Un « consensus » s’est dégagé samedi pour le renforcement des sanctions européennes contre le régime du président syrien Bachar el-Assad, a indiqué le jour même la ministre chypriote des Affaires étrangères, Erato Kozakou-Marcoullis, dont le pays préside l’UE. « Il y a consensus (...) sur l’augmentation des sanctions en Syrie », a-t-elle déclaré à l’issue d’une réunion à Paphos (Chypre) avec ses homologues de l’Union européenne. Il s’agirait du dix-huitième train de sanctions décidé depuis le début de la crise syrienne en mars 2011. « Si on veut faire bouger les choses, il faut qu’à l’égard du clan de Bachar el-Assad les sanctions soient renforcées », a estimé pour sa part le ministre français Laurent Fabius, précisant avoir « senti un très large rassemblement » lors du débat entre les ministres. Ces derniers sont également d’accord pour « renforcer le soutien à l’opposition unie, et en particulier au travail que fait l’émissaire international Lakhdar Brahimi », a-t-il précisé.
Toutefois certains, comme le Suédois Carl Bildt, sont prudents à l’égard d’un renforcement des mesures européennes, décidées unilatéralement du fait du veto russo-chinois à l’ONU. « Nous pouvons le faire même si je ne pense pas que cela ait eu des effets majeurs » jusqu’ici sur le terrain, a jugé M. Bildt.
Selon Mme Kozakou-Marcoullis, les ministres ont également dégagé un consensus sur « l’approche européenne en ce qui concerne la situation humanitaire », notamment dans les pays voisins de la Syrie. L’UE a porté vendredi son aide à plus de 200 millions d’euros, et plusieurs pays ont promis d’en faire encore davantage. Les Européens vont envoyer de l’aide « massivement dans les prochaines semaines et prochains mois, avant tout dans des pays comme la Turquie, la Jordanie et le Liban, qui sont confrontés avec la question des réfugiés », a précisé le Luxembourgeois Jean Asselborn.
Parallèlement, face à l’impasse sur le dossier nucléaire iranien, l’UE a brandi la menace d’un renforcement des sanctions déjà sévères à l’encontre de Téhéran, au moment où Moscou a jugé qu’elles nuisaient aux intérêts économiques russes. À Paphos, de nombreuses voix se sont élevées en faveur d’un renforcement des sanctions européennes, mais aussi internationales. « On est vraiment dans une logique de consensus à ce sujet », a dit le ministre belge Didier Reynders. S’il n’y a pas d’évolution côté iranien, le nouveau train de sanctions européennes sera décidé d’ici à la mi-octobre, a-t-il ajouté. Ces sanctions viendraient s’ajouter à un arsenal très étendu de sanctions bancaires et commerciales, internationales, complété par des sanctions unilatérales décidées par l’Europe et les États-Unis.
(Source : AFP)
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