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Liban - Éclairage

Syrie : le remake libanais

La crise syrienne semble être entrée dans une nouvelle phase. Si les combats et les explosions se poursuivent sur le terrain, faisant chaque jour de nouvelles victimes, une lueur d’espoir commence à poindre à l’horizon. Elle a d’ailleurs été évoquée par l’émissaire de l’ONU Lakhdar Brahimi qui a déclaré aux Nations unies voir une possibilité lointaine de solution. Selon un spécialiste du dossier syrien, le tournant décisif a été marqué par la bataille d’Alep qui s’éternise. Lorsque cette bataille a été lancée, estime ce spécialiste, l’opposition croyait pouvoir occuper rapidement la ville et ouvrir la voie avec la Turquie (le mohafazat d’Alep fait deux fois le Liban), portant un coup majeur au régime et réduisant de façon significative son autorité. Or, non seulement le régime tient encore le coup, mais de plus, en dépit de l’afflux d’armes et de jihadistes dans la région, il continue à avancer lentement.
De son côté, le régime syrien croyait lui aussi pouvoir mater rapidement l’opposition à Alep, se basant sur le fait qu’il bénéficie de l’appui d’une partie non négligeable de la population de cette agglomération. Pour accélérer l’issue de la bataille, il a utilisé son aviation militaire, à laquelle l’opposition a répondu en utilisant ses nouvelles armes de défense antiaérienne. C’est dire que les deux parties ont abouti à une sorte de statu quo qui fait qu’aucune d’elles ne peut vaincre l’autre. Elles sont ainsi entrées dans une guerre d’usure sanglante qui ne mènera qu’à l’affaiblissement considérable des deux camps en attendant que leurs « parrains » décident enfin d’arrêter la partie et de parvenir à un accord.
Le spécialiste du dossier syrien précise que la situation actuelle ressemble beaucoup à celle qui prévalait au Liban pendant la guerre civile, lorsque, au bout d’un certain temps, aucune partie ne parvenait à enregistrer des percées, alors que les lignes de démarcation étaient restées inchangées pendant des années interdisant à un camp ou à un autre d’avancer ne serait-ce que de quelques mètres. Ce n’est que lorsqu’il y a eu un déblocage international – dans ce cas précis, il s’agissait d’un accord entre les États-Unis et la Syrie – qu’il y a eu au Liban des développements majeurs sur le terrain qui ont abouti à l’accord de Taëf, lequel avait commencé à se préparer quelque temps avant son adoption.
Pour l’instant, la solution est encore interdite en Syrie et, sauf imprévu, aucun camp n’est autorisé à éliminer l’autre. Le spécialiste du dossier syrien est convaincu qu’au début, l’Occident aidé par certains pays arabes voulait réellement se débarrasser du régime syrien. Mais le fait que celui-ci a tenu bon, faisant preuve d’une grande capacité de survie et de cohésion interne, en dépit des pressions à la fois politiques, militaires et économiques, a modifié la donne. Le fait aussi qu’il bénéficie de l’appui inconditionnel de l’Iran et d’une aide stratégique de la part de la Russie et de la Chine a plus ou moins stabilisé les rapports de force. Même s’il voulait faire des concessions – et la tenue des congrès de