« Cette décision a été prise à un très bon moment », a estimé Bella Zlatkis, vice-présidente de Sberbank. Andrey Smirnov/AFP
Cette opération doit ramener la participation de la Banque centrale de Russie (BCR), premier actionnaire dans Sberbank, à 50 % plus une voix, ont indiqué les deux institutions dans un communiqué.
Prévue dès 2010 dans le cadre d’une nouvelle vague de privatisations destinée à apporter au budget russe près de 1 000 milliards de roubles (24 milliards d’euros), cette vente avait été retardée en raison de la forte volatilité sur les marchés financiers provoquée notamment par les troubles dans la zone euro.
« Nous avons soigneusement suivi ce qui se passait sur les marchés » depuis l’annonce du projet de vente, a déclaré lors d’une conférence de presse Sergueï Chvetsov, vice-président de la BCR.
Il a observé que le moment choisi était « plutôt pas mal », les marchés ayant repris confiance après les mesures annoncées ces dernières semaines par la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE).
« Cette décision a été prise à un très bon moment », a renchéri Bella Zlatkis, vice-présidente de Sberbank, soulignant par ailleurs que les résultats de la banque étaient « exceptionnellement favorables à une mise en Bourse » de ses actions.
Les analystes ont aussitôt salué cette nouvelle. « Cette offre de la BCR est faite au moment opportun », estime Alfa-Bank dans une note.
« Nous pensons que l’opération sera un succès compte tenu du fort appétit (des investisseurs, NDLR) » après les annonces de la BCE et de la Fed, juge de son côté VTB Capital.
Concrètement, la vente de 1 712 994 999 actions, soit 7,58 % du capital de Sberbank, s’effectuera en dollars sous forme de Global Depositary Shares (GDS, paquets d’actions ordinaires libellés en dollars) à la Bourse de Londres et en roubles sous forme d’actions ordinaires à la Bourse de Moscou (Micex).
Le prix initial est fixé à 91 roubles (2,96 dollars, 2,26 euros) minimum par action sur la place de Moscou. Le livre d’ordres doit être clôturé en principe ce soir.
Dès hier soir, plusieurs sources de marché ont indiqué à l’agence Interfax que l’offre avait été entièrement souscrite.
Le paquet d’action est actuellement valorisé à 5,4 milliards de dollars.
« Cette vente représente pour nous une possibilité de diversifier un peu plus la base d’investisseurs de Sberbank et d’être coté sur une place boursière internationale », a commenté Guerman Gref, le PDG de la banque, cité dans le communiqué.
« Nous voyons cela comme une étape déterminante dans notre plan plus large visant à renforcer la position de Sberbank comme institution financière russe majeure et à en faire l’une des principales banques mondiales en termes de profitabilité, d’efficacité opérationnelle et de qualité de services », a-t-il ajouté.
Sberbank, créée en 1990, est un acteur majeur en Russie, où elle détient près de la moitié des économies de la population et délivre environ un tiers des crédits. Avec près de 19 000 agences dans le pays, elle emploie environ 240 000 personnes.
La banque a ces derniers mois mené une politique d’expansion tous azimuts.
En septembre, elle a finalisé la création de sa coentreprise avec le français Cetelem, filiale de BNP Paribas, spécialisée dans le crédit à la consommation en Russie, après avoir acquis en juin la filiale turque de Dexia, Denizbank. En 2011, elle avait racheté la banque Troïka Dialog et VBI, la filiale internationale de la banque autrichienne Volksbank ÖVAG.
(Source : AFP)


Washington condamne « l'attaque scandaleuse » imputée à l'Iran ayant visé l'aéroport à Koweït