Comble de l’aberration, une fois terminés, ces chantiers n’auront absolument rien résolu, surtout pas le problème des embouteillages. Les secteurs de Bourj Hammoud, de l’Hôtel-Dieu, de Nahr et du Musée en sont la preuve criante. Assourdissante, même cette preuve, tellement est palpable l’énervement des automobilistes bloqués dans le trafic, klaxons à l’appui. Tellement est désolante la vue plongeante qu’ont les habitants... sur des ponts ou même des murs.
C’est au tour du secteur Hazmieh-Baabda-Jamhour-Mar Takla d’être la proie des bulldozers. Le chantier n’en finit pas. Il dure depuis des années. La poussière est suffocante. Le bruit insupportable. Les embouteillages monstrueux. Les automobilistes excédés. Les habitants fatigués, surtout ceux qui ne peuvent rentrer chez eux qu’à pied, contraints d’enjamber gravats et monticules de sable, au risque de se briser les os. Sans parler des commerçants, dont le chiffre d’affaires dégringole, chaque jour un peu plus.
Pas une journée ne se déroule sans accident ici ou là, sans panne de voiture en surchauffe, sans que des dizaines, voire des centaines d’automobilistes perdent leurs nerfs dans les dédales des routes intérieures. Pas un jour ne passe sans qu’un piéton perde l’équilibre sur ces routes impraticables, parsemées de trous.
Le citoyen aurait pris son mal en patience, si les choses avançaient dans les normes. Mais non, comme il se doit au pays du Cèdre, une fois une artère asphaltée, les entrepreneurs se ruent de nouveau sur l’asphalte encore fraîche, ou jettent leur dévolu sur un autre tronçon.
Pour recasser, recreuser, recouper les routes, et dévier la circulation, une fois de plus, une fois de trop. Au grand dam des citoyens qui avaient retrouvé le sourire, l’espace d’une ou deux journées.


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Personnellement, soit dit en passant, je serais bien heureux de posséder une voiture de moins de 10 ans, comme je serais heureux d'avoir une connexion internet à haut débit et un peu plus de 4h d'électricité sur 24! Ceci dit, j'avoue ne pas comprendre pourquoi, sur la route Beyrouth-Bekaa, on trouve une dizaine de chantiers ouverts et seulement un ou deux en activité. Pourquoi ne pas attendre d'avoir terminé un chantier avant d'en ouvrir un autre? Pourquoi aussi ne pas asphalter les déviations provisoires au lieu d'obliger les véhicules à rouler en terrain de labour? Les amis libanais auxquels je fais ces remarques me répondent invariablement: "Tu es au Liban!" C'est donc cette image que l'on veut donner de ce pays?
11 h 28, le 14 juillet 2012