Ils ont indubitablement certains avantages. Ce sont de bons outils de communication, de promotion pour les entreprises commerciales. C’est bien en communiquant via ces réseaux que les acteurs du printemps arabe ont renversé trois gouvernements (Tunisie, Égypte, Libye). Ce sont également des outils d’information ; leur diffusion est gratuite ; ils constituent des outils de rapprochement, de partage, des outils valorisants ;
ils contribuent pour de nombreuses personnes à renforcer leur ego. Enfin, ils sont des outils relationnels et un remède à la solitude.
Mais il reste le revers, qui est bien lourd. Le problème est que ces réseaux sociaux favorisent à l’extrême le voyeurisme et le narcissisme. Chaque personne devient son propre média de masse qui pense que sa vie est une suite de scoops que tout le monde veut et doit connaître. La culture du partage s’est transformée en « surpartage », avec une direction vers la haine, la xénophobie et le racisme. Ces réseaux vont détruire notre espèce sur le long terme ! Le fait est qu’ils nous plongent dans une sorte d’hypnose collective qui nous fait oublier les relations humaines. À tel point qu’on a dû inventer le terme IRL (In real life) pour montrer qu’on sort de sa chambre une fois par semaine, et encore. Nous avons oublié les plaisirs traditionnels tels que la musique, les films ou les livres. Nous consommons ces derniers sur la recommandation des réseaux sociaux, ce qui fait qu’une opinion de masse principalement médiocre conditionne nos décisions.
Ces machines virtuelles ont pu changer les habitudes des communautés, bien jouer sur leurs modes de vie ; des milliers de personnes sont maintenant accrocs aux réseaux sociaux d’une manière exigeante. Facebook ou twitter jour et nuit, sans oublier tous les autres sites, dormir avec, se réveiller avec, manger avec, même en société. Être là sans y être vraiment... On ne sait plus comment ou quand.
Cette utilisation abusive du Net entraîne malheureusement autant de dommages physiques que psychiques, comme par exemple, pour n’en énumérer que quelques-uns : un sentiment de bien-être et d’euphorie lors de l’utilisation, l’incapacité à gérer son temps, le besoin de se connecter de plus en plus souvent, au point parfois de se lever la nuit pour surfer, l’isolement car on se coupe de la famille et des amis, des problèmes d’assiduité, des mensonges concernant son temps de connexion (comme si l’on avait quelque chose à se reprocher), un sentiment de culpabilité. On signale aussi des cas d’irritabilité quand la personne est privée de sa connexion Internet (comme la cigarette). Sans oublier les symptômes physiques qui ne sont pas moins graves : sécheresse oculaire, migraines, maux de dos, repas irréguliers, mauvaise hygiène personnelle, insomnies, décalage des cycles de sommeil, et j’en passe...
En conclusion, quels que soient les aspects positifs des réseaux sociaux, cela n’empêche de prendre conscience de leurs côtés négatifs.
De grâce, il faut surtout savoir gérer sa vie face à des monstres aussi envahissants.
Ralda KARAM


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