Après plusieurs mois de rumeurs, ce dirigeant réputé pour son goût du poker a dévoilé ses cartes en annonçant mardi l’ouverture de négociations en octobre avec la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). « Santos ne joue pas seulement sa réélection en 2014, mais aussi son propre destin », a estimé Leon Valencia, directeur de la fondation Nuevo Arco Iris, spécialiste du conflit colombien.
Au pouvoir depuis 2010, M. Santos, 61 ans, s’est notamment démarqué de son prédécesseur et ancien mentor Alvaro Uribe, chantre de la politique de fermeté à l’égard des FARC, devenu l’un de ses plus féroces opposants. À deux ans de la présidentielle, le chef de l’État va donc affronter un débat très vif à la suite du dialogue avec les FARC, face aux partisans de M. Uribe, dont M. Santos fut ministre de la Défense. Une expérience que ce dernier a justement invoquée pour se présenter comme le garant de la sécurité des Colombiens, en martelant que les négociations avec les FARC n’entraîneraient « ni démilitarisation ni arrêt des opérations militaires ».
À son actif, comme ex-ministre de la Défense, il peut déjà se prévaloir de plusieurs succès face aux FARC avec notamment en 2008 la libération de leur otage le plus médiatique, l’ancienne candidate présidentielle Ingrid Betancourt, ou la mort du porte-parole des FARC, Raul Reyes, lors d’un raid militaire. Sur le plan diplomatique, il a également étonné le pays avec une rapide réconciliation avec son homologue vénézuélien Hugo Chavez, qui avait rompu les relations diplomatiques avec la Colombie d’Uribe. Favorable au retour de Cuba dans les instances politiques latino-américaines, il s’est aussi assuré le soutien de La Havane, qui ont abrité les premiers contacts entre la guérilla et le gouvernement colombien.
« Le bloc majoritaire est représenté par Santos et il est plus moderne, urbain, démocratique. Et il croit en la nécessité de s’assurer une bonne place dans l’économie internationale », explique un autre politologue colombien, Francisco Giraldo. Un argument de poids qui peut convaincre de nombreux Colombiens, épuisés par les effets du conflit armé, et dont 60 % sont favorables à l’ouverture de négociations, selon un récent sondage.
(Source : AFP)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve