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Économie - Analyse

Les hésitations allemandes sur la fusion EADS-BAE irritent les industriels

L’action EADS a perdu 17 % de sa valeur depuis l’annonce du projet le 12 septembre et la perspective d’un report de la décision pourrait affoler les marchés.
Les hésitations de Berlin devant le projet de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems pour créer un géant européen de l’aéronautique et de la défense irritent les industriels pressés de conclure. EADS, maison mère d’Airbus, premier constructeur aéronautique mondial, et BAE, numéro un de la défense en Europe, comptent présenter leur projet de rapprochement aux autorités boursières britanniques d’ici au 10 octobre, même s’ils ont la possibilité de demander une extension de ce délai réglementaire. Ce projet doit recevoir l’aval des gouvernements allemand, britannique et français en raison de ses enjeux stratégiques.
« Je pense que nous aurons besoin de plus de temps », a déclaré hier le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, après une rencontre à Chypre avec ses homologues français et britannique. « On s’avance vers une extension probable des délais », a confirmé une source française proche du dossier. EADS a aussitôt fait savoir qu’il comptait tenir la cadence. « Notre intention reste de fournir les clarifications nécessaires d’ici au 10 octobre à la commission britannique des offres publiques d’achat », a déclaré un porte-parole. De sources proches du groupe, on se demande pourquoi des gouvernements, informés avant l’été et qui avaient donné un accord de principe sur le rapprochement auraient besoin de plus de temps. « Les contacts avec les gouvernements sont presque quotidiens, on a répondu à toutes les questions, ils ont toutes les cartes en main, fait-on valoir. Il est temps de dépasser les égoïsmes nationaux, il faut qu’ils se décident. »
L’action EADS a perdu 17 % de sa valeur depuis l’annonce du projet le 12 septembre et la perspective d’un report de la décision pourrait affoler les marchés, de plus les clients commencent à poser des questions, ajoute-t-on. « Plus la décision tarde, plus cela donne du carburant aux sceptiques », a confirmé Christophe Menard, analyste chez Kepler Capital Markets.
EADS se garde de montrer du doigt un gouvernement, mais c’est Berlin qui traîne les pieds. « Je comprends l’énervement des gens d’EADS quand on voit la désorganisation du côté allemand, a poursuivi l’expert proche des négociations. On pourrait vivre avec la prolongation du délai, mais on ne sait pas ce que les Allemands veulent, ce qui les intéresse. » Contrairement aux gouvernements français et britannique qui se sont organisés et ont réparti les responsabilités entre les ministères, en Allemagne « on n’arrive pas à engager des discussions concluantes », dit-il.
Tom Enders, le patron d’EADS, a tenté de rassurer Berlin en assurant mercredi à la commission des affaires économiques du Bundestag que « les actifs en Allemagne resteront en Allemagne » et des garanties écrites seront fournies à chacun des États, indique-t-on de source proche de l’opération. Berlin semble aussi s’inquiéter de perdre la parité avec Paris que lui garantit le pacte d’actionnaires conclu à la création d’EADS en 2000. Ce pacte sera dissous du fait de la fusion, et la France entend conserver sa part au capital, alors que l’Allemagne n’en a pas. Mais cette part, ramenée mathématiquement à 9 %, ne lui permettra pas d’intervenir dans la gestion du groupe, expliquent les experts qui accompagnent l’opération. En revanche, l’Allemagne et la France recevront une « action spéciale », comme celle que détient l’État britannique dans BAE Systems et la conservera dans la nouvelle société. Cette action lui permet de s’opposer à quiconque acquiert plus de 15 % de la société sans son accord.
(Source : AFP)
Les hésitations de Berlin devant le projet de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems pour créer un géant européen de l’aéronautique et de la défense irritent les industriels pressés de conclure. EADS, maison mère d’Airbus, premier constructeur aéronautique mondial, et BAE, numéro un de la défense en Europe, comptent présenter leur projet de rapprochement aux autorités boursières britanniques d’ici au 10 octobre, même s’ils ont la possibilité de demander une extension de ce délai réglementaire. Ce projet doit recevoir l’aval des gouvernements allemand, britannique et français en raison de ses enjeux stratégiques.« Je pense que nous aurons besoin de plus de temps », a déclaré hier le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, après une rencontre à Chypre avec ses homologues...
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