l’opposition à Damas en présence des ambassadeurs d’Iran, de Russie et de Chine, au cours des derniers jours, en est une –, cela n’aboutirait pas à une solution, puisque les parrains des deux camps ne sont pas encore prêts à discuter. Pour le spécialiste du dossier syrien, il ne faudrait donc rien envisager avant l’élection présidentielle américaine et l’entrée en fonctions du nouveau président en janvier 2013. C’est pourquoi, selon lui, Lakhdar Brahimi a évoqué « une possibilité de solution lointaine ». Autrement dit, même si l’échéance est encore lointaine, on commence à voir le bout du tunnel, qui consisterait dans la tenue d’une réunion élargie regroupant des représentants des États-Unis, de la Turquie, de l’Iran, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, de la Chine, de la France et de la Russie qui superviserait la tenue d’un accord interne syrien dans le genre de l’accord de Taëf au Liban. La nouvelle phase consiste donc dans le fait que l’on commence à préparer une réunion de ce genre. L’initiative de l’Égypte de former une commission quadripartite regroupant des représentants égyptiens, saoudiens, turcs et iraniens s’inscrit dans ce cadre. Et si l’Arabie saoudite n’a pas participé à la première réunion de cette commission, elle n’en est pas moins informée de ses travaux. La réunion qui s’est tenue en marge du sommet de La Mecque entre le roi Abdallah d’Arabie et le président iranien Ahmadinajad a d’ailleurs abouti à un déblocage des relations entre les deux pays. Les deux dirigeants se sont ainsi entendus pour d’abord faire baisser la tension entre les sunnites et les chiites dans la région, ensuite pour appuyer la mission de l’émissaire de l’ONU Lakhdar Brahimi ainsi que pour laisser faire la commission voulue par l’Égypte.
Le chemin est encore long, et si les explosions d’hier sont interprétées comme montrant la capacité de l’opposition syrienne à frapper au cœur de la capitale un siège militaire, elles n’en restent pas moins une date sanglante parmi d’autres. Sur le terrain, chaque camp tente d’améliorer ses positions, mais la clé de la solution est ailleurs. Les Syriens pourraient être en train de rater leur rendez-vous avec le changement et pour l’instant, ils sont, comme l’ont longtemps été les Libanais, des victimes sacrifiées sur l’autel des intérêts régionaux et internationaux.
La crise syrienne semble être entrée dans une nouvelle phase. Si les combats et les explosions se poursuivent sur le terrain, faisant chaque jour de nouvelles victimes, une lueur d’espoir commence à poindre à l’horizon. Elle a d’ailleurs été évoquée par l’émissaire de l’ONU Lakhdar Brahimi qui a déclaré aux Nations unies voir une possibilité lointaine de solution. Selon un spécialiste du dossier syrien, le tournant décisif a été marqué par la bataille d’Alep qui s’éternise. Lorsque cette bataille a été lancée, estime ce spécialiste, l’opposition croyait pouvoir occuper rapidement la ville et ouvrir la voie avec la Turquie (le mohafazat d’Alep fait deux fois le Liban), portant un coup majeur au régime et réduisant de façon significative son autorité. Or, non seulement le régime tient encore le...
commentaires (5)

