Des blindés égyptiens arrivaient hier en renfort à Rafah, au lendemain d’une opération d’envergure contre les groupes terroristes armés. Mohamed Abd El Ghany/Reuters
Cet incident aux circonstances floues intervient au lendemain d’une opération de l’armée égyptienne dans le cadre d’une campagne contre les groupes islamistes du Sinaï. L’armée égyptienne a d’ailleurs qualifié de « succès total » cette opération terrestre et aérienne exceptionnelle menée contre des « terroristes » dans la péninsule, affirmant qu’elle visait « à assurer le contrôle et rétablir la sécurité (dans la péninsule) en pourchassant et en ciblant les éléments terroristes armés ». Une source militaire et la télévision d’État avaient ensuite fait état de vingt activistes tués dans des frappes menées mercredi à l’aube par des hélicoptères Apache, dans le secteur du village de Toumah, près de l’enclave palestinienne de Gaza. C’est la première fois, depuis des décennies, que des frappes aériennes de l’armée sont rapportées dans le Sinaï, où sa présence est restreinte par le traité de paix signé en 1979 avec Israël.
Rappelons que dimanche soir, un commando avait tué seize gardes-frontières égyptiens près de la frontière avec Israël, avant de pénétrer en territoire israélien où il avait été neutralisé. Selon l’armée égyptienne, les assaillants avaient reçu l’appui de tirs d’obus de mortier venus du territoire palestinien de Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste Hamas. Le chef du gouvernement du Hamas Ismaïl Haniyeh avait aussitôt démenti toute implication des habitants de la bande de Gaza dans cette opération.
Après l’attaque, le président égyptien Mohammad Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, avait déclaré que des « instructions claires » avaient été données pour reprendre « le contrôle total du Sinaï ». Israël, également visé par l’attaque de dimanche, a salué les efforts menés par Le Caire pour reprendre en main une région où l’insécurité a fortement progressé depuis la chute du président Hosni Moubarak en février 2011, tout en continuant d’exprimer ses craintes sur la situation dans le Sinaï, où se croisent activistes hostiles à l’État hébreu, trafiquants d’armes et de drogue, et sympathisants d’el-Qaëda.
Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, avait pour sa part déclaré que l’Égypte agissait « à un degré et avec une détermination que je ne me rappelle pas avoir vus ». « À savoir si cela se traduira par la reprise du contrôle du Sinaï, pour que nous n’ayons plus à nous inquiéter comme ça a été le cas ces derniers mois, je l’ignore », a-t-il ajouté sur Radio Israël.
L’armée égyptienne avait lancé à l’été 2011 une vaste offensive contre des groupes radicaux installés dans cette région désertique et accidentée, propice aux activités clandestines.
Les Bédouins, qui constituent la majorité de la population du Sinaï, entretiennent de longue date des relations difficiles avec le pouvoir central à qui ils reprochent de les délaisser et de n’accorder d’attention qu’aux lucratives stations touristiques de la côte et au pompage de gaz vendu à Israël.
(Source : agences)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve