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Liban - Éclairage

Une « dabké électorale »

Ces jours-ci, l’actualité au Liban est marquée par les développements en Syrie et les débats sur la future loi électorale. Chacun y va de son projet et s’empresse de le défendre sur les chaînes de télévision et dans les médias. Les échanges sont houleux au Parlement, et on pourrait presque y croire et penser que les différentes parties sont réellement convaincues des propositions qu’elles présentent respectivement. Une seule voix discordante dans cette frénésie de projets, celle du président de la Chambre Nabih Berry qui a eu ce commentaire lapidaire : « Il s’agit d’une dabké électorale. » La référence à la danse folklorique libanaise vise à rappeler que les débats au sujet de la loi électorale sont un pur produit local puisque, selon les proches de Berry, au fond d’eux-mêmes, les camps en présence ne sont même pas convaincus que les élections auront lieu à la date prévue. La question n’est pas tributaire de la volonté des protagonistes, mais porte sur la confusion au sujet des développements en Syrie.
Désormais, les deux camps rivaux ont démontré que la situation au Liban est largement dépendante de ce qui se passe en Syrie. Aussi bien la majorité que l’opposition ne cachent plus leur appui actif à un camp syrien déterminé, et tous les démentis du monde ne peuvent plus tromper les citoyens. D’un côté, le courant du Futur apporte un soutien effectif à l’opposition syrienne, allant même jusqu’à accepter qu’un des députés membres de son bloc fasse la navette entre la Turquie et la Belgique sans avoir mis les pieds au Liban depuis plus d’un an et demi, et de l’autre, le Hezbollah ne ménage pas son appui au régime. Les deux camps se lancent des accusations, mais au fond, ils sont quittes. En tout cas, cette attitude ne favorise pas un accord sur une nouvelle loi électorale. Les différents projets soumis actuellement à l’étude des députés seraient donc essentiellement destinés à remplir un vide politique interne et à meubler l’attente, le temps de voir l’évolution de la crise en Syrie.
Selon des sources parlementaires, s’il s’agissait d’un problème uniquement local, les différentes parties pourraient parvenir à un accord, d’autant qu’en définitive, selon la tradition libanaise, le vainqueur ne peut pas gouverner seul. À cet égard, l’expérience de 2009, lorsque le 14 Mars a remporté les législatives sans pouvoir former un gouvernement unilatéral, est concluante. Mais ce qui a changé cette fois, c’est qu’en s’engageant totalement dans la crise syrienne, les deux camps lient désormais leur sort à cette crise. Le 14 Mars pense ainsi que lorsque l’opposition syrienne fera tomber le régime Assad, il pourra, lui, gagner les élections et former un gouvernement seul, l’autre camp devenant forcément très affaibli. Ses partisans avancent comme exemple les élections de 1968, qui avaient vu la victoire écrasante du Helf sur les chéhabistes. Or, selon eux, cette victoire n’a été rendue possible que grâce à la défaite de Abdel Nasser en 1967, qui a eu donc des répercussions au Liban. Ainsi, à leurs yeux, la chute du régime syrien créera un élan et une dynamique électorale qui joueront en faveur de leur camp. De son côté, le 8 Mars est au contraire convaincu que le régime syrien tiendra bon et qu’il ne sortira pas vaincu de la crise qui secoue actuellement son pays. Par conséquent, il ne voit aucune raison pour faire des concessions au niveau de la loi électorale.
Ce que ne disent pas les deux camps, c’est que les projets qu’ils proposent, sous couvert de préserver les droits des chrétiens et d’assurer une meilleure représentativité des citoyens, sont essentiellement choisis pour assurer leurs victoires respectives. Comme l’avenir reste incertain, à cause de la crise syrienne, aucun d’eux ne veut céder du terrain, et les débats en apparence démocratiques se déroulent sans perspective d’accord.
Le vrai problème cette fois, c’est qu’à cause des développements en Syrie, l’enjeu est devenu plus important. En 2009, le contexte arabe était calme et quel que soit le camp vainqueur des élections, il ne pouvait pas gouverner seul. Mais en 2013, s’il y a un vainqueur et un vaincu en Syrie, cela aura forcément des conséquences sur la réalité libanaise. En 2009, quel que soit le vainqueur, les parties en présence étaient déjà d’accord sur une déclaration ministérielle qui préservait la fameuse équation « armée-peuple-résistance ». En 2013, les divergences se sont approfondies et il serait difficile de parvenir à un accord du même genre. C’est même d’ailleurs l’absence de visibilité sur la période d’« après les élections législatives » qui empêche les différentes parties de parvenir à un accord.
Le Liban, pays du compromis par excellence, où l’accord de dernière minute a été érigé en stratégie, pourrait perdre cette particularité à la faveur de la crise syrienne. Un parlementaire chevronné précise ainsi que le Liban se trouve, à la veille de l’échéance électorale, devant trois scénarios : les deux grandes formations, à savoir le duo chiite et le courant du Futur, s’entendent sur un compromis qui permettrait la tenue des élections et la formation d’un gouvernement avec une déclaration ministérielle acceptable pour les deux camps, et dans ce cas, la loi électorale sera de nature à ne pas produire de grands changements. Ils auront ainsi décidé de ne pas laisser la crise syrienne interférer sur la situation interne. Soit ils s’entendent sur le report des élections en attendant l’issue de la crise syrienne, soit il n’y a ni entente ni report, et les élections se dérouleront sur la base de la loi actuelle, entraînant le pays dans une confrontation à l’issue incertaine toujours sur fond de crise syrienne...
Ces jours-ci, l’actualité au Liban est marquée par les développements en Syrie et les débats sur la future loi électorale. Chacun y va de son projet et s’empresse de le défendre sur les chaînes de télévision et dans les médias. Les échanges sont houleux au Parlement, et on pourrait presque y croire et penser que les différentes parties sont réellement convaincues des propositions qu’elles présentent respectivement. Une seule voix discordante dans cette frénésie de projets, celle du président de la Chambre Nabih Berry qui a eu ce commentaire lapidaire : « Il s’agit d’une dabké électorale. » La référence à la danse folklorique libanaise vise à rappeler que les débats au sujet de la loi électorale sont un pur produit local puisque, selon les proches de Berry, au fond d’eux-mêmes, les camps en...
commentaires (8)

