X

Moyen Orient et Monde

À Alger, les réfugiés syriens évitent de parler politique par peur des « moukhabarate »

Reportage
OLJ
31/07/2012
« Nous avons fui la guerre, les destructions, la mort », raconte Borhane, venu de Homs, assis sur la pelouse d’une place d’Alger. Comme la plupart des réfugiés, il se garde bien de parler politique. « Cela n’a rien à voir avec la politique », s’empresse d’ajouter cet homme qui a gardé une certaine réserve, même à plus de 3 000 km de son pays où la peur des « moukhabarate » reste tenace. Selon l’avocat Nidal Debbah, dirigeant du Conseil national syrien (CNS, opposition) à Alger, les « réfugiés » sont de trois sortes : les familles, les « moukhabarate » et des membres de l’opposition. Les familles, traumatisées, « craignent l’infiltration de moukhabarate » confirme Mohammad, un ouvrier du bâtiment qui a longtemps travaillé au Liban où il a laissé sa famille. L’Algérie, alliée de Damas, a émis des réserves sur l’appel de la Ligue arabe au président Assad à renoncer au pouvoir, jugeant que cela devait être une « décision souveraine du peuple syrien frère ».
Le périple de Borhane avec son épouse et deux enfants a commencé il y a un an, quelques semaines après le début, en mars, des manifestations en Syrie. « Nous sommes d’abord partis au Liban puis revenus en Syrie où la situation ne s’améliorait pas. De là, nous avons quitté pour la Jordanie, sans pouvoir nous installer. Nous tentons notre chance ici depuis 15 jours », raconte ce commerçant en vêtements. Entre l’Algérie et la Syrie, il n’y a pas de visa de circulation pour les ressortissants des deux pays. « L’hôtel coûte 3 500 dinars/jour (35 euros environ) et j’ignore jusqu’à quand je pourrai tenir », s’inquiète cet homme de 45 ans, pessimiste sur une paix prochaine dans son pays.
Selon le ministère de l’Intérieur, 12 000 Syriens sont arrivés à Alger et dans d’autres villes depuis un mois, tandis que des milliers d’autres se sont réfugiés dans les pays limitrophes ou dans d’autres pays arabes. Walid, la trentaine, venu à Alger via Beyrouth avec sa famille en provenance d’Idleb, le 24 juillet, confirme : « Nous sommes venus ici parce qu’il ne faut pas de visa. » « Nous n’avions pas le choix, l’armée a bombardé notre maison . Nous sommes ici environ 200 familles originaires d’Idleb », raconte-t-il, et « certains sont hébergés par des Algériens ». « Mais nous dormons ici » au square Port-Saïd, surplombant le port et faisant face au Théâtre national algérien, un bâtiment au style néobaroque construit en 1850. Des dizaines de familles sont installées sur le gazon à l’ombre des palmiers. Samira, l’épouse de Walid, reste silencieuse, vaguement protégée d’un soleil de plomb sous un arbuste avec ses trois enfants.
Ces réfugiés se disent « très touchés » par la générosité de la population qui les aide par des vêtements et de l’argent. Des ONG locales recueillent des dons. L’une d’elles, le Réseau de défense de la liberté et de la dignité (RDLD), leur apporte l’iftar.
(Source : AFP)

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

GEDEON Christian

Les pôvres...ils vont comprendre la différence entre Maghreb et Machrek...

Dernières infos

Les signatures du jour

Rencontre de Scarlett HADDAD

Zasypkine : Il faut donner une chance au nouveau gouvernement

Commentaire de Anthony SAMRANI

La paix sans les Palestiniens

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants