Nous avons reçu de M. Ziad Abs le droit de réponse suivant, suite à l’article de notre collègue Ziyad Makhoul paru dans notre édition du 28 juillet :
Permettez-moi au début de remercier M. Makhoul d’avoir sorti de l’ombre un « obscur sous-lieutenant » du CPL et d’en avoir fait le principal héros de son article. Par contre, j’ignorais le fait que M. Makhoul est plus proche du CPL qu’on le croyait et connaît au moindre détail sa structure jusqu’à se permettre de distribuer les rôles à nos propres ministres, députés et cadres au point de n’épargner personne à travers un manque de respect flagrant aux personnes mentionnées. Au lecteur du seul quotidien francophone nous réitérons une nouvelle fois que le CPL se porte garant des institutions et ne voit de remède aux problèmes de notre pays que l’établissement d’une nation forte, souveraine, où seules la loi et l’équité prévaudraient entre les Libanais. À l’heure où le Liban est menacé par la tempête qui frappe la région et que certains appellent encore le printemps arabe, événements annoncés par les néoconservateurs il y a 10 ans sous le label du chaos constructif et dont nous constatons aujourd’hui le caractère fortement destructeur... À l’heure où plusieurs courants politiques s’évertuent à détruire ce qui reste de symboles de l’État libanais en commençant par l’armée, en passant par la magistrature (la commission judiciaire chargée d’autoriser les demandes de data est formée des trois plus grands juges de l’État libanais) pour finir avec l’occupation du siège d’Électricité du Liban... À l’heure où le Liban est submergé par une nouvelle vague de refugiés (trois cent mille selon certaines sources) alors qu’on se souvient du sort des réfugiés accueillis par le Liban en 48 et en 67...
À l’heure où des groupes salafistes occupent la rue au Nord comme au Sud, défient l’État et donnent corps à cette enclave hors contrôle souhaitée par les néoconservateurs...
... quelques hommes politiques et autres journalistes inconscients ou insouciants vis-à-vis de la conjoncture se laissent aller à déverser toute leur haine pour notre courant politique et pour ses chefs. C’était bien là la fonction du fou du roi de tourner en dérision toute chose et d’arroser au vitriol les uns et les autres, et les billets de M. Makhoul sont parfois bien écrits même s’ils égratignent surtout un seul camp, le nôtre. Mais lorsque la guerre frappe à la porte, le guignol doit céder la place aux résistants passés et futurs. Même le leader du PSP Walid Joumblatt, tant admiré par M. Makhoul et qui n’est pas connu pour la constance de ses positions, a fini par réaliser la gravité de l’heure et a choisi un positionnement stabilisateur et qui n’est pas sans lui coûter cher. Oui, les habitants d’Achrafieh et les militants du CPL ont voulu exprimer leur refus d’une occupation du siège d’EDL qui leur a coûté des jours et des nuits sans lumière (les équipes d’EDL étant empêchées par les journaliers de sortir effectuer les réparations) ; oui, ils ont voulu manifester, quitte à fâcher un de leurs alliés, pour la permanence des institutions de l’État sans laquelle point de salut ; oui, ils ont exprimé leur déception face au comportement de certains de leurs alliés face à l’agenda de la réforme qui faisait pourtant partie de la feuille d’entente signée entre le CPL et le Hezbollah en 2005. Le CPL ne dénigre pas cette feuille d’entente qui a eu des effets stabilisateurs et salvateurs reconnus par tous, il entend rappeler à son allié que la guerre contre la corruption et la résistance contre Israël sont les deux faces d’une même médaille et qu’il ne saurait y avoir de pérennité à la résistance sans l’édification d’un État juste en parallèle et si la société était gangrenée par la corruption. Nous rappelons que si nos prises de position ou actions étaient basées sur un intérêt purement électoral, nous n’aurions en aucun cas attaqué un de nos alliés, qui est une clé électorale dans plus d’une circonscription (Jezzine, Baabda, Jbeil...). Malgré tout, on se félicite du fait que M. Makhoul a compris, à retardement, l’importance du document d’entente avec le Hezbollah puisqu’il finit par reconnaître implicitement que remettre en cause cette entente contribuerait à raviver les « démons islamo-chrétiens ».
Ziad ABS
Membre de l’assemblée constituante du CPL
-----------------------------
Cher M. Abs,
Le guignol que je suis est ravi de vous avoir donné l’occasion de vous faire enfin plaisir avec ce roman-fleuve de résistance (passée et future !), de soutien aux institutions (vous faites bien de ne pas préciser lesquelles) et d’ode à l’équité entre Libanais (que vous n’avez cessé de défendre, bien sûr, pendant toutes ces années de fusion CPL-Hezb, notamment en mai 2008). Pour le reste, le guignol, ravi de vous voir adhérer, même tard, à beaucoup d’idées qu’il défend depuis l’an 2000, laisse aux (é)lecteurs le soin de commenter et d’apprécier votre prose. Et bienvenue dans la lumière.
Z.M.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Prière lire à la fin du deuxième commentaire de l'Avocat du Diable : byi2sof 3imri ou bifik ra2ibti... Merci.
13 h 50, le 01 août 2012