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Moyen Orient et Monde - Référendum

Les Roumains décident du sort de leur président

L’UE très attentive à un scrutin qui suscite son inquiétude.

Le président par intérim, Crin Antonescu, a exhorté les Roumains à voter massivement, seule manière « d’instaurer une démocratie solide ». Bogdan Cristel/Reuters

Les Roumains votaient hier pour un référendum crucial sur la destitution du président de centre droit Traian Basescu réclamée par la majorité de centre gauche, espérant mettre un terme à une crise politique aiguë qui a suscité l’inquiétude de l’Union européenne. Le résultat de cette consultation sera observé de près par Bruxelles qui avait fustigé mi-juillet les méthodes peu orthodoxes employées par l’Union sociale libérale (USL) du Premier ministre Victor Ponta pour faciliter la destitution du président. Le sort de M. Basescu, 60 ans, en place depuis huit ans et aujourd’hui suspendu, dépend fortement du taux de participation, le référendum n’étant validé que si plus de la moitié des 18,3 millions d’électeurs participent au scrutin.
S’il avait déjà survécu à un référendum de destitution en 2007, M. Basescu, ancien capitaine de marine, a vu sa cote de popularité s’effondrer après une cure d’austérité draconienne administrée en 2010. « J’espère de tout mon cœur qu’à l’issue de cette journée nous connaîtrons la volonté de la majorité des Roumains, pour pouvoir ensuite la mettre en œuvre », a déclaré le président par intérim Crin Antonescu, un des chefs de file de l’USL. Lors de sa dernière allocution, M. Antonescu avait exhorté les Roumains à voter massivement, seule manière « d’instaurer une démocratie solide ». Invoquant quasiment les mêmes arguments, M. Basescu a invité les électeurs à rester chez eux, alors que ses sympathisants ont appelé au boycott afin de ne pas légitimer ce qu’ils qualifient de « coup ». « Le prestige de la Roumanie est aujourd’hui entre les mains des Roumains », a lancé M. Basescu, estimant que ces derniers peuvent « rétablir la démocratie » en s’abstenant de voter.
Alors que ses adversaires lui reprochent de « s’accrocher au pouvoir » en faisant fi de la volonté d’une majorité des Roumains, M. Basescu a assuré que « si le taux de participation s’élevait à environ 48 % - 49 % et que la différence (entre le oui et le non) était très grande, je n’aurais d’autre solution que de renouveler ma proposition d’écourter mon mandat en échange d’une révision de la Constitution ». Cette révision devrait aboutir à instaurer un Parlement unicaméral et réduire d’un tiers le nombre de sièges, une proposition massivement appuyée lors d’un référendum en 2009.
Alors que l’ouverture des 18 200 bureaux de vote a été prolongée de quatre heures, jusqu’à 23h00 (20h00 GMT), de petits groupes de personnes, âgées pour la plupart, se pressaient pour accomplir leur devoir électoral tôt le matin. « Je suis venu voter pour dire : À bas Basescu. Il n’a fait que du mal à ce pays, il a réduit les salaires, augmenté les taxes sur les retraites », dit Dumitru Cristea, un retraité de 61 ans qui touche 700 RON par mois de pension (environ 160 euros). « Moi, je vais voter non à la destitution même si Basescu n’est pas parfait car je suis très inquiète de voir ce que fait la majorité de centre gauche », dit Maria, une fonctionnaire retraitée qui préfère taire son nom.
Dans une Roumanie où la polarisation a atteint son comble, nombre de journalistes ont affiché ouvertement leur option, sous des titres similaires : « Pourquoi je vais voter » ou « Pourquoi je ne vais pas voter ». « Les Roumains auront pour la première fois l’occasion de sauver le pays non pas l’arme à la main, mais la bière à la main », ironise l’éditorialiste du quotidien en ligne Gandul, Cristian Tudor Popescu. Selon lui, un sympathisant de M. Basescu, qui boira une bière au lieu d’aller voter, et un partisan de l’USL, « qui s’est fait payer la bière comme récompense pour son vote », penseront tous les deux avoir fait leur devoir envers le pays. Dans un registre sérieux, Dan Turturica estime dans Romania Libera qu’une Roumanie qui ne respecte plus les règles démocratiques risque de se retrouver dans « un no man’s land (...), marginalisée dans l’UE et évitée par les investisseurs étrangers ».
La première estimation du taux de participation était attendue tard dans la nuit et les premiers résultats officiels ne seront connus qu’aujourd’hui.
(Source : AFP)
Les Roumains votaient hier pour un référendum crucial sur la destitution du président de centre droit Traian Basescu réclamée par la majorité de centre gauche, espérant mettre un terme à une crise politique aiguë qui a suscité l’inquiétude de l’Union européenne. Le résultat de cette consultation sera observé de près par Bruxelles qui avait fustigé mi-juillet les méthodes peu orthodoxes employées par l’Union sociale libérale (USL) du Premier ministre Victor Ponta pour faciliter la destitution du président. Le sort de M. Basescu, 60 ans, en place depuis huit ans et aujourd’hui suspendu, dépend fortement du taux de participation, le référendum n’étant validé que si plus de la moitié des 18,3 millions d’électeurs participent au scrutin.S’il avait déjà survécu à un référendum de destitution en...
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