Les réactions aux projets de loi appelant à l’amendement de la loi 174 antitabac, entrée en vigueur le 3 septembre dernier, ne s’arrêtent pas. À l’initiative de l’ordre des médecins et en collaboration avec la campagne civile pour le contrôle de l’application de la loi 174 et le groupe de la recherche de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) pour limiter la consommation de tabac, un rassemblement a été organisé mercredi à la Maison du médecin, à Tehouita, en guise de soutien à la loi 174, mais aussi pour rejeter tout amendement du texte de la loi.
« Une étude menée par le Programme de lutte antitabac du ministère de la Santé et par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montre qu’au Liban plus d’un million de paquets de cigarettes est consommé par jour », dénonce le président de l’ordre des médecins, Charaf Abou Charaf. « Selon cette étude, le tabac est à l’origine de 3 500 cas de décès par an au Liban », ajoute-t-il, soulignant que « 80 % des enfants sont victimes de tabagisme passif dans leur maison et 75 % d’entre eux dans les endroits publics ». De plus, l’étude montre que « 45 % des adolescents fument et 30 % d’entre eux consomment le narguilé ».
Le représentant du bureau de l’OMS à Beyrouth, Hassan el-Bouchra, a pour sa part mis l’accent sur la nécessité pour le gouvernement libanais « de faire preuve de fermeté dans l’application de la loi ».
De son côté, le président de la commission parlementaire de la Santé, Atef Majdalani, a réitéré son refus à tout amendement de cette loi. Même son de cloche chez le directeur général du ministère de la Santé, Walid Ammar, qui a mis l’accent sur l’engagement du ministère d’appliquer la loi telle quelle, rejetant tout amendement.
Le directeur général du ministère de l’Économie et du Commerce, Fouad Fleifel, a quant à lui expliqué que plus de 1 151 patrouilles pour le contrôle de l’application de la loi 174 ont été organisées à ce jour sur l’ensemble du territoire et 87 procès-verbaux ont été dressés dans ce cadre.
Le président de la Fédération des syndicats des employés des restaurants, hôtels, cafés et boîtes de nuit, Béchara Chaia, a fait remarquer que « la loi antitabac n’est pas la cause réelle derrière le licenciement des employés, mais l’embauche de la main-d’œuvre étrangère bon marché ».
Des allocutions ont également été prononcées par le président de l’ordre des ingénieurs, le représentant du bâtonnier du barreau de Beyrouth, le président de la Fédération des syndicats des employés, le président du Rassemblement des compagnies d’assurances, le président de l’AUB, le président de la Lebanese American University, le représentant du recteur de l’Université libanaise et le secrétaire général des écoles catholiques.
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