Les dépenses de consommation en biens, si elles ont continué de progresser en juin avec une hausse discrète de 0,1 % après avoir gagné 0,5 % en mai, n’en ont pas moins reculé de 0,2 % sur l’ensemble du trimestre, a annoncé mardi l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
L’évolution de la consommation dans son ensemble dépendra de celle qu’aura connue la consommation de services, souligne Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.
Mais quoi qu’il en soit, la situation « est bien mal engagée sur le deuxième trimestre et à la question de savoir si ça va s’améliorer, la réponse est malheureusement non », juge-t-il, expliquant sa prévision par l’évolution prévue des revenus.
« On va prendre une pilule de sept milliards d’ici à la fin de l’année en plus de ce qui était prévu et 2013 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices fiscaux », a-t-il déclaré dans une allusion à la loi des finances rectificative pour 2012 et au budget 2013 qui sera présenté en septembre.
Le Parlement français a voté définitivement hier le budget rectificatif 2012, qui prévoit 7,2 milliards d’euros de hausses d’impôts.
« Le recul de la consommation est la conséquence à la fois de l’emploi, du revenu et de l’épargne », note Jean-Paul Betbèze, économiste en chef de Crédit Agricole, « il y a moins de revenus parce que moins d’emplois et parce que les salaires n’évoluent pas en termes réels ».
« On prévoit un deuxième semestre compliqué, dit M. Betbèze pour qui la croissance économique sera de 0,3 à 0,4 % cette année », insiste-t-il, dans une allusion à l’état d’ensemble de la zone euro, avertissant que la France « est dans une situation pour le moment abritée mais pas psychologiquement ».
M. Caffet s’attend à ce que la consommation, « traditionnel sinon unique moteur de la croissance en France », ne le soit plus dans les deux à quatre ans à venir car « le partage de la valeur ajoutée se fera davantage vers les entreprises qui doivent restaurer leur profitabilité ».
« Et, comme si cela ne suffisait pas, ce qui restera de revenu sera capté par la sphère publique car il reste 100 milliards à trouver à l’horizon 2017 » pour éliminer le déficit public, ajoute-t-il.
« On ne peut croire à la consommation que s’il y a une forte réduction de l’épargne. Or, sur les 12 mois à venir, il est difficile d’imaginer une baisse des taux d’épargne avec une hausse du chômage », sachant que la principale motivation des Français pour mettre de l’argent de côté c’est « la précaution ». Il estime lui aussi à 0,3 % seulement l’expansion de l’activité économique en 2012.
La consommation de produits alimentaires a reculé de 1,3 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, après une hausse de 0,8 % au premier trimestre 2012. La consommation en énergie a augmenté de 2,7 %, en raison des fortes dépenses de chauffage en avril, après avoir déjà fait un bond de 3,5 % au premier trimestre de cette année.
Les dépenses en biens durables ont progressé de 1,1 % sur avril-juin, après une baisse de 4,1 % au premier trimestre. L’Insee note un redémarrage des ventes d’automobiles sur le deuxième trimestre avec une progression de 0,9 %, après une chute de 7,0 % sur les trois premiers mois de l’année.
La consommation de textile-cuir a chuté de 5,3 %, après une légère hausse de 0,3 % en début d’année.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine