Le Français qui devrait fort probablement abandonner le 100 m à Londres a signé ce week-end la troisième meilleure performance mondiale de l’année sur 200 m. Ben Stensal/AFP
À quoi bon dès lors entamer son patrimoine physique pour une très hypothétique médaille dans la discipline reine ?
À l’heure actuelle sur 100 m, Lemaitre apparaît dominé par « le club des cinq » : les trois Jamaïcains Yohan Blake, Usain Bolt et Asafa Powell, et les deux Américains Tyson Gay et Justin Gatlin.
Sur 200 m, par contre, Lemaitre semble disposer de plus d’atouts dans sa manche pour briller de l’autre côté du “Channel”.
« Bolt et Blake vont se battre pour l’or, entre eux, le bronze va se jouer entre nous quatre », reconnaissait ainsi Lemaitre, après avoir réussi la 3e meilleure performance mondiale de la saison (19’’91) à Crystal Palace samedi.
Nous quatre, ce sera – en plus de Lemaitre – le troisième Jamaïcain Warren Weir, l’Américain Wallace Spearmon et le Néerlandais Churandy Martina, qui a poussé le Français dans ces derniers retranchements samedi (19’’95).
De quoi rendre moins amer le fait de faire l’impasse sur le 100 m, la discipline reine qui l’attire tellement.
Avantage
« Forcément je vais faire le 200 m, oui. Normalement, je fais l’impasse sur le 100 m. À moins d’un changement, ou que Pierrot (Carraz son entraîneur) ait envie de me mettre dessus. Peut-être aux jeux prochains (de Rio 2016) si j’y suis », a reconnu Lemaitre.
Pour l’instant, l’évidence fait choix. Mais rien ne dit cependant que ce sera effectivement celui du sprinteur et de son entraîneur le jour J. Beaucoup de choses peuvent se passer jusqu’au 1er août, date limite des inscriptions sur la distance reine.
Powell souffre déjà physiquement, Bolt a renoncé à s’aligner sur le 200 m de Monaco, et l’an dernier, certains sprinteurs étaient tombés pour dopage dans la dernière ligne droite des Mondiaux de Daegu (le Jamaïcain Steve Mullings).
Le temps, sous cet angle, peut aussi être un atout pour Lemaitre dans sa quête de médaille.
Le temps – la météo, déplorable sur Londres ce week-end – lui fournit aussi de belles espérances.
« J’ai l’habitude de m’entraîner dans des conditions comme ça (à Aix-les-Bains, chez lui en Savoie). Depuis l’hiver, depuis le printemps, depuis un bon moment
quoi ! Ça peut être un avantage parce qu’on a vu que chez eux, ils (les Américains et les Jamaïcains) courent vite mais quand ils arrivent en Europe, ils ne vont pas aussi vite », estime-t-il.
De fait, à Paris la semaine passée, Lemaitre a certes été devancé par Tyson Gay et Justin Gatlin sur 100 m, mais la différence ne se mesurait plus qu’en un seul dixième, au lieu de deux au vu des bilans...
Dans les deux semaines qui viennent, Lemaitre va donc « peaufiner » son 200 m. « Ça se voit qu’il y a beaucoup de choses à travailler : la sortie de virage, tenir un 200 m dans les derniers mètres : ces deux semaines vont être importantes pour ça. Il y a de la marge. »
Au point d’envisager malgré tout de doubler ?
(Source : agences)

