Du nord au sud, d’est en ouest, la dynamique ne s’arrête pas et les courtiers, autrement désœuvrés, saisissent systématiquement toute occasion de se rendre utiles et efficaces en alléchant tout vendeur à peine encore tenté sans être décidé et en appâtant tout acheteur aux aguets, catalysant les transactions les plus difficiles dans la discrétion la plus vertueuse, ravageant par dizaines d’hectares des contrées paradisiaques qui font la splendeur du Liban et entretenant par là même sans scrupules ni remords un processus de dépossession qui avait commencé il y a déjà quelques années et qui rend aujourd’hui un tant soit peu de surface de jardin inaccessible aux gens du cru, les poussant aussi lentement que sûrement à l’exode.
Ce processus devient aujourd’hui menaçant, tout simplement parce que le lien entre l’identité nationale et la propriété est indéniable. Cette condition, si réelle soit-elle, comporte en elle-même le seuil de nécessité mais n’est fort heureusement pas suffisante pour faire valoir le droit à l’identité. Ô combien aurait-elle bouleversé la donne si elle était suffisante ! Car à ce moment-là, il y aurait eu risque à terme de devoir emprunter à Jean de la Fontaine son célèbre « adieu veau, vache, cochon, couvée » et y ajouter « terre et pays ». Il y a bien d’ailleurs quelques-uns de nos ancêtres qui se retourneraient dans leurs tombes en nous regardant dilapider, pour un misérable plat de lentilles, l’inestimable patrimoine qu’ils se sont efforcés de préserver et d’épargner à coups de privations pour pouvoir nous le transmettre, nous donnant de ce fait un exemple dont nous nous montrons aujourd’hui tristement indignes.
C’est aussi un processus de dépossession, car il concerne indirectement toute la communauté et non seulement le « Judas » vendeur qui ne pense qu’à ses trente deniers. Parce qu’en fait l’expérience vécue çà et là a montré que la progression du phénomène touche petit à petit le voisinage, s’étendant de manière à vider des régions tout entières de leurs populations. Il est vrai que, sur papier, « l’Iscariote » du coin a certainement le droit – pour autant qu’il observe un respect pharisien de la réglementation en vigueur – de disposer de son bien comme bon lui semble. Mais dans la mesure où de tels actes contribuent à faire « grignoter » les environs et leurs banlieues, comme nous l’avons déjà constaté à divers endroits, n’est-il pas temps de réfléchir sur les limites morales de ce que l’on peut faire de son propre bien ? N’a-t-on pas quelque obligation de solidarité envers la communauté ?
Alors, que faire pour arrêter la saignée ?
La réponse à cette question est dans le principe même qui appelle l’action. S’agissant de protection de patrimoine, de risque de dépossession et d’exode menaçant l’équilibre intercommunautaire qui fait la richesse du Liban, comment ne pas prêter l’oreille à l’Église ; cette autorité morale qui ne cesse de réclamer que quelque chose soit fait pour remédier à cette situation exceptionnelle à laquelle est confronté aujourd’hui le pays ? Le score alarmant de 26 millions de mètres carrés perdus tout dernièrement (chiffre avancé par la Ligue maronite : voir L’OLJ du 09/06/12, p.3) montre à quel point le spectre d’érosion de la propriété devient de plus en plus menaçant. Et quel meilleur moyen y a-t-il alors pour répondre à l’urgence si ce n’est d’associer les instances religieuses non seulement à l’adoption d’un nouveau mécanisme décisionnel mais aussi à son exécution.
L’intérêt d’une telle mesure serait alors de mettre un frein immédiat à l’hémorragie et de réduire toute tentative ultérieure de contournement des causes déterminantes qui sont à l’origine de la loi ; cette même loi qui, selon toute vraisemblance, comporterait bien dans sa forme actuelle quelques lacunes vis-à-vis de son objectif et ce, précisément aujourd’hui, au vu de l’état des lieux et à entendre les vives protestations qui en résultent.


Judas Iscariote, vendeurs du temple ou Libanais de la combine, TOUS aiment très particulièrement les régions chrétiennes. La question se pose ! Est-ce parceque les chrétiens émigrent uniquement et veulent vivre sous des cieux plus cléments avec leurs familles ? Qui sont ceux achètent ? Des particuliers simplement qui ont le droit d'acheter partout dans leur pays ? Ou des particuliers de façade derrière qui se cachent des intérêts régionaux avec des projets politiques bien définis ? Est-ce une MAINMISE ? Il paraît que c'est le CAS ! Cantonnez ! Cantonnez !...
12 h 59, le 20 juillet 2012