Ri Yong-ho, 69 ans, était membre du présidium du bureau politique, l’instance la plus puissante du pays où ne siègent qu’une poignée d’individus, et vice-président de la commission militaire centrale. Ri est également considéré comme l’un des personnages-clés ayant soutenu le jeune leader Kim Jong-un lors de la période de transition du pouvoir qui a suivi la mort de son père, Kim Jong-il, en décembre dernier. Le chef d’état-major, apprécié de Kim Jong-il, avait été nommé en 2009 à la tête de l’armée, forte de 1,2 million de soldats (pour une population de 24 millions), la quatrième au monde en termes d’effectifs. Il avait été vu à plusieurs reprises ces derniers mois accompagnant le nouveau dirigeant lors de tournées dans des bases militaires. Il était aussi présent lors de l’hommage rendu par Kim Jong-un à son grand-père Kim Il-sung à l’occasion de l’anniversaire de sa mort, début juillet.
Le ministère sud-coréen de l’Unification, chargé des relations entre les deux pays, a relevé le côté « inhabituel » de l’annonce de KCNA. « Que cela ait été annoncé aussi rapidement est très inhabituel. Nous étudions la situation avec intérêt », a déclaré à la presse un porte-parole du ministère. De son côté, Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes à Séoul, met en doute la raison officielle du départ du chef de l’état-major, rappelant que Pyongyang congédie rarement pour des raisons de santé les hauts dignitaires du régime, dont beaucoup sont très âgés. « Il est peut-être tombé en disgrâce auprès de Kim Jong-un ou a perdu une lutte de pouvoir avec d’autres dirigeants militaires », avance l’expert. Pour Paik Hak-soon, de l’Institut Sejong, le jeune dirigeant cherche à renforcer le contrôle du Parti communiste sur l’armée, devenue trop puissante à ses yeux sous la politique du Songun ( « l’armée d’abord » ) poursuivie par son père jusqu’en 2010. « Jong-un va s’assurer que désormais, le parti garde sous contrôle une armée qui a trop grossi, un effort que son père avait commencé à entreprendre fin 2010 », un an avant sa mort, déclare l’analyste. « Ri est une figure appartenant à la génération de son père. Jong-un va sans doute le remplacer avec quelqu’un de plus jeune et de plus proche du parti, quelqu’un qu’il puisse contrôler plus aisément », a-t-il ajouté.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, les experts et analystes qui étudient ce pays, l’un des plus secrets et isolés de la planète, tentent de décrypter les intentions du jeune homme : veut-il continuer dans la lignée de son grand-père et de son père, ou souhaite-t-il aller vers l’ouverture? La question est d’importance pour Séoul, Washington, Pékin et la région en général, car la Corée du Nord est dotée d’armes nucléaires, chimiques, de milliers de missiles et d’une vaste armée.
Jusqu’à présent, les signaux sont contradictoires. Pyongyang emploie par exemple depuis janvier un ton de plus en plus virulent à l’égard de Séoul, qu’il menace régulièrement d’une « guerre sacrée ». Après la conclusion d’un accord avec les États-Unis sur une aide alimentaire, Pyongyang a semé la consternation en lançant une fusée – un essai déguisé de missile selon la communauté internationale. Mais Pyongyang a reconnu immédiatement l’échec de ce lancement – une première – et n’a toujours pas procédé à un troisième essai nucléaire, attendu pourtant par la plupart des experts occidentaux.
(Source : AFP)


Voilà un autre Généralissime à la poubelle !
11 h 20, le 17 juillet 2012