L’UE a décidé de frapper pour la première fois le secteur des télécoms, et décréter une interdiction de principe de toutes transactions financières entre les banques européennes et iraniennes. Des exceptions sont prévues pour les envois de fonds effectués par des particuliers, ou pour des paiements humanitaires ou liés à des achats d’alimentation et d’équipement médical. En outre, les assurances crédit à l’exportation de court terme seront interdites, comme l’étaient déjà celles de moyen et de long terme. Par ailleurs, les importations de gaz iranien seront également interdites, une mesure qui touche un volume peu important mais vient s’ajouter à l’interdiction d’importation de pétrole iranien en vigueur depuis juillet. Ces mesures viennent s’ajouter à celles, déjà en place, comme l’embargo pétrolier entré en vigueur en juillet.
Les États-Unis ont aussitôt salué le renforcement des sanctions européennes, estimant que ces mesures augmentaient l’isolement de la République islamique. À Téhéran, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a estimé que les Occidentaux cherchaient à « perturber le calme » en Iran avec leurs pressions économiques. « Tout comme ils ont échoué dans les autres domaines, les ennemis vont échouer dans leur confrontation économique contre la nation iranienne », a-t-il ajouté. L’ayatollah Khamenei avait déclaré mercredi que l’Iran était capable de surmonter les sanctions économiques « barbares » imposées par les Occidentaux.
D’autre part, la Suède a convoqué hier l’ambassadeur d’Israël à Stockholm, Isaac Bachman, après des déclarations dans la presse d’un responsable israélien non identifié selon lequel la Suède s’opposerait à un renforcement des sanctions contre l’Iran pour protéger une entreprise suédoise. Le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, a jugé ces informations « calomnieuses ». M. Bachman « regrette lui-même prudemment ce qui est sorti » dans la presse, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anders Jörle, à l’issue des entretiens de l’ambassadeur au ministère. « Sinon, on peut dire que la réunion a été constructive », a ajouté M. Jörle, soulignant que l’ambassadeur avait précisé que les déclarations du responsable anonyme « ne reflétaient pas une position officielle » d’Israël. L’ambassade israélienne a, elle, refusé de commenter l’affaire.
(Source : AFP)