C’est d'autant plus désolant que, à bien y regarder, ce conflit en sœur-syrie obéit à des mobiles qui sont l'antithèse des conceptions qui ont toujours été celles de ce pays, et on aurait attendu de cette "Marelle ministérielle" de dénoncer avec force cet état de fait. Cette poussée "fakîhàRienne" auprès de la "baassyrienne" se fonde sur un soutien apporté ethnie contre d’autres ethnies. La Collaboration "fakîhdiote se justifie alors par une solidarité avec le destin d’une entité alaouito-nusayrîsée affranchie de la Syrie "Mandatée". Or, cette conception de l'adéquation d'une ethnie avec tout État reposant sur un principe d'homogénéité, ethnico-religieux, n’est pas celle des Sains éhhh Syro-libanais, et ne sera jamais la leur ! Il est tragique de devoir rappeler une telle évidence aux "8 fakîhàRiens" en ce début du XXIème. Une telle conception est celle qui préside à l'idée absolument "controuvée" d’État ethnico-ethniciste. D’où la nécessité de leur assurer un rattrapage en histoire de ces deux Kottors-Contrées à ces "8 fakihistes"-là. On peut avoir le pouvoir à ce point-là d'ourdir "des fables, mais pas celui d'en dire la morale", ni d'en user. Sus, alors, à ces "fakihistes" fabulistes qui posent aux "résistanciels", et qui n’ouvriront pas leurs orbites aux paupières "cousues" déjà.

