Une image prise de la télévision syrienne montre les combats de rue à Damas. Photo AFP
Les soldats syriens, appuyés par des chars et des hélicoptères, livraient bataille hier aux rebelles pour reprendre des quartiers de Damas et d’Alep. Au moins 24 personnes ont été tuées dans les violences hier, dont 9 à Damas, selon un bilan de l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH). Samedi, 164 personnes avaient été tuées, en majorité des civils.
Dans la capitale syrienne, où le régime a jeté ses unités d’élite dans la bataille selon des militants, l’armée a lancé une offensive contre les quartiers de Barzé, Roukneddine et Mazzé. Selon l’OSDH, des centaines de soldats sont déployés dans le quartier de Mazzé et ont lancé des perquisitions au milieu de tirs nourris. Les forces régulières, appuyées par des chars et des hélicoptères, ont également pris pied dans Barzé, selon l’OSDH, qui a fait état du retrait des combattants rebelles et d’un exode massif des habitants. Selon un militant s’identifiant par le nom d’Abou Omar, joint via Skype, l’armée se bat également dans le quartier de Roukneddine, à forte composante kurde, et les autorités ont lancé des tracts appelant les habitants à l’évacuer. La télévision publique a démenti que des quartiers de Damas soient pilonnés par les hélicoptères. Dans le centre de la capitale, des agents de sécurité ont intensifié leur présence, inspectant des voitures et contrôlant les identités, selon des habitants. Les autorités ont en outre annoncé que l’armée avait « nettoyé » le quartier de Qaboune et qu’un grand nombre de « terroristes » y avaient été tués. Les rebelles se battent depuis près d’une semaine pour la « libération » de Damas, mais l’armée a répliqué vendredi par une contre-offensive qui lui a permis notamment de reconquérir le quartier de Midane.
Parallèlement, l’ASL a appelé hier à la « libération » d’Alep et s’est engagée à y protéger les minorités, notamment chrétienne et alaouite. Dans une vidéo postée sur YouTube, le colonel Abdel Jabbar al-Okaidi, commandant du conseil militaire de l’ASL pour la province d’Alep, a affirmé avoir « ordonné à tous les éléments de l’ASL de marcher sur Alep depuis toutes les directions pour la libérer ». L’officier a affirmé que l’ASL avait jusqu’à présent « réussi à libérer la plupart des positions aux alentours d’Alep ». Un nouveau front s’était ouvert vendredi dans cette ville, capitale économique de la Syrie, et des combats y opposent depuis plusieurs jours l’armée régulière à l’ASL, qui a notamment pris le contrôle du quartier de Salaheddine. Selon un militant, l’ASL tient en outre partiellement les quartiers de Sakhour, Hanano et Seif al-Dawla. L’agence SANA a pour sa part affirmé que les forces armées « pourchassent depuis dimanche matin les terroristes à Alep », ajoutant qu’un « grand nombre d’entre eux ont été tués ».
Des combats ont été également signalés dans l’est du pays, à Deir ez-Zor et dans la localité de Boukamal, proche de la frontière avec l’Irak, ainsi qu’à Homs, dans le centre du pays. En outre, la situation aux frontières de la Syrie, dont les points d’entrée sont disputés entre l’armée syrienne et les groupes rebelles, suscite l’inquiétude dans les pays voisins, à l’instar de la Jordanie qui veut empêcher « toute sorte d’infiltrations » sur son territoire. La Turquie a renforcé son dispositif le long de la frontière en déployant des batteries de missiles sol-air à Mardin. À l’heure actuelle, les rebelles contrôlent un poste-frontière vital avec l’Irak, et trois avec la Turquie dont un conquis hier.
Sur un autre plan, dans une tentative de montrer la stabilité du pouvoir, le Premier ministre Riad Hijab a affirmé devant le Parlement que la « priorité » de son gouvernement – formé le 23 juin – était la préservation de la sécurité. Et quatre jours après l’attentat qui a tué quatre des principaux responsables de l’appareil de répression, le président Assad a reçu le général Ali Ayoub, nouveau chef d’état-major de l’armée. Ce dernier remplace Fahd al-Freij, nommé ministre de la Défense après la mort dans l’attentat du général Daoud Rajha. Les autorités syriennes ont également accusé des services de renseignements occidentaux de chercher, avec l’aide de « parties arabes », à pirater leurs chaînes de télévision pour diffuser de fausses nouvelles comme un coup d’État ou la chute du régime.
Par ailleurs, un groupe d’insurgés a revendiqué hier l’attentat de Damas, dans une vidéo qui montre le bâtiment visé, quelques minutes après l’explosion. Dans la vidéo, diffusée par le « Commandement militaire de Damas et sa province », pour le compte du « Bataillon des faucons pour les opérations spéciales », on peut voir de la fumée sortir des locaux de la Sécurité nationale, bien qu’aucun dommage ne soit apparent, et entendre des messages radios affolés lancés par les forces de sécurité. L’attentat a déjà été revendiqué par des rebelles, sous d’autres noms, mais c’est la première fois que des images montrent – apparemment – les conséquences de l’explosion. Enfin, un 25e général syrien a déserté et traversé la frontière pour se réfugier en Turquie.
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