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Économie - Liban - Table Ronde

Nahas : Le Liban va vivre des bouleversements et des changements historiques...

C’est autour d’une question vitale que le RDCL a convié jeudi le ministre de l’Économie et du Commerce Nicolas Nahas et l’ancien ministre Roger Dib. « Comment sauver l’économie du pays », question complexe autour de laquelle les participants se sont penchés avec pour conclusion plus d’obstacles que de véritables solutions.

Le président du RDCL Fouad Zmokhol entouré du ministre de l’Économie Nicolas Nahas (à gauche) et de l’ancien ministre Roger Dib.

Le Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) présidé par Fouad Zmokhol a organisé jeudi une rencontre qui a regroupé aux côtés du ministre de l’Économie Nicolas Nahas ainsi que l’ancien ministre Roger Dib, des économistes, responsables d’organismes économiques ainsi que des experts de la chose juridique.
Prenant la parole, Fouad Zmokhol a rappelé que le Liban avait fait preuve de résilience face à la crise économique mondiale de 2008, malgré une hausse des coûts de production et des prix à la consommation. Soulignant toutefois les répercussions négatives du « printemps arabe » et notamment la crise syrienne sur le Liban, M. Zmokhol a dépeint un tableau sombre où les échanges commerciaux sont au ralenti et où toutes formes de réformes structurelles sont quasi absentes. « Nous avons perdu les 60 % de touristes qui arrivaient au Liban par voie terrestre », a-t-il ainsi déploré, et nous faisons face à une chute libre des exportations, doublée d’une hausse des coûts qui pèse lourd sur le secteur privé.
« Les tensions et les dissensions politiques battent leur plein. Notre système sécuritaire est quotidiennement mis à l’épreuve », a souligné M. Zmokhol, qui a ainsi exhorté le ministre de l’Économie, au nom des instances économiques, à « bâtir une stratégie de défense, de survie et de secours contre la destruction de notre économie ». « L’erreur n’est pas permise », a-t-il ajouté.
Revenant sur le débat autour de la réévaluation de la grille des salaires et la hausse des impôts, le président du RDCL a mis en garde contre la stratégie du « Tax and pay », « une solution des plus dangereuses », selon M. Zmokhol. « Augmenter les taxes pour financer les salaires de la fonction publique est un crime économique », a-t-il asséné.
De son côté, l’ancien ministre Roger Dib a indiqué que le problème se situe au niveau des groupuscules et des communautés qui se sont octroyé un rôle de gouvernement en faisant porter à l’État toute la responsabilité des maux du pays. « Le Liban est atteint d’un paradoxe schizophrène où l’inefficacité de la fonction publique prime parallèlement aux revendications des syndicats radicaux qui demandent des hausses sans précédent de salaires », a-t-il ainsi souligné. « Le système libanais est en devenir et est en état d’urgence permanent », a déploré l’ancien ministre, qui propose de mettre en place une table de dialogue économique avec pour objectifs d’apporter des réformes administratives, économiques et sociales concrètes. « Les administrations de l’État n’ont pas les capacités à des réformes réelles. S’ajoute à celles-ci une absence de statistiques précises », explique Roger Dib. Il propose en outre de réformer la structure de la fonction publique de fond en comble et de décentraliser les services sociaux et urbains dans le cadre d’une supervision juridique stricte.
Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Économie Nicolas Nahas a indiqué que les bouleversements auxquels le Liban fait face vont déboucher sur des changements historiques. Soulignant qu’après les accords de Taëf, la division des responsabilités a déstabilisé l’équilibre économique et défait les liens juridiques qui permettaient le bon fonctionnement des affaires courantes. « Toutes les fois qu’un nouveau gouvernement est élu, le ministre qui prend en charge ses fonctions recommence à zéro sans prendre en compte ce qui a été fait par son prédécesseur, a-t-il ainsi déploré, ce qui retarde tous les programmes de sauvetage de l’économie. » « Il faudrait que les dossiers prioritaires ne soient pas bouleversés toutes les fois qu’un nouveau ministre prend en charge ses fonctions afin de préserver un équilibre socio-économique », a souligné le ministre Nahas.
Malgré des investissements directs étrangers (IDE) stables et des investissements importants dans le pays, le Liban fait face à des bouleversements complexes dus en partie à la crise syrienne. « Il nous faut conserver notre économie coûte que coûte, puisque la conjoncture locale et régionale a mené à une baisse de 4 % des prêts et une chute de 30 % de nos exportations, a-t-il ainsi rappelé. Il faudrait mettre en place un nouveau plan d’action basé sur une stratégie fédératrice, loin des dissensions politiques, avoir une lecture lucide des données économiques, conserver le niveau de croissance et unifier les forces productives », a indiqué le minitre de l’Économie.
Concernant la grille des salaires, le ministre Nahas a promis aux responsables des organismes économiques qu’il ferait tout ce qu’il a en son pouvoir pour protéger le secteur privé des éventuelles retombées d’une réévaluation de la grille des salaires. M. Nahas a résumé en soulignant la nécessité de préserver simultanément un équilibre financier, monétaire, économique et social.
Le Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) présidé par Fouad Zmokhol a organisé jeudi une rencontre qui a regroupé aux côtés du ministre de l’Économie Nicolas Nahas ainsi que l’ancien ministre Roger Dib, des économistes, responsables d’organismes économiques ainsi que des experts de la chose juridique.Prenant la parole, Fouad Zmokhol a rappelé que le Liban avait fait preuve de résilience face à la crise économique mondiale de 2008, malgré une hausse des coûts de production et des prix à la consommation. Soulignant toutefois les répercussions négatives du « printemps arabe » et notamment la crise syrienne sur le Liban, M. Zmokhol a dépeint un tableau sombre où les échanges commerciaux sont au ralenti et où toutes formes de réformes structurelles sont quasi absentes. « Nous avons perdu les...
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