Autoportrait de la photo-portraitiste.
Zéna ZALZAL
Sur les murs de La bouteille* un jeune couple très rock’n’roll s’affiche, jusqu’au 12 août, dans une série de photos en noir et blanc, de grandes et moyennes dimensions, signées Nina Charabati.
Immortalisé dans un enchaînement d’attitudes à la fois joueuses et sensuelles, de gestes furtifs, de regards coulés en coin ou détournés, ce duo offre, selon l’artiste, « une interprétation visuelle à cette envie qu’éprouve tout un chacun de se rapprocher de l’autre sans oser, cependant, faire le premier pas ».
Intitulée « Mamihlapinatapei », terme tiré d’un ancien dialecte d’Amérique latine qui signifie, justement, « le silencieux regard échangé entre deux personnes qui désirent entamer la même chose, mais dont chacun des deux attend que l’autre le fasse », cette série mêle les deux passions de la jeune photographe : l’expression artistique et la psychologie.
« En fait, j’avais commencé par entamer des études de psychologie à l’UL mais, le système ne me convenant pas, j’ai laissé tomber au bout de deux ans, raconte-t-elle. Je me suis alors tourné vers la gestion hôtelière, domaine dans lequel j’ai travaillé pendant 8 ans. En 2006, suite à la guerre de juillet, j’ai ressenti le besoin de changer d’emploi. J’ai alors intégré une entreprise de software. Et c’est au cours d’un voyage de travail en Côte d’Ivoire que j’ai réellement découvert la photographie. Jusque-là, je m’amusais à prendre des photos sympas, qui plaisaient beaucoup à mes amis, avec la caméra de mon téléphone portable. Mais pour ce voyage en Afrique, je voulais rapporter des photos souvenirs. J’ai donc acheté un appareil, avant d’embarquer, à l’aéroport. J’ai tellement adoré la Côte d’Ivoire que je n’ai plus lâché ma caméra durant tout mon séjour. »
Elle en ramène des centaines de clichés « sentis » et une évidence : « L’envie de m’exprimer par la photo », dit-elle. Nina Charabati, qui ne fait pas les choses à moitié, s’y attelle dès lors sérieusement, prend quelques cours, lit des manuels, développe sa technique. Puis quitte son job et s’installe comme portraitiste de famille. « Je photographie les fiancés, leur mariage et, souvent, je les suis à travers les développements de leur vie : la femme enceinte, les enfants... J’aime cette facette de mon travail, assure la jeune femme. Cela correspond à mon goût pour les relations humaines. Les gens évoluent et j’évolue avec eux. » La caractéristique de ses clichés ? « J’essaye toujours de donner une perspective tendre et sensible de mes sujets. J’aime capter l’harmonie des êtres à travers ma caméra », affirme encore cette adepte du Theta Healing, une technique new age de recherche du bien-être.
« Une technique qui m’a aidée à me trouver et, notamment, à ne pas craindre de me lancer dans une carrière artistique qui me tentait depuis toujours, affirme Nina Charabati. Car l’expression artistique est très intime, très personnelle. Elle dévoile toujours beaucoup de choses de son auteur... ».
Pour ne pas tomber dans la photo-cliché, Nina Charabati a entamé, ces derniers mois, parallèlement à ses travaux de commande, de nouvelles œuvres plus artistiques et personnelles. Une première série en noir et blanc sur le thème de la Fête de la musique lui ouvre la voie à une inspiration plus libre. Celle que lui souffle naturellement son attrait pour l’interconnexion entre les gens. Lequel se manifeste de manière à la fois épurée et dynamique dans la suite d’images intitulées « Mamihlapinatapei » et captant de subtils moments d’émotion...
Un jeune talent à suivre.
* Pub à Mar Mikhaël. Horaire d’ouverture : 20h30.
Sur les murs de La bouteille* un jeune couple très rock’n’roll s’affiche, jusqu’au 12 août, dans une série de photos en noir et blanc, de grandes et moyennes dimensions, signées Nina Charabati. Immortalisé dans un enchaînement d’attitudes à la fois joueuses et sensuelles, de gestes furtifs, de regards coulés en coin ou détournés, ce duo offre, selon l’artiste, « une interprétation visuelle à cette envie qu’éprouve tout un chacun de se rapprocher de l’autre sans oser, cependant, faire le premier pas ». Intitulée « Mamihlapinatapei », terme tiré d’un ancien dialecte d’Amérique latine qui signifie, justement, « le silencieux regard échangé entre deux personnes qui désirent entamer la même chose, mais dont chacun des deux attend que l’autre le fasse », cette série mêle...