Antoine-Serge KARAMAOUN

05 h 59, le 08 octobre 2012

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Commentaires (8)

  • C’est d'autant plus désolant que, à bien y regarder, ce conflit en sœur-syrie obéit à des mobiles qui sont l'antithèse des conceptions qui ont toujours été celles de ce pays, et on aurait attendu de cette "Marelle ministérielle" de dénoncer avec force cet état de fait. Cette poussée "fakîhàRienne" auprès de la "baassyrienne" se fonde sur un soutien apporté ethnie contre d’autres ethnies. La Collaboration "fakîhdiote se justifie alors par une solidarité avec le destin d’une entité alaouito-nusayrîsée affranchie de la Syrie "Mandatée". Or, cette conception de l'adéquation d'une ethnie avec tout État reposant sur un principe d'homogénéité, ethnico-religieux, n’est pas celle des Sains éhhh Syro-libanais, et ne sera jamais la leur ! Il est tragique de devoir rappeler une telle évidence aux "8 fakîhàRiens" en ce début du XXIème. Une telle conception est celle qui préside à l'idée absolument "controuvée" d’État ethnico-ethniciste. D’où la nécessité de leur assurer un rattrapage en histoire de ces deux Kottors-Contrées à ces "8 fakihistes"-là. On peut avoir le pouvoir à ce point-là d'ourdir "des fables, mais pas celui d'en dire la morale", ni d'en user. Sus, alors, à ces "fakihistes" fabulistes qui posent aux "résistanciels", et qui n’ouvriront pas leurs orbites aux paupières "cousues" déjà.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    05 h 59, le 08 octobre 2012

  • Suite de mon premier message: Je n'avais pas fait attention. Malheureusement cet article est présenté comme "éclairage"... Dommage mais l'éclairage de l'EDL est meilleur que celui-ci. Dommage qu'un article "parti pris" irrationnel soit présenté aux lecteurs comme "éclairage"....

    jean-Pierre EL KHOURY

    05 h 13, le 08 octobre 2012

  • Nous, Libanais moyen que nous sommes: Il faudra qu'on nous explique: Un politicien qui a dû vivre à l'étranger pour éviter de finir comme Messieurs Gebrane Tueini, Rafic Hariri, Bachir Gemayel, le mufti Hassan Khaled, le jeune Pierre gemayel et j'en passe... Ce politicien qui oeuvre en tant que négociateur pour libérer des libanais chiites capturés est à mettre au même niveau que ces milices du Hezballah qui vont combattre, (au nom du Jihad?) en Syrie pour aider un sanguinaire qui tue son peuple?? Même implication ?? Soit nous sommes imbéciles pour le croire, soit la personne qui a écrit ceci nous prend pour tel. Tout de même....La direction du journal n'a t elle pas lu cette aberration aussi ?? Accepte t elle qu'on prenne ses lecteurs pour des ... (auto-censuré )? Je ne le crois pas à mon avis. Merci de publier svp.

    Viken GARABEDIAN

    04 h 29, le 08 octobre 2012

  • Cet article essaie de mettre les 2 camps au même niveau d'implication . Cependant , plusieurs lignes parlant du parti "futur" et juste quelques mots parlant du "hezbollah"...je recopie => "....un côté, le courant du Futur apporte un soutien effectif à l’opposition syrienne, allant même jusqu’à accepter qu’un des députés membres de son bloc fasse la navette entre la Turquie et la Belgique sans avoir mis les pieds au Liban depuis plus d’un an et demi .....et de l’autre, le Hezbollah ne ménage pas son appui au régime".... C'est tout?? Le hezbollah ne ménage pas son appui??? sans autres détails comme dit pour le "futur"?? Alors que rien n'est dit concernant les chiites libanais de ce parti iranien morts à l'étranger??? A préciser que cet article ne doit pas être considéré comme une analyse mais comme un papier "parti pris". D'ailleurs, l'OLJ n'a plus précisé en titre "analyse" ou "éclairage" comme cela l'était auparavant. Normal puisque l'OLJ donne la parole à tous. Cependant sans plus induire en erreur, les lecteurs "non libanais" francophones, qui auraient lu et auraient cru que cet article "parti pris" serait une analyse rationnelle et surtout souveraine. Dans ce cas, nous ne pouvons qu'être d'accord que tout le monde ait la parole. Nous ne pouvons qu'être fiers de notre OLJ.

