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Liban - En Toute Liberté

Grand corps malade...

Au risque de se répéter, disons et redisons que les lenteurs de la justice, les réticences à dire le droit, le carriérisme, le clientélisme politique et les ingérences dans les affaires de la magistrature contribuent beaucoup aux désordres en cours.


Certes, nous n’allons pas, et nous n’irons pas, vers la guerre civile. La société, le chef de l’État a été le premier à le dire, est encore bourrée d’anticorps qui lui assurent l’immunité nécessaire pour résister à une telle aventure. Par contre, il est certain que la conjugaison de ces deux facteurs explosifs que sont les lenteurs et les hésitations, la machine judiciaire et l’opportunisme de certains acteurs de la scène politique, nous réservent encore des mouvements et des initiatives totalement irresponsables.


Injustifiable, le blocage du système judiciaire s’explique : il y a suffisamment de vacances, au sommet de la pyramide, pour aiguiser toutes les convoitises. La présidence du Conseil supérieur de la magistrature est vacante depuis plus d’un an. Les permutations et des nominations judiciaires attendent depuis des mois. Par ailleurs, il y a suffisamment d’armes et de cas d’impunité pour intimider le plus courageux. Enfin, les ingérences directes de personnalités politiques dans certaines affaires, du trafiquant d’armes de Tripoli au pyromane de la NTV, ont achevé d’asservir l’autorité judiciaire, la fermeté a disparu de notre vocabulaire.


D’autre part, le carriérisme, le clientélisme et l’intimidation renforcent la culture de l’impunité triomphante qui, des sphères du Hezbollah, s’étend en cercles concentriques dans l’ensemble du pays. On n’ose plus arrêter un suspect, à partir du moment où il bénéficie d’une « couverture politique », et la dernière affaire en date est celle de l’attentat manqué contre Boutros Harb.


Disons aussi quelques mots sur la doctrine de la neutralité de l’armée à l’égard des conflits politiques internes, si sagement suivie par le commandement militaire du temps où le chef de l’État était encore à la tête de la Grande Muette, en 2005 et dans les années cruciales qui ont suivi l’assassinat de Rafic Hariri. Cette politique ne saurait plus être appliquée sans discernement dans des conflits qui ont cessé d’être politiques. Dans certains cas, elle est devenue contre-productive. Ces actions directes mettent désormais en danger la sécurité nationale, qui comprend notamment la sécurité énergétique, l’approvisionnement du pays en courant, la sécurité financière, la sécurité des déplacements et celle de la santé économique du pays.


La troupe ne peut plus continuer d’assister sans réagir au démantèlement de la solidarité nationale, pas plus qu’à l’appauvrissement du pays et à sa prise en otage par des activistes se croyant investis d’une mission. Il ne s’agit plus aujourd’hui de l’identité profonde du Liban. C’est désormais clairement du banditisme politique, le détournement par des groupes, à leur profit, d’une cause qui n’est pas la leur, mais qui est celle de cet État fort naissant dont nous rêvons tous, dont rêve jour et nuit une majorité silencieuse qui, elle aussi, est sur le point d’exploser.

Au risque de se répéter, disons et redisons que les lenteurs de la justice, les réticences à dire le droit, le carriérisme, le clientélisme politique et les ingérences dans les affaires de la magistrature contribuent beaucoup aux désordres en cours.
Certes, nous n’allons pas, et nous n’irons pas, vers la guerre civile. La société, le chef de l’État a été le premier à le dire, est encore bourrée d’anticorps qui lui assurent l’immunité nécessaire pour résister à une telle aventure. Par contre, il est certain que la conjugaison de ces deux facteurs explosifs que sont les lenteurs et les hésitations, la machine judiciaire et l’opportunisme de certains acteurs de la scène politique, nous réservent encore des mouvements et des initiatives totalement irresponsables.
Injustifiable, le blocage du système...
commentaires (2)

La majorite silencieuse devrait s'evertuer a "s'informer" avant d'etre en mesure de sortir de son mutisme. Le jour ou les gens sauront exactement comment on "les mene en bateau" et comment ce pays "devrait etre gere", ce jour la ils pourront se lever pour mettre cette bande d'incapables qui pretend nous diriger a la porte et les remplacer par des gens sinceres et efficients comme ce directeur des cooperatives de fonctionnaires dont l'OLJ a parle hier. Et vivement le printemps Libanais.

George Sabat

14 h 34, le 24 juillet 2012

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Commentaires (2)

  • La majorite silencieuse devrait s'evertuer a "s'informer" avant d'etre en mesure de sortir de son mutisme. Le jour ou les gens sauront exactement comment on "les mene en bateau" et comment ce pays "devrait etre gere", ce jour la ils pourront se lever pour mettre cette bande d'incapables qui pretend nous diriger a la porte et les remplacer par des gens sinceres et efficients comme ce directeur des cooperatives de fonctionnaires dont l'OLJ a parle hier. Et vivement le printemps Libanais.

    George Sabat

    14 h 34, le 24 juillet 2012

  • Malheureusement "IZA MA KEBRET MA BTEZGHAR"! Que Dieu nous protege!

    Pierre Hadjigeorgiou

    03 h 14, le 24 juillet 2012

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