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Économie - Industrie

EADS et BAE renoncent à fusionner face à la résistance des gouvernements

Menacé par la baisse des budgets militaires occidentaux, BAE Systems aurait profité des bons résultats d’Airbus, qui a des commandes pour les huit années à venir.

Les deux groupes ont tenté d’échapper à l’influence que Paris et Berlin exercent sur EADS pour avoir accès au plus grand marché de la défense au monde. Christof Stache/Lindsey Parnaby/AFP

L’avionneur européen EADS et le fabricant d’armes britannique BAE Systems ont renoncé hier à fusionner pour créer un groupe qui aurait été le numéro un mondial du secteur devant l’américain Boeing, face au désaccord des gouvernements qui devaient l’autoriser.
« Nous sommes évidemment déçus de ne pas avoir été capables de parvenir à un accord acceptable avec nos différents gouvernements », France, Allemagne et Royaume-Uni, a déclaré le patron de BAE Systems, Ian King, dans un communiqué commun des deux groupes. « Il est devenu clair que les intérêts des parties gouvernementales ne peuvent être suffisamment rapprochés les uns des autres ou avec les objectifs que BAE Systems et EADS ont définis pour cette fusion », ont ajouté EADS et BAE. Dans leur entourage, l’Allemagne a immédiatement été pointée du doigt. « Ça n’a pas marché parce que les Allemands ont bloqué », a déclaré une source proche du dossier à Paris. « Pour le gouvernement allemand, l’important est désormais qu’EADS puisse se développer de façon positive dans tous ses secteurs d’activité », a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Berlin a assuré qu’il soutenait la coopération internationale déjà engagée par les deux groupes tout en soulignant « sa totale confiance dans les cadres de l’entreprise EADS ».
« C’est la décision des entreprises », a réagi François Hollande, réaffirmant lui aussi sa « confiance » dans EADS, lors d’une conférence de presse avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, à l’Élysée. Le chef de l’État français a rappelé les « conditions » posées par Paris, actionnaire d’EADS, à la fusion et assuré que « l’État français, à sa place, fera tout pour que cette entreprise (EADS) ait tous les soutiens nécessaires » à l’avenir.
Les deux groupes ont tenté d’échapper à l’influence que Paris et Berlin exercent sur EADS pour avoir accès au plus grand marché de la défense au monde, les États-Unis, qui se méfient des entreprises publiques. Londres aussi a tenté de convaincre ses partenaires de réduire leur participation au capital pour préserver les relations privilégiées de BAE Systems avec le Pentagone. Mais Paris et Berlin ont refusé de se contenter de l’action spécifique réservée aux trois gouvernements, qui leur permettait de bloquer toute prise de participation hostile. Paris voulant rester au capital, Berlin a souhaité y monter pour maintenir la parité. Avec ses 15 % du capital d’EADS, Paris aurait eu 9 % de la nouvelle structure et refusait de s’interdire d’en acquérir davantage à l’avenir. EADS avait cependant annoncé mardi que Londres et Paris avaient fait des « progrès substantiels » pour surmonter une difficulté qui bloquait les négociations.
Menacé par la baisse des budgets militaires occidentaux, BAE Systems aurait profité des bons résultats d’Airbus, qui a des commandes pour les huit années à venir. Malgré cet échec, Dick Olver, président de son conseil d’administration, a assuré que le groupe n’était pas à la recherche d’un autre partenaire. « Nous avons un excellent plan A qui permet à l’entreprise d’avancer dans un environnement économique difficileة et la direction fait un excellent travail », a-t-il estimé. « Le conseil d’administration et moi-même avons une grande confiance dans l’équipe de direction », a-t-il ajouté, écartant l’idée d’un départ de M. King.
EADS aurait quant à lui rééquilibré d’un coup ses activités entre civil et militaire pour mieux résister aux cycles économiques. « C’est évidemment dommage que nous n’ayons pas réussi, mais je suis heureux que nous avons essayé. Je suis sûr que nous aurons d’autres défis à relever ensemble à l’avenir », a déclaré le patron d’EADS, l’Allemand Tom Enders, considéré comme à l’initiative du projet.
La maison mère d’Airbus et le premier industriel européen de la défense avaient confirmé le 12 septembre qu’ils étaient en pourparlers, à la suite d’une indiscrétion dans la presse. Depuis, les deux groupes avaient fait face au scepticisme des marchés, à l’inquiétude de leurs actionnaires et aux réserves des gouvernements.
Leur valorisation dans la structure combinée, 60 % pour EADS et 40 % pour BAE, notamment, avait été critiquée par les actionnaires et de nombreux analystes. Le titre d’EADS avait perdu 12 % depuis l’annonce du projet. Ce dernier était en forte hausse hier en début d’après-midi à la Bourse de Paris, tandis qu’à Londres, l’action BAE Systems accusait une forte baisse.
(Source : AFP)
L’avionneur européen EADS et le fabricant d’armes britannique BAE Systems ont renoncé hier à fusionner pour créer un groupe qui aurait été le numéro un mondial du secteur devant l’américain Boeing, face au désaccord des gouvernements qui devaient l’autoriser.« Nous sommes évidemment déçus de ne pas avoir été capables de parvenir à un accord acceptable avec nos différents gouvernements », France, Allemagne et Royaume-Uni, a déclaré le patron de BAE Systems, Ian King, dans un communiqué commun des deux groupes. « Il est devenu clair que les intérêts des parties gouvernementales ne peuvent être suffisamment rapprochés les uns des autres ou avec les objectifs que BAE Systems et EADS ont définis pour cette fusion », ont ajouté EADS et BAE. Dans leur entourage, l’Allemagne a immédiatement été...
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