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Agenda - Récompense

Louay Daoust premier lauréat du prix May Baddour à l’ALBA

Le récipiendaire du prix May Baddour (2e à partir de la droite) entouré d’Ibrahim Najjar, des sœurs et des proches de l’artiste, ainsi que du doyen de l’ALBA et du directeur de la section arts graphiques et publicité.

« C’est avec May Baddour que j’ai compris à quel point les mots de vibration, d’onde magnétique, de flux et bien d’autres noms issus de la mystique extrême-orientale peuvent influencer certains esprits. Les senteurs, l’ordre des lettres, la composition des toiles, l’ordonnancement des étagères, l’agencement des murs, la représentation des formes, tout cela obéit, disait-elle, à une sorte de cosmogonie terrestre. Sans doute, sa sensibilité exacerbée, ses souffrances, sa solitude, ses indéfectibles amitiés, son infini dévouement ont-ils durablement orienté ce qu’il faut bien appeler son art, je veux dire son expression poétique, son désordre immanent. Elle portait, dans son chapeau, une âme vagabonde; elle transcrivait dans son pinceau et ses vitraux son regard d’ailleurs – un regard à la fois scrutateur et aérien. »
Ces mots sont ceux de l’ancien ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, qui rendait hommage hier à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA) à l’artiste peintre May Baddour, disparue prématurément il y a juste un an.
À cette occasion, sa famille a souhaité instaurer un prix annuel à sa mémoire, doté de la somme de 3 000 dollars. Ce prix sera décerné tous les ans à un étudiant de l’ALBA, choisi pour son talent et ses excellents résultats dans sa discipline. Et c’est en présence de Dolly Khawam et Sylvie Saadé, ses sœurs, de M. et Mme Bayda, d’Yvonne Cochrane, du ministre Najjar et son épouse, tous amis proches de May Baddour, qu’a eu lieu la première cérémonie de remise du prix May Baddour. Ont assisté à la cérémonie : le doyen de l’ALBA André Bekhazi, le directeur de la section arts graphiques et publicité Alain Brenas, la responsable administrative de la section, Mme Nayla Majdalani, et la famille du lauréat.
Le prix a été remis à Louay Daoust, étudiant à l’École des arts décoratifs, section arts graphiques et publicité. Il est actuellement en 4e année, spécialisation illustration.
Et Ibrahim Najjar, après avoir mis en exergue l’hypersensibilité de l’artiste, a tenu à se souvenir de « la May des années 50. Jeune amoureuse, fougueuse, joyeuse dans les pommiers de Mejdel Akoura, elle semblait déjà épanouie... Et ses amis, choisis avec un soin et une sensibilité infinis, vous diront à quel point elle recherchait l’atypique, aussi bien à Hadchit près de Bécharré, que des dans les lieux les plus improbables pourvu qu’ils soient authentiques et simples. May n’aurait pas désavoué la cérémonie à l’ALBA, haut lieu de la créativité et de l’effervescence artistique, creuset où la mémoire de Georges Haddad, ce grand humaniste, lui survit », a-t-il assuré.
Citant enfin la famille de May Baddour, Ibrahim Najjar évoque la mort « qui n’est qu’un levier, une étape vers l’infinitude, un lieu où, comme dit la prière, il n’est plus de souffrances ni de douleurs – la souffrance que nous éprouvons pour une disparition précoce ; le remords de n’avoir peut-être pas assez donné pour elle. Désormais, May sait nous regarder et nous dire : me revoilà!» « Le souvenir de May Baddour est en de bonnes mains », a-t-il conclu.
La cérémonie a été clôturée par l’intervention d’Yvonne Cochrane, puis par celle du doyen Bekhazi qui a promis de cultiver la passion de l’art et de la sauvegarde du patrimoine libanais au sein de l’ALBA.
« C’est avec May Baddour que j’ai compris à quel point les mots de vibration, d’onde magnétique, de flux et bien d’autres noms issus de la mystique extrême-orientale peuvent influencer certains esprits. Les senteurs, l’ordre des lettres, la composition des toiles, l’ordonnancement des étagères, l’agencement des murs, la représentation des formes, tout cela obéit, disait-elle, à une sorte de cosmogonie terrestre. Sans doute, sa sensibilité exacerbée, ses souffrances, sa solitude, ses indéfectibles amitiés, son infini dévouement ont-ils durablement orienté ce qu’il faut bien appeler son art, je veux dire son expression poétique, son désordre immanent. Elle portait, dans son chapeau, une âme vagabonde; elle transcrivait dans son pinceau et ses vitraux son regard d’ailleurs – un regard à la fois...