidèles à toi et le resterons à jamais, jeddo. Ton enseignement a été plus formateur que toutes nos écoles, tes sourires nos plus grands cadeaux, et ton intégrité le plus grand des tremplins.
À tout à l’heure, jeddo Antoine. Dans le sourire d’une vieille dame au prochain coin de rue ou dans les rires d’un enfant.
« Gardez toujours haut votre moral, n’oubliez ni de prier ni de méditer. Le ciel est à celui qui le sollicite », comme tes dernières paroles nous l’ont rappelé.

Cyril, pour tes petits-enfants,
 fiers d’être de ta lignée

* * *

Avec des hommes partageant avec lui les mêmes convictions altruistes, Antoine Chammah, cofondateur de l’Association d’entraide professionnelle (AEP) et l’un de ses premiers acteurs, a impulsé une forme d’engagement socio-économique, fort connue aujourd’hui, mais qui était novatrice au Liban en 1984 : le microcrédit.
D’un optimisme à toute épreuve, dû à son caractère mais aussi à une foi inébranlable en les capacités de tout être humain, il a voulu freiner un tant soit peu la paupérisation que la guerre faisait subir à nombre de ses compatriotes.
Antoine Chammah était un battant. Il voulait que d’autres connaissent le goût de la réussite professionnelle qu’il a connue dans sa vie, car partager faisait partie de sa nature. Il était convaincu que pour faire sortir tout être du désarroi, un coup de pouce était nécessaire. Il avait compris depuis longtemps que seule la main fermement tendue pouvait tirer du marasme ceux qui affrontaient le cercle vicieux des échecs.
Antoine Chammah a donné toute sa confiance à l’AEP, à ceux qui l’ont animée et ceux qui en ont assuré la relève. Ayant solidement cru à cette association, il a affermi ses premiers pas hésitants et conforté son élan auprès d’entrepreneurs potentiels, bien qu’à haut risque. En homme d’affaires conscient de ses responsabilités, il avait réalisé à quelles difficultés, voire à quelle impossibilité de financement pouvait se heurter un porteur de projet de faible envergure sollicitant un prêt même modeste auprès d’une banque. Proclamer que le « droit au crédit » doit être donné, aussi, aux plus faibles économiquement était devenu un combat qu’il a mené avec ses pairs dans le cadre de l’AEP.
Depuis les années sombres où l’horizon se bouchait constamment au regard des microentrepreneurs, cet homme de cœur a offert sa présence et son soutien indéfectibles, son humour souriant, une sorte de rayonnement discret capable de fouetter les énergies. `
Ses mises en garde et ses encouragements nous ont poussés à garder le cap, à rester fidèles à l’esprit, à aller plus loin sur le chemin qu’il a tracé.
Antoine Chammah, merci !

L’AEP
Un an déjà et honnêtement, jeddo Antoine, tu ne me manques pas. Bon bien sûr, ta présence parmi nous, ultrachaleureuse et réconfortante, tes sifflements pour annoncer ton arrivée dans une pièce, tes poursuites de celui « qui n’a pas fait la bise à son “djeddo” Antoine ! » bien sûr, tout ça, tu le sais sûrement, on en crève d’envie.Mais à simplement observer autour de nous, on réalise qu’en fait tu n’es parti nulle part. Tu es resté là, davantage présent dans notre quotidien, transformant toujours plus nos vies. Parce que pas un moment ne passe sans que quelque chose ne nous ramène à toi.Il suffit en fait d’attarder brièvement son regard sur tes dix-huit petits et arrière-petits-enfants pour réaliser qu’une partie de toi s’est greffée en chacun d’eux. À travers notre approche positive de...