M. Lebedev, lui-même ancien membre du KGB, dont la fortune est estimée à 1,1 milliard de dollars selon un classement du magazine Forbes de 2012, estime néanmoins qu’il ne pourra pas vendre ses actifs russes car les acheteurs potentiels veulent d’abord obtenir la permission des hautes sphères du pouvoir.
« Je suis dans une situation où il n’y a que deux possibilités de sortie : ou bien je vends mon affaire ou bien je l’abandonne. La vente est irréalisable, donc je me retire tout simplement des affaires », a-t-il alors déclaré, sans plus de précisions.
Détenant les journaux anglais The Independent et Evening Standard, et copropriétaire du journal d’opposition Novaïa Gazeta, où travaillait la journaliste assassinée en 2006 Anna Politkovskaïa, M. Lebedev, 52 ans, s’est montré à maintes reprises très critique envers le régime russe, dénonçant la corruption endémique et le fonctionnement du système judiciaire. Il ne cache pas non plus son soutien à l’avocat, blogueur et pourfendeur de la corruption Alexeï Navalny, l’une des grandes figures de la contestation contre le président Vladimir Poutine. Cette semaine, M. Navalny s’est vu signifier une interdiction de quitter son lieu de résidence (Moscou et sa région) dans le cadre d’une enquête contre lui pour « détournement à grande échelle », une accusation passible de 10 ans de prison. Fin juin, grâce aux voix de l’oligarque, M. Navalny avait réussi à entrer au conseil d’administration d’Aeroflot, la première compagnie aérienne russe, dans laquelle M. Lebedev détient des parts. Dès lors, l’homme d’affaires n’hésite pas à lier ses positions politiques aux pressions dont il se dit victime. « On me dit que je suis un sponsor de l’opposition (...). Je pense que c’est justement pour cela que j’ai perdu tous les arbitrages, que mes demandes et plaintes officielles aux organes compétents ne sont même pas examinées », a-t-il affirmé.
En 2011, une enquête a été ouverte contre celui qui a fait fortune dans le secteur bancaire privé dans les années 90, après qu’il a frappé de coups de poing au visage un autre richissime homme d’affaires sur le plateau d’une émission de télévision. Par ailleurs, sa banque, la Banque nationale de réserve, a fait l’objet de perquisitions par la police.
(Source : AFP)

