Le ministre Mansour en compagnie de Nasri Khoury. Photo Dalati et Nohra
« Mes propos ne portent pas atteinte au président Sleiman, a notamment affirmé Ali. Je respecte toutes les instances et tout le monde doit savoir que je me conforme aux normes diplomatiques. »
Commentant de son côté cette affaire, le chef de la diplomatie Adnane Mansour a indiqué que la note qu’il a transmise à l’ambassadeur syrien au sujet des violations de la souveraineté libanaise « n’est qu’une notice de quelques lignes qui évoque les incidents qui se sont produits au Liban-Nord ». Évoquant par ailleurs le débat actuel suscité par certaines parties qui mettent en doute le droit du président Sleiman de demander au ministre des Affaires étrangères de remettre une lettre de protestation à l’ambassadeur de Syrie, M. Mansour a déclaré : « Un tel débat est infondé. Nous nous conformons aux instructions du président de la République et nous agissons en conséquence. C’est ce que nous avons fait en collaboration avec le Premier ministre. »
Le ministre des AE a par ailleurs souligné que « les choses au Liban sont amplifiées de manière démesurée, alors que ce genre de problèmes (les violations syriennes de la souveraineté libanaise) doit être réglé par les voies diplomatiques ».
Après avoir rappelé que le Liban a reçu de la Syrie une note évoquant les violations de la souveraineté syrienne à partir du territoire libanais, M. Mansour a déclaré que les incidents survenus au Liban-Nord « n’affectent en rien les relations fraternelles entre le Liban et la Syrie ». « Ces liens sont solides et historiques et ne sauraient être ébranlés par un quelconque incident », a estimé le chef de la diplomatie.
La réflexion de Nasri Khoury
En conclusion, M. Mansour a déploré les appels à l’expulsion de l’ambassadeur de Syrie, affirmant que M. Ali n’a pas dépassé ses limites diplomatiques. Ce qui n’était nullement l’avis hier de plusieurs personnes, et notamment de May Chidiac, qui s’est déchaînée contre M. Ali sur le site kataeb.org. Ni celui du président du mouvement du Changement, Élie Mahfoud, qui a annoncé des manifestations sur le terrain contre le comportement « baassiste » du diplomate.
Pour sa part, le Bloc national a applaudi hier l’initiative de Michel Sleiman, estimant toutefois que cette démarche aurait dû être entreprise par le gouvernement depuis un certain temps. Il s’est également étonné des hésitations du ministre Mansour à envoyer la lettre de protestation, dénonçant au passage la réaction de l’ambassadeur de Syrie. Selon le BN, cette attitude requiert que les autorités libanaises aillent bien au-delà d’un simple courrier de protestation.
Pendant ce temps, le secrétaire général du Haut Conseil libano-syrien, Nasri Khoury, assénait dans une déclaration visiblement à l’emporte-pièce, que c’est à l’ambassade de Syrie de gérer le sort des réfugiés syriens au Liban. M. Khoury a pris contact hier à cet effet avec le chef de la diplomatie. De son côté, le responsable des relations extérieures au sein du Hezbollah, Ammar Moussawi, a tiré à boulets rouges contre les pays occidentaux qui « incitent d’une façon éhontée à la violence ».


Il se sentait comme chez lui !
10 h 32, le 28 juillet 2012