Selon la LBC, les services de renseignements des FSI ont pu mettre la main sur l’enregistrement radiophonique des propos que les deux hommes ont échangés alors qu’ils se trouvaient ensemble à bord du véhicule. Michel Samaha avait, semble-t-il, depuis 2010, muni sa voiture d’un appareil d’enregistrement électronique. Les FSI s’attellent à retranscrire la teneur de la conversation, qui est de trois heures, avant de la remettre au procureur général près le tribunal militaire. Mais Sayyed a estimé hier que « l’aveu par les FSI, aujourd’hui, qu’elles détiennent les enregistrements audio est la conséquence des mises en garde que j’ai adressées lors de la conférence de presse (mardi) concernant l’illégalité de cacher ces enregistrements ».
En soirée, le député Nohad Machnouk a indiqué qu’il ressort de l’enregistrement que Sayyed aurait dit à Samaha que Walid Joumblatt était en tête de la liste des personnalités à assassiner.
Notons que d’autres éléments de preuve se basent sur les données téléphoniques qui retracent le lieu et la date des appels effectués entre Samaha et Sayyed. Hier, le président de la commission chargée d’examiner la légalité des procédures relatives aux écoutes téléphoniques, le juge Hatem Madi, a informé le ministre des Télécommunications Nicolas Sehnaoui que la commission a donné exceptionnellement son accord à la prorogation de la durée accordée aux services de sécurité pour l’examen des données téléphoniques, jusqu’au 19 du mois courant, inclus, alléguant la visite du pape. Par ailleurs, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, a fourni aux services de renseignements des FSI les noms de toutes les personnes impliquées dans le dossier Samaha, parmi lesquelles l’attachée de presse du président syrien, Bouthaina Chaabane, et le général Ali Mamlouk, chef du bureau de la Sûreté nationale syrienne.
D’autre part, les avocats de la défense de Michel Samaha ont assuré que « le juge Riad Bou Ghida n’a pas fixé de date » pour le prochain interrogatoire de leur client. Ils ont également affirmé qu’il n’y aura pas d’audience pour le général Sayyed « en tant que témoin dans l’affaire ».
Signalons dans ce cadre que le député du bloc du Futur Khodr Habib a appelé la justice à arrêter Sayyed, « le premier homme des renseignements syriens au Liban », tandis que le conseiller politique de l’Armée syrienne libre, Bassam Dada, a révélé l’existence de « témoins qui peuvent confirmer l’implication du général Sayyed dans le plan de l’ancien ministre et député Michel Samaha ». Il a également fait part de l’implication d’ « une personnalité libanaise centriste dans cette affaire ».

