"Il a nié être coupable des crimes qu'on lui reproche. L'un de ses arguments de défense est qu'il a obéi aux ordres", a indiqué le Procureur de Budapest, Tibor Ibolya.
"Arrêté" à l'aube par la police, Laszlo Csatary est interrogé par un magistrat sur la base d'un éventuel chef d'accusation de "crimes de guerre" qui pourrait lui être signifié à l'issue de ses auditions, a précisé le Procureur au cours d'une conférence de presse.
"Compte tenu de la gravité des faits, mais aussi de la nécessité de respecter la présomption d'innocence et, en raison de son âge, de veiller à sa santé, ce magistrat pourrait, dans un premier temps, l'assigner à résidence". "Dans ce cas, la police lui retirera son passeport", a-t-il ajouté.
"Le suspect est en bonne santé physique et mentale. Il est coopératif. Il était surpris mais il s'attendait à être interrogé", a encore indiqué le Procureur.
Laszlo Csatary était le chef de la police du ghetto juif de la ville aujourd'hui slovaque de Kosice (Kassa en hongrois, Kaschau en allemand), où 15.700 juifs avaient été pour certains assassinés et pour l'immense majorité déportés vers le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, en Pologne, pendant l'occupation par l'Allemagne nazie et son allié hongrois de ce qui était alors la Tchécoslovaquie.
Le suspect coulait des jours tranquilles à Budapest depuis 17 ans sous sa véritable identité, et cela en dépit des informations sur son passé transmises à la justice hongroise depuis plus de dix mois par le Centre Simon-Wiesenthal, basé à Jérusalem.
En avril, le Centre Simon-Wiesenthal, du nom du célèbre chasseur de nazis, juif autrichien décédé en 2005, et dont les enquêtes dans le monde entier ont permis de retrouver des dizaines de criminels nazis, avait placé Laszlo Csatary en tête de sa liste des criminels de guerre nazis les plus recherchés au monde.
Alimentés en informations par le Centre Simon-Wiesenthal, des reporters du quotidien britannique The Sun avaient retrouvé la trace de l'ancien chef de police et avaient réussi à le rencontrer. Selon l'article publié le 15 juillet sur le site en ligne du Sun, le présumé criminel de guerre nazi avait déclaré aux reporters: "Je n'ai rien fait, partez d'ici", avant de leur claquer la porte au nez.


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