    jean-Pierre EL KHOURY

    04 h 06, le 08 octobre 2012

  • Plus vrai que vrai vos constatations Mme Haddad, mais ce qui est sur c'est la chute du regime du boucher de Damas. Cette verite est bien connu du Hezbollah et de ses suppots d'ou leur precipitation pour proposer une loi qui leur permettrait de mettre la main sur le pays sans necessairement y etre majoritaire. Mais voila, les autres ne l'entendent pas de cette oreille et cette fois ne se laisseront pas faire ni bernes comme en 2009. Il y aura election, a temps, et avec la loi actuelle. Le 14 Mars gagnera comme en 2009 avec une plus grande majorite encore et gerera le pays comme il se doit avec ou sans l'accord du Hezbollah. Les matamorismes du genre personne ne peut gouverner sans accord des autres et patati et patata c'est fini! Il reste au Hezbollah de se comporter en parti democratique et accepter le choix du peuple Libanais.

    Pierre Hadjigeorgiou

    04 h 06, le 08 octobre 2012

  • Chère Madame Scarlett Haddad, longue et bien détaillée analyse. MAIS... 1 - Je dirais plutôt la danse des ours au tambour par les gitans. 2 - Les deux formations se lancent des accusations mais au fond ils sont quitte ? S'immiscer militairement est égal à des voyages d'avion pour des pourparlers ? Absurdité extravagante ! 3 - Aberrante logique que celle de cette "prétendue" tradition Libanaise de gouvernement " IMMAGINATION FÉCONDE, hein... ? Mais aujourd'hui, Chère Madame, vous semblez oublier qu'on gouverne SEUL ! OU... la logique de : Lorsque je gagne c'est moi, lorsque tu gagnes c'est toi et moi ! est celle qui devrait prévaloir à votre avis ? 4 - Au parlementaire chevronné, je dirais : Puisqu'il a oublié, à dessein ou non, qu'il y a dans ce pays des Chrétiens, c'est qu'il est parle......mentaire !!! 5 - Le Despote est FINI et le changemlent en Syrie est inéluctable. Pas le même régime, Pas les extrémistes ! La Syrie ira tout droit à un Taëf... Espérons qu'il soit plus clairs dans ses points que le nôtre... Bonne journée.

    SAKR LEBNAN

    03 h 17, le 08 octobre 2012

  • "D’un côté, le Futur apporte un soutien effectif à l’opposition syrienne, allant même jusqu’à accepter qu’un de ses députés fasse la navette entre la Turquie et la Belgique sans avoir mis les pieds au Liban depuis plus d’un an et demi, et de l’autre, le Hezbollah ne ménage pas son appui au régime. Au fond ils sont quittes." ! Pour Mme. Haddad ils sont donc "quittes" ! ! L'un, le Futur faisant des navettes de par le monde entier cherchant désespérément un appui politique à la Révolte en Syrie, et le hézébbb mettant à la disposition du régime sanguinaire assadique armes et combattants sur le terrain ; et Madame persiste et signe pour encore dire qu'ils sont "QUITTES" ! Il faut avoir du souffle pour pouvoir encore le dire !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    02 h 29, le 08 octobre 2012

  • selo la tradition libanaise,le vainqueur ne peut pas gouverner seul???ah bon....la tradition libanaise... mais quelle tradition libanaise?!on croît rêver...

    GEDEON Christian

    19 h 36, le 07 octobre 2012

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