On dira que la coalition mondiale contre le regime legitime de Syrie pietine. Les forces en presence, d'un cote les occidentaux, les bensaouds de tout poil et israel+us et Turquie, de l'autre la Syrie , l'Iran la Russie et la Chine, sur le papier la superiorite est du cote du 1er groupe, en d'autres temps ils auraient remporte la victoire sans aucun doute, mais depuis 2006, ou avait a peu pres le meme schema, avec une force de resistance confirmee et qu'il faut rappeler qu'on croyait battue d'avance, on se rend compte de plus en plus que sur le terrain c'est une autre partie qui se fait jour. On ne doit pas encore se laisser prendre au jeu de "match nul", car s'il y a reglement ou accord de quoi que se soit sans une nette victoire du camp des pourvoyeurs de mercenaires, cela doit etre considere comme une cuisante defaite de ceux ci, une de plus une fois de plus. Il m'arrive des jours comme celui ci de trouver Scarlett un peu tendre, normal c'est une femme tendre qui ne supporte pas de voir le sang d'innocentes personnes couler inutilement. Comme moi.

Jaber Kamel

08 h 31, le 28 septembre 2012

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Commentaires (5)

  • On dira que la coalition mondiale contre le regime legitime de Syrie pietine. Les forces en presence, d'un cote les occidentaux, les bensaouds de tout poil et israel+us et Turquie, de l'autre la Syrie , l'Iran la Russie et la Chine, sur le papier la superiorite est du cote du 1er groupe, en d'autres temps ils auraient remporte la victoire sans aucun doute, mais depuis 2006, ou avait a peu pres le meme schema, avec une force de resistance confirmee et qu'il faut rappeler qu'on croyait battue d'avance, on se rend compte de plus en plus que sur le terrain c'est une autre partie qui se fait jour. On ne doit pas encore se laisser prendre au jeu de "match nul", car s'il y a reglement ou accord de quoi que se soit sans une nette victoire du camp des pourvoyeurs de mercenaires, cela doit etre considere comme une cuisante defaite de ceux ci, une de plus une fois de plus. Il m'arrive des jours comme celui ci de trouver Scarlett un peu tendre, normal c'est une femme tendre qui ne supporte pas de voir le sang d'innocentes personnes couler inutilement. Comme moi.

    Jaber Kamel

    08 h 31, le 28 septembre 2012

  • La Violence et le Confessionnalisme sont 2 phénomènes équitablement répartis entre Syriens et Libanais. Seule la manière dont ils s’expriment change + ou - entre eux. Les études menées par plusieurs experts patentés originaires de ce "fertile! croissant?" Crevassé sur leur violence et leur confessionnalisme commun, en n’abordant presque jamais évidemment la violence faite aux Sains libanais tout en gonflant systématiquement celle faite aux "baassyriens", tend à maintenir une dangereuse dichotomie entre eux ; produisant l’image d’un "baassdiot" victime face à un Sain libanais violent et confessionnel. Considérer ce Libanais Sain comme un monstre dont "l’assadique" nusayrîsé serait l’éternelle victime plutôt victimisée, est de la pure fumisterie. Qui n’est due qu’à un sentiment d'aversion pour les Libanais en général, ou à une doctrine professant l'infériorité du Sain libanais tout en fierté par rapport bien sûr à cet "assadiot" lui par contre carrément pâmé ; ya hassértééhh. Moult chercheurs brevetés issus de ce duo de kottors-contrées ont donc publié leurs recherches sur ce phénomène éhhh Syro-libanais, mais ont dû attendre des années avant qu’un éditeur lui éhhh Sain libanais n’ose leurs travaux éditer ! Il est temps qu’ils reviennent à une Saine "fraternité!?" ; bis ! ; entre eux, yâ äaïynééhh. Ces Protégés Français trop tôt "dé Mandatés" si Simplets. Mahééék ya wâïylééhh ?

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    03 h 14, le 27 septembre 2012

  • Madame Scarlett Haddad, reportage et analyse très objectifs car décrivant les faits tels qu'ils sont sur le terrain. Les marchandages ont commencé, ça prendra un peu de temps, et c'est le Modèle Libanais, un Taëf pour la Syrie, qui sera agréé. Espérons qu'il sera plus clair que le nôtre. Mais cela s'appellera, de toute façon, une "victoire de l'opposition" ( et pas celle muselée et contrôlée, un simulacre d'opposition, réunie à Damas, des sbires... ) qui aura réussi le changement dans le pays, une démocratie consensuelle ( combien je hais ces deux mots mariés ensemble et qui se contredisent...) à l'image de celle du Liban. Le pays sera arraché du camp de la supposée Moumana3a... Victoire de l'Opposition, DONC ! Bonne journée.

    SAKR LEBNAN

    01 h 29, le 27 septembre 2012

  • Des victimes donc....et c''est vrai...mais çà doit leur faire bizzare d'être passés en si peu de temps du statut de bourreaux à celui de victimes,d'envahisseur à envahi,d'occupant à occupé,de massacreurs à massacrés,de pilleurs à pillés....de parrains à parrainés!Fallait pas embêter le Liban,çà ne porte pas bonheur.Y a encore des amateurs?

    GEDEON Christian

    21 h 55, le 26 septembre 2012

  • Avant c'était soit "une source", soit "un diplomate" ! Maintenant c'est au tour "d'un spécialiste" ! !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    21 h 24, le 26 septembre 2012

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